Oscar (1967) : le test complet du Blu-ray

Réalisé par Édouard Molinaro
Avec Louis de Funès, Claude Rich et Claude Gensac

Édité par Gaumont

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Le 05/08/2014
Critique

Bertrand, un riche promoteur, mène une vie paisible. Jusqu’au jour où un de ses employés, Christian, le fait chanter pour doubler son salaire et obtenir la main de sa fille, dont il est l’amant. Il lui avoue également qu’il le vole depuis de nombreuses années. Les choses se compliquent encore quand la maîtresse de Christian se révèle finalement ne pas être Colette, la fille de Bertrand, mais qu’en revanche, Colette s’avère être enceinte d’Oscar, le chauffeur.

En 1958, le vaudeville Oscar de Claude Magnier, rencontre un succès immédiat sur les planches du Théâtre de l’Athénée. Sur une mise en scène de Jacques Mauclair, Pierre Mondy, Maria Pacôme et Mario David interprètent le couple Barnier et le masseur Philippe. Mais il faudra attendre véritablement 1961 et l’arrivée de Louis de Funès dans le rôle principal pour qu’Oscar explose littéralement. Alors qu’il n’est encore qu’un éternel second rôle dans le cinéma français, Louis de Funès s’approprie la pièce et s’en donne à coeur joie chaque soir, en improvisant devant des spectateurs ébahis par son énergie comique.

En 1964, le comédien devient la plus grande star du cinéma français à l’âge de cinquante ans grâce au rôle du Maréchal des logis-chef Ludovic Cruchot dans Le Gendarme de Saint-Tropez. Jusqu’à sa mort en 1983, Louis de Funès restera et reste d’ailleurs encore aujourd’hui l’acteur comique français le plus populaire. Fort de ce triomphe au box-office, la Gaumont y voit l’occasion de mettre en chantier l’adaptation d’Oscar au cinéma. De la pièce originale, nous ne retrouvons au casting que Louis de Funès et Mario David. Claude Gensac, pour la première fois l’épouse de son partenaire à l’écran, incarne Germaine Barnier, Claude Rich, évincé par l’auteur Claude Magnier quelques années auparavant, prend une belle revanche en interprétant Christian à l’écran et la jeune Agathe Natanson incarne Colette Barnier. Malgré son manque d’expérience dans le burlesque et la pure comédie, le réalisateur Edouard Molinaro est engagé pour la mise en scène. La suite appartient à l’histoire et contribuera à installer définitivement Fufu au Panthéon des plus grands acteurs français dans le coeur des spectateurs.

Véritable typhon humain, il emporte tout sur son passage. Les autres comédiens sont portés et emportés d’ailleurs par ce personnage de dessin-animé, sorte d’incarnation humaine du diable de Tasmanie - version Looney Tunes bien sûr - qui court, gesticule, saute, crie, et pique une crise monumentale devant les yeux hallucinés de sa famille. Il faut dire que Fufu transcende la mécanique déjà bien huilée de Claude Magnier et s’en sert comme une véritable rampe de lancement pour le propulser au firmament des icônes du cinéma français. Il est extraordinaire dans Oscar. De son côté, Molinaro parvient à restituer le rythme trépident de la pièce originale en tournant d’une part dans l’ordre chronologique, mais aussi en jouant habilement avec le cadre et le montage frénétique pour éviter la sensation de théâtre filmé.

Suite au triomphe international du film, Louis de Funès reprend Oscar au Théâtre du Palais-Royal en 1971. Au final, il aura interprété plus de 600 fois le rôle de Bertrand Barnier sur les planches.

Oscar demeure l’un des sommets de l’immense carrière de Louis de Funès. Grand succès populaire de 1967 avec 6,1 millions d’entrées, deuxième plus gros hit de l’année derrière… Les Grandes vacances (7 millions d’entrées) sorti en novembre, un mois seulement après Oscar, le chef d’oeuvre d’Edouard Molinaro (le plus grand succès de sa carrière) n’en finit pas de plaire aux nouvelles générations dans le monde entier. Il a même connu un remake aux Etats-Unis réalisé en 1991 par John Landis intitulé L’Embrouille est dans le sac avec… Sylvester Stallone dans le rôle principal et Ornella Muti.

Généralités - 3,5 / 5

Le Blu-ray se présente avec un boîtier plastique blanc (notre test a été réalisé sur un check-disc). Le menu principal est étonnamment peu recherché, fixe et muet. On peut même dire que c’est très décevant. Heureusement que les suppléments et la qualité technique est au rendez-vous.

Bonus - 4,0 / 5

L’éditeur reprend l’essentiel des suppléments disponibles sur l’ancienne édition DVD d’Oscar, à part les différentes galeries photos et d’affiches.

