Warriors of the Rainbow (2011) : le test complet du Blu-ray

Sàidékè balái

Réalisé par Wei Te-Sheng
Avec Lin Ching-Tai, Umin Boya et Masanobu Andô

Édité par M6 Vidéo

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Le 20/03/2015
Critique

Warriors of the Rainbow

1930. Dans les montagnes de Taïwan, Mona Rudao, un guerrier de la tribu aborigène Seediq, organise la rébellion de son peuple contre l’occupant japonais. Les 300 hommes de Rudao, armés de vieux pistolets, de lances et d’armes rudimentaires, affrontent une armée de 3.000 soldats pour défendre leur terre, leur dignité et leur honneur.

Warriors of the Rainbow, titulaire de plusieurs prix en Extrême-Orient, disponible sur galettes depuis 2012 en région 1 et dans d’autres pays d’Europe, vient seulement de tomber dans nos bacs et dans une version tronquée : la version originale, dite version internationale, est plus longue de deux heures (276 minutes contre 154).

Le scénario s’appuie sur l’histoire. Défaite par le Japon en 1895, la Chine lui cède Taïwan. L’île restera sous la domination du Japon jusqu’en 1945. C’est contre cette domination et les humiliations qui lui sont infligées que se soulève la tribu Seediq. L’histoire de cette révolte oubliée fut ravivée en 1990 par une bande-dessinée taïwanaise éditée en France en septembre 2013 par Akata.

Tourné en extérieur dans un paysage de forêt tropicale accrochée à la montagne, Warriors of the Rainbow ne semble pas avoir manqué de moyens à en juger par l’importance de la figuration dans les scènes de combat et par les effets spéciaux, costumes et accessoires.

Warriors of the Rainbow

Mais les combats, justement, occupent une part trop importante du métrage, peut-être plus importante que celle souhaitée par les auteurs. Certaines scènes montrent, en effet, mais trop brièvement, que certains « sauvages », après plus de trente ans d’occupation, s’étaient ralliés à la culture nippone. Et que de nombreux Seediqs ont eu tout le temps de s’interroger sur la pertinence de leur sport favori : la collection de têtes prises au clan voisin !

Toute cette évolution n’est qu’à peine esquissée dans les courts répits que laissent au récit les chocs guerriers. Et les personnages sont trop stéréotypés, particulièrement les soldats japonais, caricaturés. Peut-être la version intégrale corrige-t-elle ce déséquilibre ?

Cette réserve faite, le film nous fait découvrir des faits méconnus, des paysages étrangement photogéniques. D’autre part, les combats sont brillamment mis en scène, avec un montage dynamique et qui ne donne pas le mal de mer. John Woo, producteur du film, a-t-il conseillé le réalisateur ?

Celles et ceux qui ont aimé Apocalypto pourront se laisser tenter par Warriors of the Rainbow : situés à des époques différentes, les deux films montrent, dans un climat de violence, une civilisation qui touche à sa fin.

Warriors of the Rainbow

Technique - 8 / 10

Le test a été effectué sur un check disc. Le disque, bien rempli (film de 154 minutes et 30 minutes de bonus) est proposé dans un boîtier Blu-ray. Sur la jaquette, un beau montage photographique avec la tête du héros se détachant en gros plan de l’obscurité de la forêt au-dessus d’un petit groupe de guerriers.

Le menu musical et animé propose le choix entre la version originale avec sous-titres français optionnels et un doublage en français, les deux au format DTS-HD Master Audio 5.1.

Les bonus sont peu généreux.

Tout commence par un « making of » de 6 minutes dans lequel le réalisateur, Wei Te-Sheng, nous dit, sur fond d’extraits du tournage, avoir pu compléter le financement de la production du film en investissant les bénéfices tirés de son film précédent, Cape No 7. John Woo, coproducteur de Warriors of the Rainbow, ne sous surprend pas en nous disant son admiration pour le film.

Les coulisses du tournage (21’) ne nous apprennent pas grand-chose en nous montrant la difficulté, à cause du vent, à étendre sur le plateau un immense voile blanc pour tamiser la lumière et, plus loin, la longue attente des nuages qui doivent atténuer les ombres. Pendant ce temps, un groupe d’enfants singe les membres de l’équipe : perchman, réalisateur, chef opérateur, acteurs…

Pour finir un rapide coup d’oeil (2’) sur le maquillage, en rouge bien sûr, de membres et de têtes coupés qui volent dans tous les sens dans les sanglants affrontements à coups de machette ou de sabre.

Warriors of the Rainbow

L’image (2.35:1, 1080p, AVC) est précise jusque dans les arrière-plans de paysages, bien contrastée, avec des noirs denses. On peut toutefois reprocher un manque de finesse dans l’étalonnage des couleurs, ce qui semble dû à l’utilisation un peu trop poussée de procédés numériques.

Le son DTS-HD Master Audio 5.1 est enveloppant, souvent spectaculaire dans les scènes d’action (explosions et mitraillages sollicitent sans retenue toutes les enceintes). Il privilégie les dialogues quand c’est utile et ne manque pas de finesse dans la restitution des bruits de la forêt. La version originale est nettement plus convaincante (même si votre connaissance du dialecte aborigène est limitée), les voix du doublage étant trop frêles et mal intégrées à l’image sonore.

Warriors of the Rainbow

Crédits images : © Central Motion Pictures Corporation

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
8 / 10
Avis

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P. de Melun
Le 29 avril 2021
Cette superproduction de John Woo relate l’histoire plutôt passionnante des clans indigènes (pas toujours faciles à reconnaitre d’ailleurs dans le film) vivant en harmonie avec la nature sur l’île de Taïwan et condamner à se révolter contre l’envahissant nippon cherchant à les asservir et à accaparer leurs ressources. Cette fresque historique, violente, parfaitement orchestrée et d’un visuel remarquable nous emporte pendant près de 2h30 dans une tragédie dont on ne sort pas tout à fait indemne. La psychologie des personnages n’est peut-être pas des plus affinée mais elle est compensée par de l’action, des paysages superbes et une chevauchée épique qui n’a rien à envier à certaines productions plus connues. C’est aussi une réflexion particulière sur la perception de notre histoire et de notre patrimoine culturel face à la modernité, la mondialisation et le métissage des cultures.

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Philippe Gautreau
Le 23 mars 2015
Un docu-fiction violent, produit par John Woo, sur la révolte désespérée d’une tribu montagnarde de Taïwan contre l’occupant japonais. Le pot de terre contre le pot de fer !

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