12 hommes en colère (1957) : le test complet du Blu-ray

12 Angry Men

Édition Digibook Collector + Livret

Réalisé par Sidney Lumet
Avec Henry Fonda, Lee J. Cobb et Ed Begley

Édité par MGM / United Artists

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Le 17/07/2013
Critique

Un jeune homme d’origine modeste est accusé du meurtre de son père et risque la peine de mort. Le jury composé de douze hommes se retire pour délibérer et procède immédiatement à un vote : onze votent coupable, or la décision doit être prise à l’unanimité. Le juré qui a voté non-coupable, sommé de se justifier, explique qu’il a un doute et que la vie d’un homme mérite quelques heures de discussion. Il s’emploie alors à les convaincre un par un.

L’expression coup d’essai-coup de maître pour un premier long métrage n’a jamais été aussi appropriée pour désigner 12 hommes en colère de l’immense Sidney Lumet.

Véritable huis clos où 12 comédiens, 12 personnages, 12 jurés anonymes doivent débattre et délibérer afin de statuer sur le sort d’un jeune homme accusé du meurtre de son père. Dans cet espace confiné fermé à clé jusqu’à ce qu’une décision soit prise à l’unanimité, seules quelques fenêtres donnent sur l’extérieur étouffant marqué par un orage d’été sur le point d’exploser en ce jour le plus chaud de l’année. Le ventilateur est en panne, la brillantine coule des cheveux, les fronts sont luisants, les chemises blanches sont marquées par la transpiration, les yeux clignent sous la nervosité ambiante, la tension est à son comble.

Pendant 1h35, Sidney Lumet décortique la délibération de ces hommes choisis au hasard par la loi. Les milieux sociaux sont divers et variés, architecte, garagiste, publicitaire, horloger, ouvrier, quelques-uns sont pressés d’en finir et de rentrer à la maison, surtout qu’un match important ne va pas tarder à se disputer. Alors que tous sont sur le point de désigner coupable et d’envoyer le jeune accusé à la chaise électrique, un grand type en fond de table, le juré numéro 8 ne semble pas d’accord avec les onze autres et déclare avoir un doute légitime sur cette accusation. Cet homme c’est Henry Fonda (également producteur et initiateur du projet), que Sidney Lumet s’est bien chargé de mettre en retrait lors de la présentation des jurés au début du film. En tant qu’architecte, ce juré va d’abord reprendre puis assembler les faits pour pouvoir argumenter et appuyer sa thèse selon laquelle le jeune accusé est peut-être innocent du crime dont on l’accuse.

Sidney Lumet répond à la règle classique des trois unités (lieu, temps, action) tout en évitant de tomber dans le piège fatal du théâtre filmé (le film est adapté d’une pièce de Reginald Rose). En un mot il signe le huis clos ultime, souvent copié, inégalé, la référence du genre.

Virtuose, le cinéaste use de divers objectifs et focales afin de donner l’impression palpable que les murs et le plafond se rapprochent de plus en plus des personnages, à mesure qu’avance la plaidoirie et que changent les avis sur le statut de l’accusé. Les visages commencent alors à remplir l’écran. Cette sensation de claustrophobie et d’épuisement renforcée par la présence d’un orage d’été, d’une pluie chaude et de la sueur sur les visages et les vêtements des personnages est croissante jusqu’au verdict. Pas une seconde le cinéaste ne lâche le spectateur, pris à la gorge du début à la fin dans cette déferlante de dialogues engagés qui s’enchaînent sur un rythme stupéfiant.

Récompensé par l’Ours d’Or au Festival International du Film de Berlin en 1957, ce chef d’oeuvre du cinéma demeure intemporel.

Généralités - 2,5 / 5

Le test a été réalisé sur check-disc. Point de menu principal à l’horizon, décidément une spécialité MGM… L’accès aux suppléments, au chapitrage et au choix des langues se fait via le menu contextuel.

Bonus - 2,0 / 5

Désillusion, le commentaire audio de l’historien du cinéma Drew Casper, la bande-annonce et les deux modules de 23 et 15 minutes revenant sur l’histoire de 12 hommes en colère et le véritable déroulement d’une délibération ne sont disponibles qu’en version originale non sous-titrée. Seuls les plus à l’aise dans la langue de Shakespeare en apprendront un peu plus sur la genèse, le tournage, les thèmes, le casting, les décors, la mise en scène et la sortie du film de Sidney Lumet à travers les interviews du cinéaste, quelques historiens du cinéma et experts en droit. Notons que quelques photos dévoilent l’envers du décor.

Image - 4,0 / 5

S’il n’y a rien à redire concernant la superbe restauration du film, toutes les scories, tâches, poussières et rayures verticales qui pouvaient parfois apparaître sur l’édition SD ont été purement et simplement éradiquées, le piqué manque souvent de mordant et la gestion du grain est aléatoire. Le N&B est cependant de très belle tenue, les noirs sont suffisamment denses et rutilants, les blancs (voir les chemises des protagonistes) retrouvent une certaine clarté, les contrastes sont raffermis, les gros plans plus nets et la copie affiche une indéniable stabilité. Quelques aplats fourmillent, les quelques travellings (par exemple la première apparition des jurés) entraînent quelques pertes de la définition.

En dépit de quelques accrocs constatables, le lifting HD de 12 hommes en colère est assez bien réussi et l’ensemble consolidé par un encodage AVC de haut niveau. Mais il est vrai que lorsqu’on compare le résultat aux éditions Blu-ray de Laura, Les Raisins de la colère, Qu’elle était verte ma vallée ou Zorba le grec, sortis chez le même distributeur, la qualité de l’image est sans aucun doute en-dessous des espérances.

Son - 3,5 / 5

Bien que le doublage français soit réussi et dispose d’un écrin DTS-HD Master Audio 1.0, privilégiez la version originale encodée dans les mêmes conditions. Le confort acoustique y est plus agréable, les petites ambiances créées pour simuler les rues new-yorkaises environnantes sont plus appuyées, aucun souffle n’est à déplorer, les voix d’Henry Fonda et de ses compagnons sont reportées avec plus de fluidité. La piste française s’en sort néanmoins fort bien, même si parfois trop dirigée sur le report des voix au détriment des effets annexes. Dans les deux cas, n’hésitez pas à monter le volume afin de mieux profiter des dialogues.

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm
Note du disque
Avis

Moyenne

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Franck Brissard
Le 17 juillet 2013
Pas de commentaire.
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Giuseppe Salza
Le 20 mars 2013
Pas de commentaire.
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Réal
Le 23 août 2010
Pas de commentaire.

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