Milou en mai (1989) : le test complet du Blu-ray

Réalisé par Louis Malle
Avec Michel Piccoli, Miou-Miou et Dominique Blanc

Édité par Gaumont

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Le 27/10/2015
Critique

Milou en mai

Mai 1968. La France est paralysée par la grève. Dans sa belle bâtisse provinciale du Gers, madame Vieuzac est victime d’une crise cardiaque. Son fils Milou convoque les membres de la famille pour un ultime hommage à la défunte. Le blocage du pays par la grève complique les choses.

En dépit du décès de la matriarche, sur lequel s’ouvre le film, du tourbillon de mai 68 qui lui sert de toile de fond, Milou en mai est une comédie légère et sereine. Les personnages oublient très vite la défunte, allongée dans le salon, pour s’investir dans des choses plus graves, à flirter, à se chamailler à propos du partage de l’héritage et à se rabibocher dans une farandole sur l’air de La Fille du bédouin. Tout ça sous les yeux de l’arrière-petite-fille, Françoise, une dizaine d’années, qui n’a pas les yeux dans sa poche et, imitant Zazie, ne manque pas de poser les questions les plus embarrassantes aux moments les moins opportuns.

L’accompagnement jazzy de Stéphane Grappelli (ne pas manquer l’excellent supplément qui lui est consacré) est parfaitement dans le ton du film.

Milou en mai, c’est Michel Piccoli, parfait en personnage immature, qui vivait avec sa mère, n’avait jamais rien fait de ses dix doigts (sauf pêché l’écrevisse), n’a que très peu de besoins : son bien le plus cher est son vélo qu’il emmène tous les soirs dans sa chambre et, aussi, la propriété familiale sur laquelle il est définitivement enraciné. Il est entouré de Miou-Miou, à contre-emploi dans le rôle d’une bourgeoise mère de trois enfants, Dominique Blanc, Michel Duchaussoy, François Berléand et Bruno Carette, mort à 33 ans, quelques mois avant la sortie du film. Le rôle de la grand-mère a été confié à Paulette Dubost qui, à 80 ans, avait encore devant elle, après sa mort paisible au début du film, une bonne vingtaine de rôles à tenir et d’années à vivre.

Une comédie plaisante, un peu à mi-chemin entre La Règle du jeu de Jean Renoir (1939) et Comédie érotique d’une nuit d’été de Woody Allen (1982).

Milou en mai

Généralités - 3,5 / 5

Milou en mai appartient à une vague de 3 films de Louis Malle que Gaumont édite en DVD et Blu-ray. Test effectué sur check disc. Le disque (BD-50) de cette première édition sur Blu-ray est proposé dans le traditionnel boîtier bleu. On retrouve sur le menu fixe et muet le même style graphique que celui de Le Souffle au coeur (également testé) et d’Au revoir les enfants, testé en 2011 par Sabrina Piazzi, complété dans cette édition par un supplément inédit de 31 minutes.

Les formats d’image (1.66:1) et du son mono sont respectés (DTS-HD Master audio 2.0). Sous-titres pour malentendants et sous-titres anglais disponibles pour le film, pas pour les suppléments.

Bonus - 5,0 / 5

En supplément, Le Temps de l’utopie (33’), un document inédit tourné en 2015. Le critique Johan Faerber rappelle que Louis Malle a longtemps été le mal-aimé du cinéma, notamment pour avoir, avec Le Souffle au coeur et Lacombe Lucien, choqué une partie de l’opinion. Au revoir les enfants, réalisé après un exil de plusieurs années aux États-Unis, fera taire les polémiques pour toujours. Jean-Claude Carrière a écrit, à partir d’une esquisse de Louis Malle, le scénario de Milou en mai, une sorte de variation sur La Cerisaie de Tchekhov avec, en toile de fond, l’ébranlement des valeurs traditionnelles par le vent de mai 1968 et cette grève qui, comme dans Zazie dans le métro, oblige à revoir tous les plans. Jean-Claude Laureux, ingénieur du son, Dominique Blanc et François Berléand rappellent quelques anecdotes et le soin apporté par Louis Malle à la préparation de tournage, dans une ambiance de vacances à la campagne.

Suit Milou en musique (13’, tourné en 1989), un passionnant échange entre Louis Malle et le compositeur de la musique originale, Stéphane Grappelli, accompagné par deux guitares et une contrebasse. On sait l’importance que le réalisateur donnait à la musique. Tous deux peaufinent l’accompagnement musical de plusieurs scènes, règlent à la seconde près le début et la fin de chaque pièce devant une projection du film, en accélérant ou ralentissant le tempo, en ajoutant ou retranchant quelques mesures. Passionnant !

Pour finir, la bande annonce.

Image - 5,0 / 5

L’image (1.66:1, 1080p, AVC), parfaitement nettoyée sans recours à un réducteur de bruit, conserve la texture argentique originelle au prix d’une certaine douceur et d’un léger fourmillement occasionnel, parfaitement acceptables.

Son - 5,0 / 5

Le son DTS-HD Master Audio 2.0 mono d’origine, exempt du moindre souffle, assure aux dialogues et à l’accompagnement musical une parfaite clarté, sans aucune saturation.

Milou en mai

Crédits images : © Gaumont

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

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Philippe Gautreau
Le 27 octobre 2015
Dans Milou en mai, un de ses derniers films, Louis Malle observe avec un humour mi-tendre, mi-caustique, les membres de toute une famille forcés à une cohabitation inhabituelle par les événements de mai 1968.

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