The Deuce - Saison 1 : le test complet du Blu-ray

2017. Réalisé par Michelle MacLaren
Avec James Franco, Maggie Gyllenhaal et Gbenga Akinnagbe

Édité par HBO

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Le 27/02/2018
Critique

The Deuce - Saison 1

Times Square, au début des années 70, est le haut lieu de la prostitution à Manhattan. Vincent « Vinnie » Martino y vit de petits boulots, sous la menace de devoir répondre des dettes de jeu de son frère jumeau Frankie. Les prostituées sont sous la coupe de proxénètes, sauf Candy, farouchement déterminée à rester à son compte. Le développement du cinéma pornographique, l’ouverture par la mafia de maisons closes (massage parlors) et la libération des moeurs vont bouleverser les équilibres…

Naughty, gaudy, bawdy, sporty, Forty-second Street!

Une des lignes de l’inusable comédie musicale 42nd Street (elle fut encore à l’affiche du Théâtre du Châtelet du 17 novembre 2016 au 8 janvier 2017, juste avant sa fermeture pour travaux) rappelle la réputation sulfureuse de la 42e Rue, surnommée The Deuce (le diable, esprit du mal), à trois « blocks » de Times Square, la place formée par l’intersection de Broadway et de la 7e Avenue.

The Deuce est la nouvelle série créée, en association avec George Pelecanos, par David Simon, l’auteur d’une suite ininterrompue de réussites. On lui doit, en effet, la minisérie Show Me a Hero (2015), Treme (2010, 4 saisons), la minisérie Generation Kill (2008), Homicide: Life on the Street (1993, 7 saisons, jamais éditée en France) et Sur écoute (The Wire, 2002, 5 saisons) qui reste, pour moi, la meilleure série policière jamais réalisée. George Pelecanos participa à l’écriture et à la production de Sur écoute et de Treme, mais aussi de la série The Pacific.

The Deuce, série très noire, recrée l’ambiance chaude de Times Square, avec de gros moyens. Le quartier ayant trop changé en près de cinquante ans, c’est à Washington Heights, sur Amsterdam Avenue, qu’ont été reconstitués les fameux marquees surplombant les trottoirs à l’entrée des music-halls et des cinémas sur lesquels s’affichent les titres des films projetés à l’époque, Dernier tango à Paris, Deep Throat et Boys in the Sand, le premier long métrage gay en projection publique…

The Deuce - Saison 1

30 for the date, 10 for the room

Très noire, The Deuce montre le sexe bon marché, à 30 dollars la passe et 10 dollars pour la chambre, une affaire expédiée au plus vite, souvent brutale, toujours sordide, dans des chambres défraîchies accessibles par des escaliers lépreux.

Les protagonistes sont à l’avenant, proxénètes violents traitant leurs protégées pire que du bétail, taillant au rasoir celle qui ose quitter le trottoir pour ne pas rester sous une averse, flics pourris rackettant les bars et les massage parlors en échange de leur « protection », mafieux rouant de coups les ouvriers d’un chantier qui osent demander le paiement du salaire contractuel…

The Deuce ne fait pas dans la dentelle : elle donne du marché du sexe, de la prostitution dans la rue ou dans les maisons, du tournage des films pornos, une image réaliste, un peu à la manière d’un documentaire qui forme la toile de fond de l’histoire, ou plutôt des histoires, celles d’une quinzaine de personnages qu’elle met en scène : Vinnie, Frankie, Candy, Abby l’étudiante en rupture de ban… et les autres, des prostituées et leurs macs, un mafioso et ses sbires, deux flics assignés à des patrouilles dans le quartier…

Plus de 70 seconds rôles autour des acteurs principaux qui forment un beau plateau. James Franco, en tête de distribution, fait parfaitement ressortir les traits de caractère, bien différents, de Vinnie et Frankie, les jumeaux qu’il interprète à lui seul. Révélé à 20 ans par Freaks & Geeks de Paul Feig (une série sur l’adolescence qui aurait eu mille raisons d’être distribuée en France), il est apparu depuis dans plusieurs films ou séries chaque année, récemment dans 127 heures (2010) et dans la minisérie 22.11.63 (11.22.63, 2016). Sa carrière sera-t-elle affectée par de toutes récentes rumeurs sur un comportement « inapproprié » envers des femmes ? Wait and see…

The Deuce - Saison 1

The Deuce met aussi sur le devant de la scène Maggie Gyllenhaal qui a fait bien du chemin depuis sa première apparition, à 15 ans, dans Waterland, un film réalisé en 1992 par son père, Stephen Gyllenhaal, dans lequel une autre jeune actrice débutait à 19 ans, Lena Heady. On retrouve aussi dans la série des visages familiers, comme celui de Chris Bauer, l’Andy Bellefleur de True Blood, le Frank Sobotka de Sur écoute (The Wire) et le Fred Yokas de New York 911 (Third Watch), et aussi Margarita Levieva (The Blacklist), Gbenga Akinnagbe (The Following), Gary Carr (Meurtres au Paradis), Emily Meade (The Leftovers), Natalie Paul (Show Me a Hero)…

The Deuce peint un tableau sans complaisance des milieux interlopes du Manhattan dans les dernières années fastes des trente glorieuses, l’envers du décor où se pratiquait, au vu et au su de tous, un esclavage éhonté, où la drogue faisait des ravages, où la mafia s’était bâti des empires commerciaux, où la corruption avait contaminé certains policiers. Le rêve américain… de l’autre côté du miroir.

