The Knick - Saison 1 (2014) : le test complet du Blu-ray

The Knick

Réalisé par Steven Soderbergh
Avec Clive Owen, André Holland et Jeremy Bobb

Édité par HBO

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Le 01/10/2015
Critique

The Knick Saison 1

Le staff de l’hôpital Knickerbocker de New York, des chirurgiens aux infirmières, doit repousser les limites de la médecine au début du 20ème siècle, à une époque où le taux de mortalité a soudainement augmenté et où les antibiotiques n’existent pas encore. New York traverse alors une période tourmentée due à des revenus faibles et à l’exode des patients les plus fortunés.

«  La médecine moderne a bien dû commencer quelque part…  »

L’éclectique et prolifique Steven Soderbergh a encore frappé et à la télévision cette fois-ci ! Série de dix épisodes de 50 minutes, écrite par Jack Amiel et Michael Begler, l’action de The Knick se déroule au début du 20e siècle à New York, dans le Knickerbocker Hospital, alias The Knick. Installé en plein coeur de Manhattan et construit en 1862 pour tout d’abord accueillir les soldats de la guerre d’indépendance, cet hôpital, aujourd’hui fermé, est le théâtre des aventures du docteur John W. Thackery. Magistralement interprété par l’immense Clive Owen, ce pionnier de la médecine moderne est placé à la tête du service de chirurgie du Knick après le suicide de son mentor. Le comédien britannique est remarquablement épaulé par une ribambelle d’acteurs tout aussi talentueux, Andre Holland, Jeremy Bobb, Juliet Rylance, Eve Hewson (la fille de Bono, déjà remarquée dans This Must Be the Place de Paolo Sorrentino), Michael Angarano, Chris Sullivan, Cara Seymour, Eric Johnson, David Fierro, tous jouant leur note singulière dans cette partition épatamment composée.

The Knick Saison 1

Brillante, passionnante, captivante, magnifique, cette nouvelle série diffusée sur la chaîne américaine Cinemax, appartenant au groupe HBO, entraîne le spectateur dans son sillage dès l’impressionnant premier épisode. Tourné en 73 jours, The Knick peut se voir comme un seul et unique film de 8 heures tant l’intrigue n’a de cesse de se renouveler, en se focalisant sur tous les personnages, sans en omettre un seul, en les faisant vivre, interagir, rentrer en collision dans un monde violent et miséreux. Non seulement les spectateurs peuvent suivre les premiers pas de la médecine moderne, les balbutiements, les premières expériences, les avancées liées à l’avènement de l’électricité (les rayons X, l’aspiration), mais en plus la série évoque également les conditions sociales des plus démunis, le racisme omniprésent (avec comme point d’orgue les émeutes raciales de l’épisode 7), y compris au sein même du Knick avec la présence mal vue du Dr Algernon Edwards (Andre Holland), diplômé de Harvard et ayant fait ses classes auprès des plus éminents chirurgiens européens, mais qui a la peau noire.

La reconstitution sait se faire discrète mais réaliste et authentique avec ses costumes et ses décors. Ce qui fait la moelle de cette série immanquable est l’effervescence constante qui régit dans le Knick, autour des docteurs, infirmières, ambulanciers, administrateurs de l’hôpital, malades, à travers des séquences de chirurgie ultra-réalistes (appendicite, césarienne, hernie, greffes, tumeurs au cerveau) réalisées devant un parterre de confrères, déconseillées aux spectateurs les plus sensibles. Ou comment les chirurgiens tentent quelques nouvelles techniques «  à la mode  » pendant une opération, sans connaître d’avance le résultat. Et si le patient vient à mourir durant l’opération, quelques cochons morts attendent dans les salles annexes pour tenter une nouvelle approche qui pourra aider afin de soigner le prochain patient.

