Le Corps de mon ennemi (1975) : le test complet du Blu-ray

Réalisé par Henri Verneuil
Avec Jean-Paul Belmondo, Bernard Blier et Marie-France Pisier

Édité par Studiocanal

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Le 19/09/2016
Critique

Le Corps de mon ennemi

Après avoir purgé une peine de sept ans de réclusion pour un double meurtre qu’il n’a pas commis, François Leclercq revient dans sa ville, Cournai, dans la région de Lille. Il veut tirer au clair cette sombre affaire et connaître ceux qui ont tiré les ficelles de la machination dont il se sait victime. Il se rappelle sa fulgurante ascension sociale dans une ville entièrement dédiée à l’industrie textile, jusqu’au crime qui le mena devant les assises.

Cerito Films présente. Après La Française et l’Amour (sketch L’Adultère) en 1960, Un Singe en hiver (1962), Cent mille dollars au soleil (1964), Week-end à Zuydcoote (1964), Le Casse (1971) et Peur sur la ville (1975), Henri Verneuil et Jean-Paul Belmondo se retrouvent pour leur septième film, Le Corps de mon ennemi. Cette oeuvre psychologique et thriller politique a rebuté les spectateurs à sa sortie en octobre puisque le film n’aura attiré «  que  » 1,8 million de spectateurs, dont 500.000 entrées sur Paris pendant 13 semaines, loin des grands succès commerciaux précédents du tandem. Il faut dire que Le Corps de mon ennemi ne repose en aucun cas sur les séquences d’action ou de cascades. C’est un film qui met mal à l’aise, mais qui est souvent et injustement mal aimé. Pourtant, Le Corps de mon ennemi est un beau film, sombre, profondément mélancolique, animé d’une colère sourde et porté par de superbes dialogues de Michel Audiard, qui a également participé au scénario aux côtés d’Henri Verneuil et de l’académicien Félicien Marceau, inspiré du roman de ce dernier, dont les droits avaient été achetés par le cinéaste dès sa publication en 1976.

L’adaptation posait un problème majeur, celui des flashbacks et donc de faire apparaître les personnages plus jeunes de 10 ans. Plutôt que de grimer les comédiens, ce qui ne réjouissait guère Henri Verneuil, le réalisateur et Michel Audiard ont trouvé l’astuce afin de ne pas avoir recours aux mauvaises prothèses, grâce à une réplique de Jean-Paul Belmondo, peut-être la plus belle du film : «  C’est étrange. Je me souviens des cygnes sur l’étang, de la pelouse en pente, de l’ombre humide du grand saule, de tout, sauf de moi. Je n’avais forcément pas cette tête-là puisque c’était il y a douze ans. Mais dans ce bric-à-brac de la mémoire, chaque fois que l’on essaie de se souvenir du jeune homme que l’on était, on se revoit avec la tête de l’homme d’aujourd’hui  ». Un subterfuge quasi-poétique qui a ainsi permis aux acteurs de pouvoir tourner les scènes du passé sans tricherie en latex.

Le Corps de mon ennemi

Le Corps de mon ennemi est une histoire-puzzle où les éléments et les temps s’imbriquent et s’opposent dans un scénario solide comme un roc. L’empathie est difficile, l’histoire est inconfortable avec une vraie charge contre la bourgeoisie de province, les arrivistes et les nantis, d’autant plus que Jean-Paul Belmondo demeure droit comme un i, d’une épatante sobriété, froid. Son personnage, même s’il n’est pas épargné, s’avère ambitieux et revanchard, désireux de sortir de sa condition sociale et n’hésite pas pour cela à s’acoquiner avec l’adversaire de son père dans une course aux élections. Sa chute sera très dure et remplie de désillusions. Le comédien-producteur est excellemment épaulé, notamment par le talent et la beauté de Marie-France Pisier et de Nicole Garcia, sans oublier les participations de Bernard Blier, sournois à souhait dans le rôle du baron du textile d’une petite ville du Nord, ainsi que les célèbres et indispensables seconds rôles, Michel Beaune, Claude Brosset, Charles Gérard, Daniel Ivernel, François Perrot et Bernard-Pierre Donnadieu dans le rôle d’un truand blond peroxydé qui se prend un coup de tête par Bébel.

Au final, si Le Corps de mon ennemi demeure malaisant et sans doute trop long, il n’en est pas moins très réussi, dense, intelligent dans son propos et élégamment réalisé par Henri Verneuil, qui parvient à trouver le parfait équilibre entre oeuvre engagée et populaire, qu’on a de cesse de redécouvrir. Enfin, n’oublions pas la partition de Francis Lai qui demeure dans toutes les mémoires, d’autant plus quand on se souvient de la dernière séquence du film, particulièrement glaçante, avec la citation de William Blake « Au matin je vis avec joie, mon ennemi gisant sous l’arbre ».

Le Corps de mon ennemi

Technique - 6,5 / 10

La jaquette, glissée dans un boîtier classique de couleur bleue, reprend le célèbre visuel de l’affiche originale. Dès l’insertion du disque, sélectionnez le menu principal - fixe et muet - en langue française ou allemande.

Si vous avez naturellement choisi le menu français, aucun supplément n’est proposé. En revanche, sur le menu allemand, la bande-annonce du Corps de mon ennemi - Der Körper meines Feindes - est disponible en allemand et a comme particularité d’être composée de quelques images de tournage des précédentes collaborations Verneuil/Belmondo.

L’élévation HD pour Le Corps de mon ennemi est aussi frappante que pour le très beau Blu-ray de Peur sur la ville. Fort d’un master au format respecté et d’une compression AVC qui consolide l’ensemble, ce Blu-ray en met plein les yeux dès les premiers plans. La restauration est étincelante, les contrastes denses, la copie est propre et lumineuse. Les détails étonnent souvent par leur précision, les gros plans sont détaillés à souhait, les couleurs retrouvent un éclat indéniable, le relief des séquences diurnes est inédit et le piqué est acéré. N’oublions pas le grain également respecté.

Le mixage français DTS-HD Master Audio Mono 2.0 instaure un confort acoustique total. Les dialogues sont ici délivrés avec ardeur et clarté, la propreté est de mise, les effets riches et les silences denses, sans aucun souffle. La composition du mythique Francis Lai jouit d’un très bel écrin. Mauvais point en revanche pour l’absence de sous-titres français destinés au public sourd et malentendant, tout comme celle d’une piste Audiodescription qui manque à l’appel. Signalons que les sous-titres allemands sont disponibles.

Le Corps de mon ennemi

Crédits images : © StudioCanal

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm

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