Laura (1944) : le test complet du Blu-ray

Édition Digibook Collector + Livret

Réalisé par Otto Preminger
Avec Gene Tierney, Dana Andrews et Clifton Webb

Édité par 20th Century Fox

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Le 03/04/2013
Critique

Qui a tué Laura Hunt, une ravissante jeune femme qui doit une partie de sa notoriété au chroniqueur Waldo Lydecker ? L’inspecteur Mark McPherson mène l’enquête et interroge notamment Lydecker, qui considère Laura non seulement comme sa création, mais aussi comme un être lui appartenant.

Débarqué à Hollywood en 1935 grâce au président de la 20th Century Fox Joseph Schenck qui cherchait alors de nouveaux talents en Europe, le cinéaste autrichien Otto Preminger en est déjà à son sixième film américain quand il réalise Laura en 1945. Cette adaptation au cinéma du roman policier éponyme de Vera Caspary demeure une référence du film noir et psychologique. Après moult rebondissements durant la longue phase de production - de violents conflits avec le producteur Darryl F. Zanuck - qui a vu défilé de nombreux réalisateurs tels que John Brahm, Lewis Milestone, Rouben Mamoulian (remplacé après que les rushes aient été jugées catastrophiques par Zanuck), les rênes de Laura reviennent dans les mains d’Otto Preminger. Pour la première fois de sa carrière hollywoodienne, le metteur en scène impose enfin ses idées, reprend le tournage à zéro et met les plans tournés par Rouben Mamoulian au pilon.

La légende fera le reste. Laura est un immense succès et propulse la carrière de Gene Tierney. Aujourd’hui, Laura reste un film emblématique du genre. La photo du chef opérateur Joseph LaShelle, la musique de David Raksin, la beauté de Gene Tierney (dans le rôle de sa vie), les compositions ambiguës de Clifton Webb (sa première apparition dans un film parlant après 20 ans d’absence), Vincent Price et Dana Andrews, les personnages spirituels, sympathiques et détestables (y compris le flic quelque peu intéressé), les dialogues acerbes et sophistiqués, l’énigme criminelle raffinée, sa peinture du côté sombre de l’existence vue à travers un monde de superficialité et de célébrité, sans oublier la mise en scène inspiré d’Otto Preminger ont contribué à la renommée de Laura à travers le monde et les décennies. Mordant, obsédant, Laura est une oeuvre entièrement contrôlée par Otto Preminger, qui en marionnettiste virtuose s’amuse à manipuler autant ses personnages que les spectateurs. Film noir atypique et oeuvre stylée, pleine d’esprit, en un mot, culte.

Généralités - 3,0 / 5

Le test a été réalisé sur check-disc. Le menu principal est fixe et bercé par la superbe composition de David Raskin. Le spectateur se voit proposer la version cinéma ou celle comprenant une scène supplémentaire (2’30”), dont le contenu et la raison de la suppression sont indiqués plus loin dans l’interactivité.

Bonus - 4,0 / 5

Nous commençons par deux documentaires biographiques centrés sur Gene Tierney (1920-1991) et Vincent Price (1911-1993), réalisés pour la télévision. D’une durée de 44 minutes, chacun de ces modules résume la vie personnelle et professionnelle des deux comédiens au moyen d’extraits de films, d’archives diverses et variées, interviews de ceux qui les ont connu (famille et amis) et d’historiens du cinéma, avec parfois un sens du spectacle un peu pesant voire déplacé. C’est notamment le cas pour Gene Tierney, dont les malheurs de la vie (responsables de sa maladie mentale) sont énumérés un à un avec à chaque fois une relance avant la coupure publicitaire (marquée par un fondu au noir) du genre « elle n’est pas au bout de ses peines » ou « son pire cauchemar ne venait alors que commencer.

On continue par deux commentaires audio sous-titrés en français, disponibles sur la version cinéma de Laura. Le premier est partagé entre les propos de Jeanine Basinger (responsable du département cinéma dans une faculté américaine) et ceux du compositeur David Raskin (décédé en 2004). Les commentaires de ce dernier sont dispersés et ne présentent malheureusement qu’un intérêt modéré en raison de trop nombreuses redondances. Ceux de Jeanine Basinger relèvent quelque peu l’intérêt même si notre interlocutrice passe pas mal de temps à paraphraser ce qui se déroule à l’écran et à s’extasier devant le film, le jeu des acteurs, la photo, les costumes et la musique. Par ailleurs, les propos glanés ici et là sont quasiment entièrement repris dans le commentaire suivant.

Comme nous le disions précédemment, le deuxième commentaire, réalisé par l’historien du cinéma Rudy Behlmer, est celui vers lequel il faudra vous diriger pour en apprendre plus sur Laura. Notre interlocuteur cite de nombreuses personnalités, passe en revue la genèse, le casting, les départements techniques, raconte de nombreuses anecdotes liées à la production du film, évoque la carrière des comédiens et d’Otto Preminger. Hormis quelques silences - il faut bien que Rudy Behlmer reprenne sa respiration - le commentaire est très agréable à suivre, didactique sans être pesant.

Rudy Behlmer revient une dernière fois afin de commenter la scène coupée (2’30”), présente dans la version longue. Cette séquence montre la reconversion de Laura en femme du monde. Cette courte scène a été coupée au montage à cause de l’atmosphère régnant en temps de guerre en Amérique et jugée trop dérangeante et frivole dans sa représentation d’un luxe décadent.

Un documentaire intitulé L’Obsession (13’) donne la parole aux historiens du cinéma Alain Silver et James Ursini, au cinéaste Carl Franklin ainsi qu’au compositeur et historien de la musique de film John Morgan. L’accent est mis ici sur l’aspect formel du film noir avec une analyse pertinente de la photographie, de la musique et des angles de caméra de Laura. Tous les intervenants sont évidemment dithyrambiques sur le film.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce.

Image - 5,0 / 5

La copie HD proposée est très impressionnante. Premièrement, la restauration effectuée est absolument sidérante de beauté et aucune scorie n’a survécu au lifting numérique. Les noirs sont denses, les blancs éclatants, la gestion des contrastes magnifique et le piqué affiche une précision hallucinante. Le codec AVC consolide l’ensemble avec brio, les fondus enchaînés sont fluides et n’occasionnent aucun décrochage et un léger grain demeure flatteur, sans lissage excessif. Il y a certes peu de séquences tournées en extérieur, mais toutes les scènes arborent un relief et une restitution des matière fort étonnants.

Son - 4,0 / 5

Evoquons rapidement la version française Dolby Digital 1.0 qui, si elle s’avère propre et suffisante, demeure étonnante dans son doublage titi-parisien complètement inapproprié. Concentrons-nous plutôt sur la version originale qui pour le coup bénéficie d’un écrin DTS-HD Master Audio 1.0, sans bruit de fond, ni craquement ou souffle intempestif. Les dialogues sont solidement délivrés, à tel point qu’ils prennent d’ailleurs le pas sur les effets et ambiances annexes. Certains échanges frôlent la saturation mais rien de bien méchant. La musique de David Raskin trouve ici une nouvelle ampleur et berce agréablement les tympans.

Crédits images : © 20th Century Fox

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm

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