Eternal Sunshine of the Spotless Mind (2004) : le test complet du Blu-ray

Réalisé par Michel Gondry
Avec Jim Carrey, Kate Winslet et Gerry Robert Byrne

Édité par Universal Pictures France

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Le 11/02/2013
Critique

Joel Barish, ayant retrouvé Clementine Kruczynski, la femme avec laquelle il vivait depuis des années, est surpris qu’elle ne le reconnaisse pas. La découverte d’une lettre dissipe le mystère : Clem, lassée de la vie commune, s’est adressée à la société Lacuna Inc. qui a effacé de sa mémoire tout souvenir de lui. Déchiré par la séparation, pour mettre fin à sa douleur, Joel prend, lui aussi, rendez-vous avec Lacuna…

Eternal Sunshine of the Spotless Mind (un beau titre reprenant un vers du poème Eloisa to Abelard écrit par Alexander Pope en 1717, qui montre qu’il n’est pas nécessaire de traduire les titres de films, avec plus ou moins de bonheur) échappe à toute classification en exploitant plusieurs thèmes : l’amour romantique, la science-fiction, l’amnésie…

Il faut attendre un peu pour trouver le fil rouge qui vous guidera dans le labyrinthe du récit. Ce fil rouge, c’est l’effacement de la mémoire. La rationalité, toute relative, du récit apparaît quand on réalise que les regrets de perdre Clem à tout jamais font dérailler la procédure déclenchée par l’intervention sur le cerveau de Joel et le poussent à tenter de sauver quelques bribes qui lui permettraient de reconstituer son passé. Le scénario, fracturé, a été élaboré, à partir d’une histoire écrite par Pierre Bismuth, par Charlie Kaufman, scénariste d’un autre film étrange, Dans la peau de John Malkovich et du conte philosophique Human Nature, le premier long métrage de Michel Gondry, critiqué par Stéphane Leblanc à la sortie du DVD en 2002.

Avec Eternal Sunshine of the Spotless Mind Michel Gondry a dévoilé toute l’étendue de ses talents de magicien de l’image et du son. Refusant tout recours aux écrans bleus ou verts qui auraient facilité leur exécution, il crée des effets spéciaux avec des recettes qu’il invente, un peu comme Georges Méliès. Il fait apparaître, puis disparaître, objets et personnages (dont le visage a parfois été totalement effacé), réduit, dans un seul plan-séquence, la taille de Joel et Clementine à celle de jeunes enfants, bouleverse l’espace et le temps, par l’image et par le son, dans un grisant vertige.

Si vous aimez les films pas comme les autres tels que Brazil ou, sortis plus récemment, L’Agence ou encore Time Out, vous adorerez Eternal Sunshine of the Spotless Mind.

Jim Carrey, qui a heureusement oublié au vestiaire son masque de caoutchouc, tient ici un de ses meilleurs emplois, face à une Kate Winslet lumineuse. À leurs côtés Kirsten Dunst et Elijah Wood. Un casting solide au service d’un superbe scénario exploité avec un style plein de panache !

Généralités - 3,5 / 5

Test effectué avec un check disc. Dans un boîtier bleu classique, la jaquette reprend le visuel du DVD sorti en 2005. Accès très rapide au menu principal, 20 chapitres, beau menu animé inédit. Sous-titres français optionnels disponibles pour tous les bonus, y compris le commentaire audio du film (les sous-titres anglais disponibles sur le DVD ont disparu).

Bonus - 5,0 / 5

L’édition Blu-ray reprend tous les suppléments du DVD de 2005 (resservis au format 4/3 et en SD, sans upscaling) :

Commentaire du film par Michel Gondry et Charlie Kaufman, intéressant de bout en bout pour découvrir des aspects cachés du film et prendre conscience de l’inventivité et de la somme du travail des créateurs ; Charlie Kaufman dit avoir commencé à s’investir sur le projet en 1998.

Au coeur de Eternal Sunshine of the Spotless Mind (11’32”) est une sorte de teaser qui permet de découvrir quelques-unes des astuces visuelles de Michel Gondry.

Conversation entre Jim Carrey et Michel Gondry (15’36”) livre des anecdotes de tournage et commente l’étonnante scène dans une cuisine où Joel et Clem passent de la taille d’adultes à celle d’enfants.

Dans la tête de Gondry (19’46”) donne surtout la parole au réalisateur, qu’un producteur compare à Terry Gilliam. Michel Gondry parle avec passion du tournage du film et de sa conception du cinéma, notamment des trucages visuels.

Conversation entre Kate Winslet et Michel Gondry (14’24”) est un entretien très amusant où l’on apprend, notamment, que le réalisateur n’impose pas aux acteurs une position sur le plateau, préférant que les caméras les suivent. Dommage que les sous-titres aient totalement saboté une amusante anecdote, racontée par Kate Winslet qui se moque gentiment de l’accent français de Michel Gondry. Alors qu’à la fin d’un repas il répétait avec insistance : « I want to speak, I want to speak », quelqu’un finit par lui dire : « vas-y, fais-le ton speech ! ». Mais ce n’était pas du tout ça qu’il voulait dire, mais tout autre chose : « I want a tooth pick » (je veux un cure-dents), ce que le sous-titrage traduit, on se demande bien pourquoi, par… « je veux du lait » ! Le documentaire donne aussi une place méritée à Jon Brion, compositeur d’une musique originale… très originale qui tranche avec le méli-mélo de l’illustration musicale.

Anatomie d’une scène sur Saratoga Avenue (17’18”) dans laquelle les voitures tombent du ciel, Kate Winslet a perdu la jambe gauche et l’espace s’inverse à 180°, donne un bon aperçu sur l’imagination du réalisateur, sur son équipe et sur les ficelles utilisées.

Dans Les scènes coupées (19’16”) est restituée une longue et intéressante confrontation entre les deux personnages principaux dans l’appartement de Clem qui donne un éclairage complémentaire à sa relation avec Joel.

Pour finir, une Publicité Lacuna (36”) et un clip musical (3’03”) avec la bouche des chanteurs du groupe Polyphonic Spree collée sur celles de Jim Carrey et Kate Winslet (amusant, peut-être, mais laid… à coup sûr!)

Image - 4,5 / 5

Le transfert en HD de l’image, déjà d’excellente qualité sur le DVD, donne un petit plus en définition, en contraste et dans la palette très étendue des couleurs. Un léger reproche pour les noirs parfois un peu bouchés.

Son - 3,5 / 5

Le format DTS-HD 5.1 assure une bonne restitution de la piste sonore d’une importance considérable pour ce film, avec des effets multicanaux surréalistes qui renforcent l’ambiance cauchemardesque de certaines scènes. Elle donne également l’ampleur requise par l’intéressante musique originale.

Mais, malheureusement, les choses se gâtent avec les dialogues de la version originale, trop souvent étouffés, au point d’être parfois difficiles à saisir ; à titre d’exemple dans la scène où Clem aborde Joel dans le train, au début du film. Ce défaut est d’autant plus surprenant qu’il était absent du DVD. D’où la sévérité de la note. Il n’affecte pas le doublage français.

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

Moyenne

4,4
5
3
4
1
3
1
2
0
1
0

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Philippe Gautreau
Le 12 février 2013
Pas de commentaire.
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Pascal
Le 11 juin 2005
Pas de commentaire.
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Emmanuel
Le 21 mai 2005
Pas de commentaire.

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