Dans la maison : le test complet du Blu-ray

2012. Réalisé par François Ozon
Avec Fabrice Luchini, Ernst Umhauer et Kristin Scott Thomas

Édité par France Télévisions Distribution

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Le 22/02/2013
Critique

Un garçon de 16 ans s’immisce dans la maison d’un élève de sa classe, et en fait le récit dans ses rédactions à son professeur de français. Ce dernier, face à cet élève doué et différent, reprend goût à l’enseignement, mais cette intrusion va déclencher une série d’événements incontrôlables.

L’éclectique, prolifique et inclassable François Ozon est de retour avec Dans la maison, librement adapté de la pièce de théâtre Le Garçon du dernier rang, écrite par l’espagnol Juan Mayorga. Oeuvre dense, drôle, ambiguë, complexe, provocante et déstabilisante, ce treizième film (en 14 ans) permet à François Ozon d’aborder les thèmes du processus créatif, de l’inspiration, du rapport de l’artiste aux spectateurs, tout en titillant constamment l’intellect de son audience. En inscrivant son récit sur la frontière fragile entre la réalité et la fiction qui stimule les sens, le cinéaste en profite pour décrire le monde de l’éducation - qu’il connait bien car étant fils d’enseignants - avec lequel il n’est d’ailleurs pas tendre en montrant des élèves devenus comme des bêtes d’élevage.

Outre la magnifique partition de Philippe Rombi, la photo glacée de Jérôme Alméras et le jeu impeccable des comédiens (avec un Fabrice Luchini au sommet), les dialogues priment dans Dans la maison avec notamment un usage chronique mais jamais pesant de la voix-off cynique, clinique et monocorde du jeune Ernst Umhauer, véritable révélation du film, dont le jeu et le physique ange et démon n’est pas sans rappeler le visiteur incarné par Terence Stamp dans Théorème de Pier Paolo Pasolini. Entre quelques séquences manipulatrices, venimeuses et même - osons le mot - perverses, François Ozon laisse quelques soupapes d’humour pour pouvoir respirer, un peu à la manière d’Alfred Hitchcock, flagrante référence du cinéaste, qui clôt d’ailleurs son film par un fabuleux hommage à Fenêtre sur cour, séquence où le spectateur a le choix de porter son regard sur une action parmi une douzaine proposées. Vertigineux, élégant et virtuose.

Généralités - 4,0 / 5

France Télévisions Distribution reprend l’interface commune pour l’ensemble de ses éditions. Le menu principal est animé et musical. La jaquette reprend quant à elle le visuel de l’affiche du film.

Bonus - 4,0 / 5

On commence par un excellent making of de 51 minutes, constitué d’images issues des répétitions avant le tournage, d’images des prises de vue et de la préparation de quelques scènes clé. Comme d’habitude, on y voit le réalisateur à fleur de peau, irritant et irritable, mais toujours perfectionniste, réalisant le cadre lui-même et dirigeant ses comédiens d’une main de maître. Fabrice Luchini est toujours aussi allumé entre les prises, essaye de freiner le réalisateur quand il veut multiplier les prises et se révèle être un piètre cascadeur quand il doit mimer une chute d’un lit. C’est aussi l’occasion de voir le travail des figurants, trop souvent oublié dans les documentaires de ce genre.

L’éditeur joint ensuite un lot de très bonnes scènes coupées (13’), introduites par un carton de François Ozon indiquant que beaucoup de ces séquences lui plaisaient et ont été écartées du montage à regret, pour des questions de redondance ou de rythme. Le cinéaste a préféré miser sur l’imaginaire du spectateur, surtout en ce qui concerne la confusion entre le réel et la fiction.

Dans la maison a été présenté en avant-première au Grand Rex à Paris devant 2500 professeurs. Un segment de 6 minutes nous montre la venue de l’équipe sur scène, occasion rêvée pour Fabrice Luchini de faire un show devant un public déjà conquis. Ce module se termine sur l’avis des spectateurs (évidemment positif) après la projection.

L’interactivité se clôt sur un bêtisier (11’) rigolo constitué de scènes ratées, une vidéo dévoilant les essais costumes (3’), un montage compilant les horribles projets d’affiches (2’) et la bande-annonce du film.

Image - 4,5 / 5

Quelques petites pertes de la définition et un piqué manquant parfois de mordant nous empêchent d’attribuer la note maximale à cette édition HD. Néanmoins, ce master demeure fort plaisant et n’a de cesse de flatter les yeux avec une superbe restitution de la colorimétrie froide (le bleu est très présent) et des aplats, devant lesquels ressortent sans mal les comédiens, à l’instar de toutes les scènes dans la salle de classe. Les contrastes sont denses, la gestion solide, et les partis-pris esthétiques raffinés du chef opérateur Jérôme Alméras (Il y a longtemps que je t’aime, Contre enquête) trouvent en Blu-ray un magnifique écrin.

Son - 4,5 / 5

Un des éléments que l’on retient de Dans la maison après la projection, c’est la superbe musique de Philippe Rombi, fidèle collaborateur de François Ozon, qui signe ici sa plus belle partition. Autant dire que nous ne sommes pas déçus par le mixage DTS-HD Master Audio 5.1 qui créé une remarquable spatialisation, d’autant plus que la musique est quasiment omniprésente et arrache de nombreux frissons. Les dialogues ne sont jamais noyés par les ambiances et les effets annexes, la voix-off est délivrée avec ardeur, la balance frontale est riche et les latérales ne sont pas en reste. L’éditeur joint également une piste en Audiodescription ainsi que des sous-titres français destinés au public sourd et malentendant.

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm

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