La Région sauvage : le test complet du Blu-ray

La región salvaje

2016. Réalisé par Amat Escalante
Avec Ruth Ramos, Simone Bucio et Jesús Meza

Édité par Le Pacte

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Le 11/05/2018
Critique

La Région sauvage

Dans une petite ville du Mexique, Alejandra, mère de deux jeunes enfants, désenchantée par la banalité de sa vie, le sexe sans plaisir avec un mari brutal, Ángel, qui la trompe avec son frère Fabián, décide de suivre Verónica jusqu’à une cabane isolée, à la lisière d’un bois, là où deux chercheurs étudient le comportement d’une mystérieuse créature, capable d’apporter un plaisir d’une intensité inimaginable…

La Région sauvage (La Región salvaje) est le quatrième long-métrage d’Amat Escalante, un des chefs de file, avec Carlos Reygadas, d’un cinéma mexicain indépendant et différent, dont le talent avait été révélé, dès son premier film, Sangre, sorti en 2005, dans lequel le sexe était déjà le thème central.

La Région sauvage, c’est son indiscutable mérite, ne ressemble à aucun autre film. Ceux qui se risqueraient à y voir une variation sur le thème du Possession d’Andrzej Zulawski remettront assez vite l’idée dans leur poche.

- Comment est-il ? - Je ne sais pas si c’est « il » ou « elle »

D’où vient cette créature au sexe indéterminé, à la tête aux faux airs de celle du passager clandestin du vaisseau spatial Nostromo de l’anthologie Alien, pourvue de tentacules phalliques déclenchant chez celles (et ceux) qui se laissent caresser et pénétrer des orgasmes telluriques, si addictifs qu’ils reviennent, déniant les dangers encourus ? D’un autre monde, sans doute, comme le suggère la météorite qui remplit l’écran dans la première séquence.

La Région sauvage

Coïto ergo sum

Réalité ou allégorie ? À chacun d’apporter sa réponse, voire de refuser de choisir. Quoiqu’il en soit, dans cette histoire réelle ou dans cette parabole, l’irrésistible attraction du désir peut avoir des effets opposés. Un effet libérateur, ouvrant la porte vers un univers de délices inespérées, mais aussi, selon l’association classique de l’extase et de la mort, un effet destructeur.

La Région sauvage a divisé la critique, donc trouvé ses partisans, notamment à Venise, où il a valu à Amat Escalante le Lion d’argent du meilleur réalisateur en 2016. Il a réussi à rassembler de réels talents : pour la photo, Manuel Alberto Claro (Melancholia, Nymphomaniac I et II), pour les effets visuels, le Danois Morten Jacobson, le créateur du monstre, que Lars von Trier a utilisé à six reprises, notamment pour Antichrist. Il faut ajouter l’accompagnement musical, un puissant évocateur de la créature, d’un nouveau venu dans l’univers du cinéma, le Norvégien Guro Moe.

La Région sauvage

Généralités - 3,5 / 5

La Région sauvage (94 minutes) et ses suppléments (75 minutes) tiennent sur un Blu-ray BD-50 logé dans un boîtier non fourni pour le test, effectué sur check disc.

Le menu animé et musical propose le film dans sa version originale, aux formats DTS-HD Master Audio 5.1 ou 2.0 stéréo, avec sous-titres imposés, placés un peu trop haut sur l’image.

Sort simultanément une édition DVD avec le même contenu.

Bonus - 3,5 / 5

Le tournage du film (62’). Ce long documentaire nous permet d’assister au travail d’Amat Escalante, à la construction de la cabane, à la lecture du scénario et des dialogues avec les acteurs, aux répétitions, à plusieurs prises d’un même plan, au tournage de la belle séquence où Verónica s’éloigne dans la brume… L’évocation par les acteurs de leur courte carrière et de leurs impressions sur le film n’offre que peu d’intérêt. Le clou de ce supplément est la préparation du tournage de la délicate scène d’amour d’Alejandra avec la créature.

Entretien avec Amat Escalante (11’). L’idée du film lui est venue à la vue, dans un journal, de la photo d’un noyé, apparemment homosexuel, employé dans un hôpital. Le réalisateur est interrogé sur les effets visuels qui, selon lui, doivent laisser un espace à l’imagination du spectateur, sur le montage, auquel a contribué Gaspar Noé, sur l’importance de la recherche des acteurs, effectuée dans plusieurs régions du Mexique, sur la bande-son dont une des fonctions est de relier les différentes parties du récit. C’est le premier de ses films dans lequel apparaît le fantastique qui n’est qu’un moyen de montrer ce que ressentent les personnages.

Pour finir, la bande-annonce.

La Région sauvage

Image - 5,0 / 5

L’image (1.66:1, 1080p, AVC), finement résolue, lumineuse, avec une palette de couleurs naturelles, agréablement contrastées, assure une parfaite lisibilité dans toutes les conditions d’éclairage.

Son - 4,0 / 5

Le son DTS-HD Master Audio 5.1 (avec une option DTS-HD MA 2.0 stéréo), avec un spectre ouvert et une bonne dynamique, restitue clairement les dialogues (très occasionnellement légèrement étouffés), dans un bon équilibre avec l’accompagnement musical et les effets sonores. L’utilisation des voies surround crée une sensation d’immersion qui peut, parfois, manquer de cohérence.

La Région sauvage

Crédits images :

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

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Philippe Gautreau
Le 11 mai 2018
La Région sauvage a divisé la critique, donc trouvé ses partisans, notamment à Venise, où il a valu à Amat Escalante le Lion d’argent du meilleur réalisateur en 2016. Une parabole sur l’irrésistible attraction du désir et ses dangers, un film inclassable, une curiosité.

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Multimédia
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La Région sauvage
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