The Deuce - Saison 1

Généralités - 3,0 / 5

The Deuce, saison 1 (8 épisodes d’une durée cumulée de 507 minutes, soit 43 minutes de plus que la durée mentionnée sur la jaquette !) tient, avec ses suppléments (25 minutes) sur 3 Blu-ray (BD-50) logés dans un boîtier de 11 mm, glissé dans un étui.

Le menu fixe et musical propose la série dans sa version originale au format DTS-HD Master Audio 5.1 et dans un doublage en quatre langues, dont le français au format DTS Digital Surround 5.1.

Sous-titres dans 10 langues, dont le français (et l’anglais pour malentendants).

Bonus - 2,5 / 5

Commentaires du pilote et de l’épisode 8. Assez intéressants, particulièrement quant aux informations qu’ils donnent sur la réalité du New York des années 70, ces commentaires, faute d’être sous-titrés, ne toucheront qu’un étroit public.

Dans les coulisses des épisodes (15’). On nous explique pourquoi Times Square a dû être simulé à Washington Heights où ont été fabriquées les façades des boutiques, les entrées de cinéma… Les proxénètes, pour soigner leur apparence, dépensaient une grande partie de leurs revenus, assez maigres, en vêtements et voitures extravagantes. Les auteurs ont porté une grande attention au réalisme de la série, dans le choix des costumes, l’écriture des dialogues, la description des enjeux, notamment avec le transfert des revenus de la vente du sexe de la rue vers les massage parlors, au détriment des souteneurs et au profit du crime organisé. Ils soulignent la dimension politique des films pornographiques gays par une contribution à banaliser l’homosexualité…

The Wild West : New York au début des années 70 (12’). David Simon et des acteurs (dont beaucoup n’étaient pas encore nés à l’époque) évoquent la dangerosité et la saleté du quartier du vice, une zone de non-droit, dirait-on aujourd’hui, où la prostitution, bien qu’illégale, était « réglementée » : la police n’embarquait pas dans ses fourgons les filles qui pouvaient montrer un certificat d’arrestation datant de moins de 48 heures ! Des temps où un changement radical de la définition de l’obscénité faisait, au détriment des proxénètes, les affaires de la mafia qui avait financé Deep Throat, une poule aux oeufs d’or.

The Deuce in focus (8’). Michelle MacLaren, réalisatrice du premier et du dernier épisode, souligne l’évolution des personnages et James Franco, réalisateur des épisodes 3 et 7, évoque l’aide des nombreux consultants, pour la police, la mafia, la pornographie… Roxann Dawson, livre ses impressions sur le tournage d’un film porno dans l’épisode 6 qu’elle a dirigé.

The Deuce - Saison 1

Image - 4,5 / 5

L’image (1.78:1, 1080p, AVC) est précise, avec une étonnante profondeur de champ dans les nombreuses scènes nocturnes. Les couleurs sont agréablement saturées, avec une dominante bistre dans la plupart des scènes d’intérieur, particulièrement celles tournées dans le High Hat, le bar dirigé par Vinnie. Bons contrastes avec des noirs denses.

Son - 4,0 / 5

Le son DTS-HD Master Audio 5.1 de la version originale, avec une excellente dynamique, un spectre largement ouvert, une bonne utilisation des cinq voies, réussit à créer une convaincante impression d’immersion dans l’ambiance, notamment dans celle de la rue. Les dialogues souffrent occasionnellement d’un léger excès de réverbération.

Le doublage en français, au format DTS Digital Surround 5.1, s’il s’en sort assez bien techniquement, est artistiquement assez terne et peu naturel.

The Deuce - Saison 1

Crédits images : © HBO 2016

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

Moyenne

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5
1
4
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Philippe Gautreau
Le 27 février 2018
The Deuce, c’est la dernière réussite de David Simon. Créateur surdoué de séries (Sur écoute, Treme…), il nous invite dans l’ambiance chaude du Times Square des années 70, reconstitué avec de gros moyens, pour nous exposer sans pudeur les dessous du commerce de la prostitution et de la pornographie que se disputent les proxénètes et le crime organisé. Une nouvelle série HBO bien noire, à ne pas manquer !

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