Massacre à la tronçonneuse (1974) : le test complet du Blu-ray

The Texas Chainsaw Massacre

Édition Collector - Version Restaurée 4K

Réalisé par Tobe Hooper
Avec Marilyn Burns, Allen Danziger et Paul A. Partain

Édité par TF1 Studio

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Le 30/01/2015
Critique

Apprenant que la tombe de leur grand-père a été profanée, Sally et Franklin retournent dans leur campagne natale en compagnie d’amis. Presque arrivés à destination, ils prennent à bord de leur minibus un étrange auto-stoppeur…

Tout a été dit ou écrit sur Massacre à la tronçonneuse, le deuxième long métrage de Tobe Hooper, librement inspiré par les faits et gestes d’Ed Gein, tueur en série en chair et en os qui découpait et dévorait ses victimes dans les années 50 avant de servit d’esquisse au Leatherface du film.

Massacre à la tronçonneuse reste, quarante ans après sa sortie, un classique du cinéma d’horreur, le meilleur film de Tobe Hooper, indiscutablement supérieur en tous cas à la suite qu’il a réalisée douze ans plus tard, Massacre à la tronçonneuse 2.

Produit pour quelques bouchées de pain, 300 000 dollars quand même (financés par des mafiosi après que tous les producteurs aient claqué la porte au nez du réalisateur), le film rapporta dix fois la mise ! Mais les auteurs durent batailler longtemps pour récupérer une grande partie de leur pourcentage.

Plusieurs années après son visionnage, Massacre à la tronçonneuse laisse souvent le souvenir de flots de sang. Pourtant, on n’en voit jamais couler que quelques gouttes, quand l’auto-stoppeur se coupe la main dans le minibus. On entend la tronçonneuse, on la voit même virevolter, mais sans jamais qu’elle tranche dans le vif.

Cette relative auto-censure n’empêcha pas l’interdiction du film dans plusieurs pays, y compris la France où il ne peut être projeté qu’à partir de 1982, trois ans après le rachat des droits de distribution. L’usage parcimonieux de l’hémoglobine n’empêche pas que le film vous déclenche encore d’agréables frissons le long de l’échine…

Généralités - 5,0 / 5

Cette nouvelle « Édition Collector » de TF1 Vidéo, avec un combo Blu-ray et DVD tirés d’un master restauré 4K, laisse loin derrière la précédente Édition Collector de StudioCanal, sortie en 2001. Superlative, cette édition en quatre disques, présentée dans un coffret littéralement massacré à la tronçonneuse, chargée de « goodies » et de suppléments, abat son atout majeur : une image et un son remasterisés pour revoir le film dans des conditions rêvées !

Un menu animé, sur fond de grincements métalliques et de râles de douleur, vous met d’emblée dans l’ambiance et vous offre le choix entre version originale et un doublage en français. Deux formats sont proposés pour la version originale : un nouveau remixage DTS-HD Master Audio 7.1 très convaincant et, pour les puristes, la mono d’origine en DTS-HD Master Audio 1.0. Les sous-titres français, trop gros et trop haut placés, sont imposés sur la VO. Sous-titres pour malentendants disponibles pour le doublage en français du film.

Les « goodies » commencent avec un livret d’accompagnement de 60 pages avec une intéressante analyse de Jean-Baptiste Thoret, historien et critique spécialisé dans le cinéma américain (et rédacteur de la rubrique cinéma de Charlie Hebdo), un survol de la carrière et de l’oeuvre de Tobe Hooper, des anecdotes, des références au cinéma d’horreur, le tout illustré de photos du film et de photos de plateau. Il y a aussi quatre photos (celles affichées à l’entrée des cinémas), un facsimile de l’affiche américaine du film (38x27) et, plus insolite, un tablier de coton, joliment ensanglanté, montrant Leatherface en plan américain, tronçonneuse en mains !

Bonus - 5,0 / 5

Restez assis sans bouger pendant la traversée : la barque est chargée au point de couler !

Sur le Blu-ray :

Pas moins de deux commentaires audio du film, l’un par Tobe Hooper, le chef opérateur Daniel Pearl et l’acteur Gunnar Hansen/Leatherface. Le second par les acteurs Marilyn Burns, Paul A. Partain, Allen Danziger et le directeur artistique Robert A. Burns. Avec sous-titres français.

Après la présentation du film à Cannes en 2014 à la Quinzaine des réalisateurs (4’), toujours à Cannes, une conférence de presse de Tobe Hooper à l’American Pavilion (44’) et une discussion entre Tobe Hooper et Nicholas Winding Refn (6’).

Suivent « Leatherface fait peau neuve », sur la restauration du film à partir de bobines très abimées (10’), un entretien deux acteurs, John Dugan (15’) qui incarnait le grand-père quasi-momifié, et Teri McMinn (17’) qui insistent tous les deux sur les éprouvantes conditions de tournage en plein été de 1973, avec des pointes à 50° pour les scènes tournées en intérieur ! Puis deux entretiens avec le directeur de production Ronald A. Bozman (16’) rappelant les difficultés de financement du film et avec le monteur J. Larry Carroll (11’). Ces suppléments sont inédits, à l’exception de l’entretien avec Ronald Bozman.

