Tout ce que le ciel permet (1955) : le test complet du Blu-ray

All That Heaven Allows

Combo Blu-ray + DVD

Réalisé par Douglas Sirk
Avec Jane Wyman, Rock Hudson et Agnes Moorehead

Édité par Elephant Films

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Le 20/06/2016
Critique

Tout ce que le ciel permet

Cary Scott est une jeune et riche veuve dont la vie est partagée entre l’ennui et les relations sociales qu’elle entretien avec les habitués huppés du Country-Club local. Elle s’est toujours refusé à trouver un nouvel amour par peur du qu’en-dira-t-on. Mais Ron Kirby, de quinze ans son cadet, un jeune pépiniériste de condition modeste et s’occupant de son jardin, va raviver des sentiments longtemps refoulés, au risque de s’attirer les foudres de ses deux grands enfants, qui viennent d’entrer à l’université, et de ses amis du Club.

Après Le Secret magnifique sorti sur les écrans français en décembre 1954, le réalisateur allemand d’origine danoise Douglas Sirk, de son vrai nom Hans Detlef Sierck (1897-1987), et son couple d’acteurs vedettes Rock Hudson - starisé grâce à Sirk et qui deviendra alors son comédien fétiche - et Jane Wyman, collaborent à nouveau l’année suivante toujours sous la houlette du studio Universal. A nouvelle histoire, nouveau décor, une plus grande liberté pour le cinéaste et un budget plus conséquent suite au grand succès du film précédent.

Le récit de Tout ce que le ciel permet se déroule cette fois-ci en Nouvelle-Angleterre, dans une petite bourgade paradisiaque, où les voitures de luxe colorées roulent au ralenti, où tout est beau et clinquant, où le gazon est fraîchement tondu. Dans une des maisons du quartier présenté durant le générique comme une carte postale qui s’anime, vit Cary, une jeune veuve de classe bourgeoise et mère de deux enfants. Après un rendez-vous manqué avec une amie invitée à déjeuner, elle demande à Ron, un jeune pépiniériste, de partager son repas avec elle. Au fil de la discussion, Cary s’éprend de son jardinier, beau et libre d’esprit. Très vite, ils deviennent amants. Seulement Cary Scott est consciente des conventions et des rumeurs de la communauté. Se marier avec un homme de condition inférieure et qui plus est plus jeune qu’elle serait mal vu par le voisinage. S’offrent alors à Cary deux possibilités : vivre pleinement son histoire d’amour en se moquant de la malveillance de son entourage ou bien y renoncer totalement, accepter de rester enfermée chez elle, face à la télévision, dans une prison dorée où se dressent les barreaux aux fenêtres.

Douglas Sirk signe un nouveau mélodrame bouleversant, au même titre que Le Secret magnifique, extraordinairement photographié en Technicolor par le chef opérateur Russell Metty. L’histoire d’amour, simple, mais sublime, est cette fois encore au centre du récit. Le couple d’amants doit faire face aux qu’en-dira-t-on, à la méchanceté des gens, aux jalousies. Douglas Sirk poursuit avec brio son exploration de l’âme humaine pervertie, gâtée, conditionnée et insensible. Rock Hudson, à mille lieues de son personnage de play-boy égocentrique du film précédent, incarne ici un sentimental, un passionné, un type qui a tout plaqué pour se contenter des choses simples de la vie. Le coup de foudre apparaît dès les cinq premières minutes du film. Le spectateur est déjà transporté.

Le réalisateur livre un plaidoyer contre l’intolérance, les préjugés, les conventions et l’étroitesse d’esprit d’une certaine société américaine. Une oeuvre magistralement mise en scène et interprétée, indispensable, qui a inspiré par la suite de nombreux cinéastes, de Rainer Werner Fassbinder à Todd Haynes avec respectivement Tous les autres s’appellent Ali et Loin du Paradis.

Accueilli froidement à sa sortie par la critique, comme la majorité des films de son auteur, Tout ce que le ciel permet est aujourd’hui unanimement considéré comme un des plus grands, beaux et émouvants films de l’histoire du cinéma. 


Tout ce que le ciel permet

Généralités - 4,5 / 5

Tout ce que le ciel permet est édité en combo par Elephant Films, avec un joli fourreau cartonné et un boîtier plastique contenant le Blu-ray et le DVD du film. Le visuel de la jaquette est vraiment très élégant, tout comme le menu principal, animé et musical. Ce titre rejoint la collection Douglas Sirk disponible chez Elephant, qui avait déjà édité les Combo Blu-ray + DVD de La Ronde de l’aube, Tempête sur la colline, Le Temps d’aimer et le temps de mourir

Bonus - 2,5 / 5

En plus d’un lot de bandes-annonces, d’une galerie de photos et des credits du disque, nous trouvons une excellente présentation de Tout ce que le ciel permet par Jean-Pierre Dionnet (17’). Producteur, scénariste, journaliste, éditeur de bande dessinée et animateur de télévision, notre interlocuteur, visiblement très inspiré et pour cause puisque Douglas Sirk est un de ses cinéastes favoris, replace ce long métrage dans la filmographie du réalisateur. Il en vient ensuite aux thèmes abordés dans Tout ce que le ciel permet, en croisant habilement le fond avec la forme. Le casting est évidemment passé au peigne fin.

Tout ce que le ciel permet

Image - 3,5 / 5

Tout ce que le ciel permet est un festival de couleurs. Le film se déroule en partie en automne puis en hiver, la palette colorimétrique passe donc de teintes dorées et orangées symbolisant les arbres de Nouvelle-Angleterre à la blancheur immaculée de la neige qui les recouvre flocon par flocon. La forme stylistique du film est ici impressionnante. Le travail sur la lumière est fondamental et Sirk s’appuie notamment sur de magnifiques clairs-obscurs et des contre-jours. Le master HD au format 1080p de Tout ce que le ciel permet s’en sort bien, même si la définition n’est pas aussi ciselée que celle de l’édition HD du Le Temps d’aimer et le temps de mourir. La restauration, visiblement ancienne, est flatteuse, bien que divers points et rayures verticales subsistent. Grâce à cette élévation HD, les couleurs retrouvent un nouvel éclat. Les contrastes et le piqué ne sont peut-être pas aussi pointus comme nous l’espérions, mais le codec AVC consolide l’ensemble avec suffisamment d’ardeur. Le grain original est respecté, malgré les séquences sombres qui s’avèrent plus grumeleuses et au contraire les visages paraissent bien trop lisses sur certaines scènes. En revanche, la stabilité est fort plaisante et certains détails, inédits, s’avèrent impressionnants.

Son - 3,5 / 5

L’éditeur met à disposition deux pistes sonores en mono 2.0. Si le doublage français d’époque est réussi, c’est au niveau de la musique et des ambiances de fond que ça coince. En effet le tout manque d’ampleur et de clarté au niveau de la composition de Frank Skinner et des effets annexes. Tout le mérite revient à la piste originale, dynamique et vivante tout du long, sans souffle, qui permet d’apprécier un excellent mixage des dialogues avec la musique.

Tout ce que le ciel permet

Crédits images : © Elephant Films

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm

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