Le documentaire rétrospectif intitulé La Mouche dans un bocal (37’), croise les propos du réalisateur Edouard Molinaro, de Pierre Mondy (Bertrand Barnier au théâtre en 1958, puis metteur en scène d’Oscar au Théâtre du Palais-Royal en 1971) et des comédiens Agathe Natanson (Colette), Maria Pacôme (Germaine Barnier au théâtre), Claude Rich (Christian), Roger Van Hool (Oscar) et même Louis de Funès (dans son costume de Gendarme notamment) à travers diverses archives. Sans langue de bois, Edouard Molinaro revient sur la transposition de la pièce de théâtre à l’écran, mais surtout sur les rapports conflictuels survenus sur le tournage avec Louis de Funès, tandis que les autres intervenants partagent de nombreuses anecdotes. Principalement, tout le monde loue le génie de Louis de Funès du début à la fin, ainsi que l’écriture de la pièce de Claude Magnier. Quelques photos issues de la première mouture théâtrale d’Oscar révèlent que Jean-Paul Belmondo interprétait Christian sur scène.

Ce module est savamment complété par un commentaire audio d’Edouard Molinaro et d’Agathe Natanson. Il faut un bon moment pour comprendre que les deux intervenants n’ont pas été enregistrés ensemble. Agathe Natanson devait néanmoins disposer des propos du cinéaste puisqu’elle rebondit parfois sur ce qu’il dit. Si certains propos peuvent paraître redondants avec ce qui a déjà été entendu dans le documentaire précédent, ce commentaire d’1h20 demeure plaisant, détendu, et nous en apprenons toujours plus sur le jeu et le perfectionnisme de Louis de Funès.

Gaumont propose ensuite un montage de quelques séquences d’Oscar filmées au Théâtre du Palais Royal le 12 février 1972 (6’). Il s’agit surtout de la scène du massage de Bertrand avec un petit fou-rire de Louis de Funès et de Mario David, visiblement très complices.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce composée de prises alternatives.

Image - 4,0 / 5

De par sa nature « théâtre-filmé », l’apport HD pouvait paraître limité pour Oscar. Mais c’était sans compter sur les décors multicolores ! Le relief est indiscutable, la texture flatteuse et les teintes pimpantes. Après, il est vrai que l’action se situe dans la propriété des Barnier et qu’aucune profondeur de champ n’est révélée. Mais le cinéaste a opté pour le cadre large et le spectateur aura l’impression d’être plongé au beau milieu de ces querelles familiales. L’encodage AVC consolide l’ensemble avec brio, bien qu’une gestion parfois aléatoire du grain puisse parfois dénaturer sensiblement le piqué et entraîner divers plans flous. Certains détails des décors n’ont jamais aussi visibles, la clarté est constante, les contrastes solides, la propreté exceptionnelle. Honnêtement, nous n’avions jamais vu le chef d’oeuvre d’Edouard Molinaro comme cela, même si le rendu n’est pas optimal et que les visages nous paraissent parfois trop blafards.

Son - 4,5 / 5

Le mixage DTS-HD Master Audio Mono instaure un confort acoustique total. Les dialogues sont ici délivrés avec ardeur et clarté, la propreté est de mise, les effets riches et les silences denses, sans aucun souffle. La géniale composition de Georges Delerue jouit également d’un écrin phonique somptueux.

L’éditeur joint également les sous-titres anglais et français destinés au public sourd et malentendant.

Crédits images : © Gaumont

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm
Note du disque
Avis

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Franck Brissard
Le 1 août 2014
Pas de commentaire.
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Josquin
Le 12 mai 2006
A l'origine une pièce de théâtre, la version cinéma garde la même ambiance et procède de façon analogue : les portes s'ouvrent et se ferment, des personnages vont et viennent, alors que d'autres, omniprésents, font leur apparition pour donner la réplique au leader d'une scène, avant de s'éloigner.
Claude Rich, quelques années après les Tontons Flingueurs, y incarne la parfaite élégance du jeune premier, mais redoutable et machiavélique tel un démon moqueur par son jeu distillé.
Claude Gensac, la femme de De Funès aussi bien à l'écran que dans la vie, y joue une femme délicieuse, pétillante, décrispant des situations que d'autres, requins dans l'âme, s'ingénient à compliquer. Ses apparitions apportent une touche de légéreté, d'insouciance parmi une histoire où chacun ne songe qu'à ses intérêts.
Louis De Funès, quant à lui, ne fut jamais aussi survolté, car il en fait des tonnes, gesticulant, hurlant, improvisant parfois, sans laisser aucun répit au spectateur. C'est peut-être le point négatif de cette histoire, l'interprétation gagne toujours plus en énergie, alors que cela n'est pas justifié. De Funès, par la suite, imposera aux réalisateurs et producteurs de ne plus jouer ainsi, voyant lui-même combien il risquait d'être catalogué sans possibilités de rôles majeurs.
Oscar intervient dans une époque où la mode voulait que figure parmi la distribution, une jeunette blonde et innocente, ayant soif de libertés, un tantinet chieuse ( Les Tontons Flingueurs, Les Barbouzes, L'aile ou la cuisse ). Ici, en l'occurence, il s'agit de l'adorable Agathe Natanson.
Les couleurs, verts, rouges et bleus criards, sont bien dans le ton 60's, de même que les costumes et tout élément du décor.
Un bon film en somme, qui se laisse facilement regarder.
Quant au remake ricain ( L'embrouille est dans le sac ), avec et par Stallone, autant dire que c'est de la merde.
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Le 19 février 2003
Un des meilleur de Funès qui est à son apogé. Un must.

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