Frantz (2016) : le test complet du Blu-ray

Réalisé par François Ozon
Avec Pierre Niney, Paula Beer et Ernst Stötzner

Édité par France Télévisions Distribution

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Le 07/02/2017
Critique

Frantz

Quedlinburg, une petite ville de Saxe-Anhalt, en 1919. Anna est surprise de trouver des fleurs sur la tombe de Frantz, son fiancé porté disparu en France. Elle apprend que les fleurs ont été déposées par un jeune Français, Adrien, qui se présente comme un ami de Frantz dont il a fait la connaissance à Paris, avant la guerre…

Frantz, le seizième long métrage de François Ozon depuis Sitcom (1998), est une adaptation assez libre de L’Homme que j’ai tué, pièce écrite en 1930 par Maurice Rostand (le fils d’Edmond Rostand et de Rosemonde Gérard), précédemment transposé à l’écran par Ernst Lubitsch en 1932 sous le titre Broken Lullaby (introuvable en France, mais édité aux USA par Universal).

Le récit, énigmatique, dans lequel il est difficile de séparer la réalité des faux-semblants, entretient un secret, à tout le moins un doute, qui constitue le puissant ressort dramatique de la première moitié du film. En toile de fond, un aperçu sur le nationalisme allemand, exacerbé par la défaite et l’humiliation imposée aux vaincus, auquel fait écho le nationalisme français qu’Anna découvrira en passant la frontière.

Frantz

L’ambiguïté du personnage d’Adrien (au lieu de la sienne, il voit dans un miroir l’image de Frantz) est un point-clé du scénario. On le sent rongé par la culpabilité, poussé par le besoin de confesser un douloureux secret, progressivement dominé par un besoin encore plus fort, celui de reconstruire un passé différent de celui qu’il a vécu. Cette ambiguïté gagne aussi Anna dans la seconde moitié du film.

L’idée du suicide, symbolisée par plusieurs références au tableau d’Édouard Manet, Le Suicidé, s’impose avec force, puis, dans une sorte de confusion des sentiments, semble s’estomper avec la montée progressive d’un érotisme sous-jacent, que pas même un effleurement des corps n’exprime, uniquement révélé par des regards furtifs, presque évités.

Frantz révèle, une fois de plus, l’attachement de François Ozon à une écriture classique, à la beauté de l’image, ici en noir et blanc, avec quelques délicats glissements vers une palette de couleurs adoucies accompagnant l’évocation de moments d’apaisement, réels ou imaginaires.

En contrepoint du récit (Adrien et Frantz tous deux violonistes), la musique, très présente, est composée par Philippe Rombi qui interprète aussi au piano deux pages classiques, un nocturne de Chopin et Nuits d’étoiles de Claude Debussy.

Mais Frantz doit aussi beaucoup à sa distribution. Difficile de ne pas succomber au charme de Paula Beer et, surtout, de ne pas admirer la fraîcheur naturelle de son jeu. On n’aura rarement été à ce point ému par les pleurs d’une actrice ! En face d’elle, en fort contraste, le jeu très (trop ?) contrôlé de Pierre Niney, en bonne harmonie toutefois avec le personnage de dandy tourmenté qu’il incarne.

Un mélodrame touchant, traité avec beaucoup de retenue.

Frantz

Technique - 7,5 / 10

Frantz (113 minutes) et ses légers bonus tiennent sur un Blu-ray double-couche logé dans un boîtier standard, non fourni pour le test, effectué sur un check disc. Le menu, animé par quelques scènes du film sur un solo de violon, propose la seule version originale, principalement en allemand avec quelques dialogues en français, dans deux formats, DTS-HD Master Audio 5.1 et 2.0. Les sous-titres, regrettablement incrustés dans l’image, auraient été mieux placés dans la bande noire.

Piste d’audiodescription (Dolby Digital Surround 2.0) et sous-titres pour malentendants.

En supplément, Essais de costumes et de lumière (4’), une suite de courtes prises, sans dialogues. Puis, un bon lot de scènes coupées (12’) et des projets d’affiches, au nombre de 49, pas une de moins ! Enfin, Frantz à la Mostra de Venise (6’) montre l’équipe du film sous les flashes, sur le tapis rouge et sur la scène après la projection et se termine par la remise du Prix Marcello Mastroianni de la meilleure jeune actrice à Paula Beer, très émue lors de ses remerciements en anglais. On reste sur sa faim.

Frantz

L’image (2.35:1, 1080p, AVC) avec des blancs lumineux, des noirs denses, des contrastes fermes et une agréable texture, donne le meilleur du noir et blanc. À noter la subtilité des passages à la couleur, dans des teintes délicatement désaturées.

Le son (DTS-HD Master Audio 5.1 ou 2.0, au choix), fin et naturel, profite d’une bonne dynamique et d’une exceptionnelle clarté avec, pour la version multicanal, une discrète impression d’immersion. Bon équilibre entre dialogues et accompagnement musical.

Frantz

Crédits images : © Mandarin Films, X-Filme Creative Pool, FOZ, Mars Films, France 2 Cinéma, Films Distribution

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm

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