Voici le temps des assassins (1956) : le test complet du Blu-ray

Édition Collector Blu-ray + DVD

Réalisé par Julien Duvivier
Avec Jean Gabin, Danièle Delorme et Gérard Blain

Édité par Pathé

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Le 06/06/2016
Critique

Voici le temps des assassins

À Paris, André Chatelin, un restaurateur au grand coeur, voit débarquer la fille de sa première épouse qu’il n’a pas vue depuis des années. La jeune femme se prénomme Catherine et déclare que depuis la mort de sa mère à Marseille elle n’a nulle part où aller. Bientôt, la jeune fille tente d’évincer Gérard, un sympathique étudiant sans le sou qu’André considère comme son fils. Ce n’est que le début de son projet machiavélique…

 » Je crois que nous sommes entourés de monstres comme ça. On n’a qu’à lire les journaux, c’est quelque chose d’effrayant. Je crois que nous sommes comme ça depuis vingt ans, nous sommes au temps des assassins. Nous sommes absolument entourés de monstres et je connais, moi, des jeunes filles qui sont exactement pareilles au personnage de Catherine, je crois avoir fait quelque chose de violent, mais tout à fait logique.  » Julien Duvivier

Voici le temps des assassins, titre emprunté au dernier vers du poème d’Arthur Rimbaud Matinée d’ivresse, issu de son recueil Les Illuminations, réalisé par Julien Duvivier en 1956, est un diamant noir, anthracite. Chef-d’oeuvre absolu du cinéma français des années 50, ce drame sombre et vénéneux demeure un des sommets dans les carrières respectives du cinéaste et de son acteur principal Jean Gabin. Revenu sur le devant de la scène en 1953 grâce au succès monstre de Touchez pas au Grisbi de Jacques Becker, le comédien trouve ici un des rôles qui vont alors le conforter à la première place du box-office jusqu’à la fin de sa vie.

Voici le temps des assassins

L’univers de Julien Duvivier a toujours été marqué par un pessimiste redoutable et Voici le temps des assassins enfonce le clou, d’autant plus qu’il sortait d’un échec critique et public important (Marianne de ma jeunesse) et qu’il venait de perdre sa femme. Crépusculaire, non seulement par sa splendide photo signée Armand Thirard (Les Diaboliques, Le Salaire de la peur), mais aussi par le destin des personnages, Voici le temps des assassins prend aux tripes du début à la fin. Le spectateur est entraîné malgré lui dans une spirale infernale, faite de mensonges et de manipulations. A ce titre, Danièle Delorme s’avère remarquable. Sous ses airs d’ange et avec sa voix douce, se cache en fait une redoutable jeune femme cynique, sans scrupule, sans foi ni loi, amorale, démoniaque même, bien décidée à sortir du caniveau par tous les moyens.

Dans cette septième et dernière collaboration avec Julien Duvivier, Jean Gabin est sublime dans le rôle de la victime, pantin malgré lui d’une jeune femme frêle qui pourrait être sa fille - d’ailleurs l’histoire ne le dit pas, mais il se pourrait très bien que ça soit le cas - qui va s’incruster dans sa vie jusqu’à se faire passer la bague au doigt et faire répudier Gérard le fils «  d’adoption  » (Gérard Blain), qu’André avait pris sous son aile. Fille de son ex-femme, Catherine, 20 ans, débarque de Marseille dans le restaurant réputé du quartier des Halles d’André Chatelin (Gabin) pour lui annoncer la mort de la femme qu’il a quittée vingt ans auparavant. Sans ressource, Catherine est alors hébergée par André, sensible au charme de la demoiselle. Mais la mère d’André prévient ce dernier que les chats ne font pas des chiens et que Catherine est sûrement comme l’était sa mère avec qui elle ne s’était jamais entendue. André ne veut rien entendre et épouse Catherine malgré les avertissements de son entourage. Et ce n’est qu’un début, car Voici le temps des assassins distille ses effets avec un sens inouï du suspense. La virtuosité narrative laisse pantois, tandis que l’étau ne cesse de se refermer autour des personnages, jusqu’à une séquence violente et inattendue où l’un des personnages principaux est froidement assassiné. Une séquence qui fait littéralement froid dans le dos.

Chef-d’oeuvre absolu, étouffant et machiavélique, qui n’a rien à envier aux Diaboliques de Clouzot, parfois empreint d’une dimension documentaire avec les images du Paris de l’époque et notamment dans le ventre grouillant et nocturne des Halles, Voici le temps des assassins laisse pantois d’admiration. 


Voici le temps des assassins

Généralités - 5,0 / 5

Le Blu-ray et le DVD de Voici le temps des assassins reposent dans un superbe Digipack dans la collection Version restaurée par Pathé, glissé dans un fourreau cartonné du plus bel effet. Le menu principal est très élégant, animé et musical.

Bonus - 2,0 / 5

Cette édition propose un documentaire intitulé Filmer la noirceur, l’histoire de Voici le temps des assassins (18’), composé d’entretiens avec Eric Bonnefille (auteur de Julien Duvivier - Le mal aimant du cinéma français) et Hubert Niogret (auteur de Julien Duvivier - 50 ans de cinéma). Réalisé par Jérôme Wybon, ce petit documentaire compile les propos des intervenants sur un rythme soutenu. Voici le temps des assassins est replacé dans la carrière de Julien Duvivier, le casting est passé au peigne fin.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce restaurée.

Voici le temps des assassins

Image - 4,5 / 5

Force est de constater que nous n’avions jamais vu Voici le temps des assassins dans de telles conditions. Les contrastes affichent d’emblée une densité inédite, les noirs sont profonds, la palette de gris riche et les blancs lumineux. Seul le générique apparaît peut-être moins aiguisé, mais le reste affiche une stabilité exemplaire ! Les arrière-plans sont bien gérés, le grain original est respecté, le piqué est souvent dingue et les détails regorgent sur les visages des comédiens.

Avec tout ça, on oublierait presque de parler de la restauration 2K du film effectuée par les laboratoires Eclair à partir du négatif image nitrate. Celle-ci se révèle extraordinaire, aucune scorie n’a survécu au scalpel numérique, l’encodage AVC consolide l’ensemble avec brio du début à la fin, les séquences nocturnes (quasiment tout le film en fait) sont d’une profondeur jamais démentie, le relief des matières palpable. La photo du chef opérateur Armand Thirard n’a jamais été aussi resplendissante et le cadre au format respecté, brille de mille feux. Ce master très élégant permet de redécouvrir ce très grand classique dans une qualité technique admirable.

Son - 4,0 / 5

Egalement restaurée (par L.E. Diapason) à partir d’un négatif son optique, la piste DTS-HD Master Audio Mono instaure un haut confort acoustique avec des dialogues percutants et une très belle restitution des effets annexes. Aucun souffle sporadique ni aucune saturation ne sont à déplorer.

L’éditeur joint également les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant.

Voici le temps des assassins

Crédits images : © Pathé

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm
Note du disque
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Franck Brissard
Le 7 juin 2016
Chef-d’oeuvre absolu, étouffant et machiavélique, qui n’a rien à envier aux Diaboliques de Clouzot, parfois empreint d’une dimension documentaire avec les images du Paris de l’époque et notamment dans le ventre grouillant et nocturne des Halles, Voici le temps des assassins de Julien Duvivier laisse pantois d’admiration. 


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