Pour finir, des scènes coupées inédites (15’) et des plans non retenus (25’).

Sur le DVD 1 :

On trouve, après la version DVD du film, certains bonus du Blu-ray : la présentation du film à Cannes et le commentaire audio du réalisateur Tobe Hooper.

Mais aussi, d’autres suppléments repris de précédentes éditions : « Autopsie d’un massacre », un vivant documentaire sur le tournage (63’, plus 7’ de scènes coupées) bourré d’anecdotes, avec les appréciations d’autres cinéastes sur le film et un aperçu de la carrière de certains membres de l’équipe jusqu’à 2002, date de réalisation du documentaire. Pour finir, un bêtisier (2’) et une galerie de 64 photos ou visuels publicitaires.

Et, sur le DVD 2 :

Dans « Leatherface, l’horreur dans la peau » (2004, 51’) des critiques et historiens du cinéma rappellent les innovations apportées au genre par Massacre à la tronçonneuse. Certains y voient même des intentions politiques, « une plongée dans les catacombes de l’histoire américaine » alors secouée par la guerre du Vietnam et les luttes pour les droits civiques.

Suit un retour sur les lieux du tournage (un épisode de la série Horror’s Hallowes Grounds tourné en 2006, 20’), dans le cimetière de Leander, à la station-service et dans la maison familiale de Leatherface, un peu retapée par ses nouveaux propriétaires, mais bien reconnaissable et régulièrement visitée par des fans.

Blessures superficielles, sept histoires tronçonnées (2006, 71’) traite de l’impact sur le genre « horreur » du film (qui servit de carte de visite à certains, notamment au chef op’ Daniel Pearl) et évoque les frustes conditions de tournage. On y voit aussi le président du fan club « officiel », l’auto-stoppeur redevenu normal (au moins en apparence), etc. Nouvelle visite des lieux, guidée par Leatherface himself (8’), d’abord en 1995, quand la maison était encore dans un triste état de délabrement, puis en 2000, après une sérieuse restauration. La visite est agrémentée d’extraits du film. Pour finir, bandes annonces et spots télé (5’)

Sur le DVD 3, cerise sur le gâteau, deux films antérieurs de Tobe Hooper :

The Heisters (1964, 10’), un court métrage farfelu en cinémascope et couleurs, sans paroles, mais avec une bande son très présente. Trois hommes en fuite se réfugient dans leur antre et se disputent le partage d’un butin de pièces d’or et de pierres précieuses.

Puis, Egshells, coquilles d’oeuf en français (1969, 85’), le premier long métrage de Tobe Hooper et le seul qu’il ait tourné avant Massacre à la tronçonneuse. Considéré comme définitivement perdu, il fut miraculeusement retrouvé en 2009 et restauré. Egshells est un essai assez hétéroclite alternant des échanges entre jeunes sur la politique ou les choses de la vie et des inserts psychédéliques, des scènes banales et des scènes surréalistes (un avion de papier explose en touchant le sol). Les personnages sont de jeunes hippies qui ressemblent à ceux sur lesquels Leatherface, quatre ans plus tard, allait se faire les dents de sa scie tronçonneuse ! Une curiosité.

Image - 5,0 / 5

Le travail de restauration a redonné au film les couleurs fraîches qu’il avait perdues au fil des projections en salles dans les années 80 et l’a débarrassé de pratiquement toutes les taches, griffures et autres poils. Juste un léger fourmillement, vraiment pas gênant, sur les fonds de ciels. À saluer, aussi, une parfaite restitution des tons de peau. Une vraie copie neuve, d’une définition qui surprend quand on sait que le film a été tourné avec une caméra 16mm !

On peut certes obtenir une image plus acérée avec des moyens plus performants et plus modernes. Mais atteindre un tel résultat pour un film en 16mm tourné il y a plus de quarante ans… Chapeau bas ! Note maximale !

Son - 5,0 / 5

Les puristes approuveront certainement la reprise du son mono d’origine au format DTS-HD Master Audio 1.0, méticuleusement nettoyé. Mais je serais étonné qu’ils ne lui préfèrent pas le remixage DTS-HD Master Audio 7.1 terriblement efficace, spatialisé avec cohérence et sans esbroufe.

Le doublage mono en français, techniquement irréprochable, souffre d’un manque de conviction vite lassant.

Crédits images : © Vortex

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

Moyenne

4,5
5
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domuk789
Le 10 octobre 2017
superb film
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Philippe Gautreau
Le 30 janvier 2015
Massacre à la tronçonneuse reste, quarante ans après sa sortie, un classique du cinéma. Quel plaisir de le retrouver, comme neuf, avec une palanquée de suppléments !
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Patrick
Le 3 mai 2004
Le film est un peu dépassé maintenant, mais Tobe Hooper maitrise bien la caméra sans trop montrer
de sang.
Je ne suis pas certain que le remake soit plus réaliste.
A posséder pour les amoureux du genre.

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