Le Fils de Frankenstein (1939) : le test complet du Blu-ray

Son of Frankenstein

Combo Blu-ray + DVD

Réalisé par Rowland V. Lee
Avec Basil Rathbone, Boris Karloff et Bela Lugosi

Édité par Elephant Films

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Le 08/12/2015
Critique

Le fils de Frankenstein

Wolf Frankenstein, fils du baron Frankenstein, revient avec sa femme dans la demeure familiale pour réclamer son héritage. Les villageois ne voient pas leur venue d’un bon oeil : ils se souviennent de la terreur répandue par le monstre créé par Frankenstein. Le bourgmestre remet cependant à Wolf une mallette contenant les notes de travail de son père…

Le Fils de Frankenstein fut réalisé par Roland V. Lee en 1939. Stop !

Une mise au point préalable s’impose : Frankenstein, c’est le docteur qui détient les secrets de la vie. L’aboutissement de ses recherches, c’est « la créature », ce monstre fait de pièces et de morceaux auquel il a insufflé la vie. Écartons, avant d’aller plus loin, la confusion trop souvent faite entre le créateur et sa créature.

La créatrice du créateur, ce fameux docteur Victor Frankenstein, c’est la jeune Mary Wollstonecraft Godwin Shelley, l’épouse du poète anglais. Sur une idée de Lord Byron, elle publia en 1818, à 21 ans, Frankenstein, or The Modern Prometheus, sous la forme d’un roman épistolaire. Publié à compte d’auteur, ce fut un flop, tout comme la seconde édition révisée en 1823.

« Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage » dit l’adage. Il suffisait donc d’attendre un peu plus d’un siècle et l’invention des frères Lumière pour que Frankenstein et sa créature acquièrent une rare popularité sur les écrans, grands et petits : ils sont en tête de distribution dans pas moins de 186 films, téléfilms ou séries. Battus, toutefois, d’une courte tête, par le comte Dracula et la Momie qui font, en solo, jeu égal à 200 ! Mais la course n’est pas finie : Frankenstein et Cie ont encore posé devant les caméras une bonne douzaine de fois en 2015 !

Le Fils de Frankenstein, c’est la dernière incarnation du monstre par Boris Karloff après les deux chefs-d’oeuvre de James Whale, Frankenstein en 1931 et La Fiancée de Frankenstein en 1935 qui laissa dans la mémoire des cinéphiles l’image ineffaçable d’Elsa Lanchester, au regard halluciné et à l’étrange coiffure. La totale assimilation entre le monstre et l’acteur a placé haut la barre pour ceux qui lui succéderont dans cet emploi.

Si Le Fils de Frankenstein peut envier aux deux films précédents un peu de leur poésie, il reste digne de figurer en bonne place dans les anthologies du cinéma fantastique, en particulier pour l’étrange beauté des décors et des éclairages, dans la veine de l’expressionisme allemand, ainsi que pour la beauté de la photo de George Robinson.

Et, bien sûr, pour le casting. Boris Karloff donne une parfaite interprétation de la créature, pas tant par les expressions de son visage recouvert de l’épais masque de Jack P. Pierce (le maquilleur de presque tous les monstres pendant une trentaine d’années), mais par toute son expression corporelle. Celle de Bela Lugosi dans Frankenstein rencontre le loup-garou paraît ridicule en comparaison.

En revanche, dans Le Fils de Frankenstein, Bela Lugosi, sous la bosse d’Ygor, le dévoué serviteur du baron, tient un de ses meilleurs rôles. On remarque aussi, dans le rôle du baron, Basil Rathbone, qui s’apprêtait à endosser la cape de Sherlock Holmes, et Lionel Atwill (To Be or Not to Be - Jeux dangereux) affublé d’un bras artificiel avec lequel il amuse la galerie.

Le fils de Frankenstein

Technique - 8,5 / 10

Le Fils de Frankenstein (99 min.) est gravé sur deux supports, Blu-ray (BD-25) et DVD-9. Les deux disques sont présentés dans un keep case au format DVD, glissé dans un fourreau composé par Philippe Druillet. Un beau menu animé et musical propose le film en version originale, avec sous-titres optionnels, ou dans un doublage en français, les deux au format DTS-HD Master Audio mono.

On trouve aussi, comme dans le boîtier de tous les titres de la collection Cinema Monster Club, « Les Monstres ne meurent jamais », un livret de 12 pages brossant un rapide panorama sur la production Universal de 1931 à 1948, sous la plume humoristique, mais respectueuse, de Damien Aubel, rédacteur en chef du magazine culturel Transfuge, spécialisé dans le cinéma et la littérature.

En supplément vidéo de tous les titres de la collection Cinema Monster Club parus à ce jour, Le mythe de Frankenstein par Jean-Pierre Dionnet (11’) rappelle la genèse du personnage créé par Mary Shelley (avec une petite étourderie qui a échappé à tous les regards quand il situe la seconde édition du roman en… 1923 : oops!), remonte dans le temps jusqu’à Prométhée, le titan qui fut horriblement puni pour avoir dérobé le feu de Zeus. Les « prométhéens », des écrivains anglais du début du XIXe siècle, le choisirent comme symbole de leur réaction contre tout ce qui pouvait limiter les initiatives humaines : le pouvoir, la religion, la morale. Jean-Pierre Dionnet donne un éclairage intéressant sur la représentation de Frankenstein et de sa créature sur les écrans, avec un élégant coup de chapeau à Jean Boullet, éminent docteur ès-monstres.

Suit une présentation du film par Jean-Pierre Dionnet (16’). Dans une excellente introduction à ce genre cinématographique, il resitue Le Fils de Frankenstein dans la production de cinéma fantastique de l’époque, celle des films de Tod Browning avec son Dracula et du Frankenstein de James Whale (que Jean-Pierre Dionnet, bizarrement, prononce « wall »), tous deux sortis en 1931. Il nous recommande chaudement un autre film réalisé par Roland V. Lee en 1933, Zoo in Budapest, encore inédit sur disque optique.

Pour finir, une galerie de photos, les bandes-annonces de cinq films de la collection.

L’image (1.33:1, 1080p, AVC), joliment restaurée, sert la photo et les décors du film, avec des blancs lumineux, des noirs denses, un délicat dégradé de gris et de bons contrastes. La texture argentique a été respectée, au prix d’un léger bruit vidéo. Un léger pompage, pas vraiment gênant. La restauration du son est étonnante : les parasites ont été effacés et le souffle est à peine audible. Les dialogues sont d’une exemplaire clarté et l’ouverture de spectre, notamment vers les graves, est rare pour un film de cet âge. Quelques saturations dans les aigus des passages forte.

Le fils de Frankenstein

Crédits images : © Universal Pictures

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
8,5 / 10
Avis

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Philippe Gautreau
Le 8 décembre 2015
Le Fils de Frankenstein est un des jalons du cinéma fantastique, avec Boris Karloff dans sa dernière incarnation du monstre créé par le docteur Frankenstein. Et Bela Lugosi, dans le rôle de son dévoué serviteur Ygor, fournit une de ses meilleures prestations.

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