The Knick Saison 1

Entre l’addiction à la cocaïne et à l’opium de Thackery, la lutte contre les préjugés raciaux d’Edwards et pour gagner le respect de la population blanche de l’hôpital, la découverte de l’amour et de la sexualité de l’infirmière Lucy, la recherche d’une personne responsable d’une épidémie de typhoïde, l’émancipation des femmes, la perte d’un enfant, les avortements clandestins, The Knick subjugue par la richesse et la complexité de ses personnages, de leurs pensées et de leurs actions, dans leurs succès, dans leurs blessures. Même s’il n’y a pas de générique, n’oublions pas la composition électro de Cliff Martinez, qui avait déjà collaboré avec Steven Soderberg sur Sexe, mensonges et vidéo et L’Anglais, qui nimbe les épisodes d’une touche quasi-surréaliste, anachronique, hypnotique, à l’instar des partis pris esthétiques toujours surprenants.

Producteur délégué, directeur de la photographie, monteur et évidemment metteur en scène, Steven Soderbergh signe un nouveau sommet dans sa carrière. La deuxième saison arrive sur les écrans américains en octobre 2015.

The Knick Saison 1

Généralités - 4,0 / 5

Le visuel de la jaquette, glissée dans un boîtier classique de couleur bleue, est très beau et parfaitement dans le ton de The Knick. La minisérie est divisée en quatre disques à la sérigraphie sobre. Le premier disque comprend les deux premiers épisodes, la deuxième galette les trois suivants, la troisième les volets 6, 7 et 8, et la quatrième les deux derniers. Les menus principaux sont animés et bruités, identiques sur les quatre disques. Le boîtier est glissé dans un surétui cartonné.

Bonus - 2,0 / 5

C’est décevant. Sur les épisodes 1, 7 et 10, nous trouvons un commentaire audio non sous-titré de l’équipe de tournage et des acteurs Jack Amiel, Michael Begler, Jeremy Bobb, Eve Hewson, Michael Angarano, Chris Sullivan, Cara Seymour et Eric Johnson.

Chaque épisode s’accompagne d’un aperçu de quelques secondes diffusé sur Cinemax en guise d’accroche, ainsi que d’un minuscule module de deux minutes consacré au sujet abordé. Quelques images de tournage dévoilent l’envers du décor et les mini-interviews des comédiens, ainsi que des scénaristes, illustrent rapidement l’ensemble.

The Knick Saison 1

Image - 4,5 / 5

L’éditeur frôle la perfection avec ce master HD au format 1080p (AVC) resplendissant et immaculé, uniquement marqué par quelques baisses de la définition sur les séquences les plus agitées. Sous son pseudonyme habituel de Peter Andrews et armé de sa caméra numérique HD Red Epic Dragon, Steven Soderbergh signe la riche photographie de sa minisérie et joue une fois de plus avec les filtres. Le relief est sans cesse appréciable, le piqué est vif et acéré (notamment sur les teintes froides), les détails foisonnent sur le cadre, les noirs sont denses, les contrastes léchés et chaque source de lumière se révèle éclatante. Un vrai régal pour les mirettes !

Son - 4,5 / 5

Bien que seule la version originale bénéficie d’une piste DTS-HD Master Audio 5.1, contrairement à la piste française proposée en DTS Digital Surround 5.1., le confort acoustique est total pour ces deux options acoustiques ! Ces deux mixages parviennent sans mal à créer une spatialisation. Les dialogues sont exsudés avec force, peut-être un peu trop en français d’ailleurs, les effets et ambiances annexes sont riches (dans la rue notamment), amples et variés. Nul besoin de monter le volume pour profiter pleinement de la bande-son. Le caisson de basses intervient aux moments opportuns et les sous-titres sont amovibles.

The Knick Saison 1

Crédits images : © Cinemax

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm
Note du disque
Avis

Moyenne

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Je donne mon avis !

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Philippe Gautreau
Le 4 octobre 2015
Cette série ambitieuse, sombre et dure, ressuscite avec une grande maîtrise la vie du Knickerbocker Hospital de New York, au début du XXe siècle. Une excellente distribution, du grand Soderbergh, un unique moment de télévision !

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