A la merveille

A la merveille (2012) : le test complet du Blu-ray

To the Wonder

Combo Blu-ray + DVD - Édition Limitée

Réalisé par Terrence Malick
Avec Ben Affleck, Olga Kurylenko et Rachel McAdams

Édité par Metropolitan Vidéo

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Le 10/10/2013
Critique

Même s’ils se sont connus sur le tard, la passion qu’ont vécue Neil et Marina à la Merveille - Le Mont-Saint-Michel - efface les années perdues. Neil est certain d’avoir trouvé la femme de sa vie. Belle, pleine d’humour, originaire d’Ukraine, Marina est divorcée et mère d’une fillette de 10 ans, Tatiana.

Désormais, le couple est installé dans l’Oklahoma. Leur relation s’est fragilisée : Marina se sent piégée. Dans cette petite communauté américaine, elle cherche conseil auprès d’un autre expatrié, un prêtre catholique nommé Quintana. L’homme a ses propres problèmes : il doute de sa vocation…

Marina décide de retourner en France avec sa fille. Neil se console avec Jane, une ancienne amie à laquelle il s’attache de plus en plus. Lorsqu’il apprend que rien ne va plus pour Marina, il se retrouve écartelé entre les deux femmes de sa vie. Le père Quintana continue à lutter pour retrouver la foi. Face à deux formes d’amour bien différentes, les deux hommes sont confrontés aux mêmes questions.

Alors que 20 ans séparaient Les Moissons du ciel et La Ligne rouge, deux années à peine séparent The Tree of Life (Palme d’or au Festival de Cannes en 2011) et A la merveille, soit l’écart le plus court entre deux films pour Terrence Malick. Si une véritable réaction chimique se créait en visionnant The Tree of Life, A la merveille ressemble à un montage de « scènes coupées » du film précédent, tant les deux oeuvres restent indéniablement liées sur le fond (la foi, le souvenir, la passion qui se délite, la solitude, la mélancolie) comme sur la forme.

Seulement voilà, A la merveille a beau être une nouvelle expérience sensorielle, notamment visuelle, l’histoire et les personnages ne sont jamais intéressants. Terrence Malick reprend la structure patchwork poétique, pudique, sensible et lyrique de The Tree of life avec une caméra légère, aérienne, qui virevolte et caresse les personnages, mais plombe malheureusement son film de plusieurs voix-off (en français, anglais, russe, espagnol) mielleuses et franchement indigentes sur l’amour dans tous ses états, qui ont rapidement raison de notre patience.

Certes, chaque plan est savamment photographié, étudié, superbe, extraordinaire même, les comédiennes sont belles à regarder, Olga Kurylenko (qui saute partout comme une gamine), Rachel McAdams (blonde comme les blés et lèvres pulpeuses pincées), mais les acteurs eux n’ont franchement rien à défendre. Ben Affleck tout en mâchoires serrées et épaules rentrées, a le regard vide qui convient au personnage mais ne créé jamais d’empathie, Javier Bardem hérite quant à lui du rôle le plus ennuyant de sa carrière, celui d’un homme d’Eglise torturé qui remet sa foi en cause. Annoncés au générique, Rachel Weisz, Jessica Chastain, Michael Sheen, Amanda Peet et Barry Pepper ont tout simplement été coupés au montage par le grand Manitou.

Les amants qui se perdent en s’aimant s’effleurent, se murmurent des choses à l’oreille, caressent le blé en train de mûrir en regardant le coucher de soleil, c’est beau, mais cela devient franchement redondant chez le réalisateur qui se laisse aller à un bigotisme agaçant. Personne n’est parfait pourrait-on dire, Terrence Malick n’est pas inattaquable. On peut le dire, A la merveille, référence à l’abbaye du Mont Saint-Michel - la partie française est clairement la plus réussie - où se rend le couple principal lors d’une séquence hallucinante de beauté, entre ciel et terre, entre rêve et réalité, est une oeuvre plastique irréprochable qui se voit comme une expo réunissant les oeuvres d’un grand artiste… mais qui ennuie et tourne à vide à force de peindre la même chose. Cette fois, la pilule ne passe pas.

Généralités - 4,0 / 5

Le test a été réalisé sur check-disc. Le menu principal est très beau, fixe ou alors très, mais alors très légèrement animé et musical.

Bonus - 2,5 / 5

Sur les quatre modules présentés, Les coulisses (11’), Couleur locale (5’), L’expérience des acteurs (6’) et Le ballet (6’) nous ne retiendrons que peu de choses. Pourquoi ? Parce que chaque segment reprend quasiment les mêmes propos des comédiens, de quelques collaborateurs techniques et des producteurs, ainsi que les mêmes images de tournage. Nous apercevons brièvement Terrence Malick qui se planque derrière ses techniciens et ses acteurs, chacun s’exprime sur les conditions de prises de vues, leur préparation et la « méthode Malick » qui est « amazing » et « terrific ».

Nous vous conseillons de visionner le premier documentaire et de passer directement à l’excellente interview d’Olga Kurylenko (7’) réalisée à l’occasion de la sortie d’A la merveille dans nos contrées. La sublime comédienne revient sur le casting entièrement muet que lui a fait passer le réalisateur, l’année passée à faire la narration du film en postproduction et sa découverte du film. Dans la deuxième partie de cet entretien, Olga Kurylenko s’exprime avec spontanéité sur la thématique du film et sur la psychologie de son personnage.

L’interactivité se clôt sur un lot de bandes-annonces et des liens internet.

Image - 5,0 / 5

L’univers visuel foisonnant de Terrence Malick sied à merveille (c’est le cas de le dire) au support Blu-ray. Metropolitan livre un magnifique master HD. Les sublimes partis pris esthétiques du chef opérateur Emmanuel Lubezki (Gravity, Les Fils de l’homme) passent remarquablement le cap du petit écran et les détails foisonnent aux quatre coins du cadre large. Les contrastes affichent une densité impressionnante, le piqué est tranchant comme un scalpel y compris sur les scènes sombres habituellement plus douces. La profondeur de champ demeure abyssale, les détails se renforcent et abondent en extérieur jour, la colorimétrie est vive, bigarrée et étincelante dès la première séquence, le relief demeure palpable tout du long. Un transfert estomaquant de beauté, un léger grain cinéma respecté, une clarté voluptueuse, le tout conforté par un encodage AVC solide comme un roc, voilà un nouveau Blu-ray de démonstration. Le label rouge Metropolitan en quelque sorte.

Son - 4,5 / 5

La bande-son participe également au caractère expérimental de l’oeuvre de Terrence Malick. Point de version 100 % française à l’horizon mais seulement le mixage original ponctué par des dialogues, ou plutôt des monologues en russe, en français, en anglais, en italien et en espagnol livrés dans un emballage DTS-HD Master Audio 7.1. Ce mixage international instaure un réel confort acoustique en spatialisant ardemment les compositions de Berlioz, Wagner, Haydn, Tchaikovsky, Bach… Les effets annexes sont limpides, les voix solidement plantées sur la centrale et le caisson de basses s’amuse à faire vibrer le plancher quand on s’y attend le moins. Si les latérales tendent à s’épuiser parfois, la balance frontale demeure constamment en activité.

L’éditeur joint les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant.

Crédits images : © Metropolitan

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm
Note du disque
Avis

Moyenne

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Franck Brissard
Le 10 octobre 2013
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