Pour toi j'ai tué (1949) : le test complet du Blu-ray

Criss Cross

Combo Blu-ray + DVD

Réalisé par Robert Siodmak
Avec Burt Lancaster, Yvonne De Carlo et Dan Duryea

Édité par Elephant Films

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Le 07/05/2018
Critique

Pour toi j'ai tué

Los Angeles, USA 1948 : Steve Thompson revient chez lui, après avoir tenté d’oublier son ex-femme Anna sans y parvenir. Il devient convoyeur de fond. Anna épouse Dundee, un chef de gang. Elle semble pourtant toujours amoureuse de Steve. En dépit des avertissements de son ami policier Martinez, Steve s’engage dans une nouvelle mais trouble et dangereuse relation avec Anna, surveillée par le gang. Alors que le couple est découvert, Steve joue sa dernière carte pour sauver la vie d’Anna et, éventuellement, la reconquérir définitivement : il propose à Dundee de lui faciliter le braquage de son propre fourgon blindé et de partager l’argent.

Pour toi j’ai tué (Criss Cross) (USA 1948) de Robert Siodmak est par lui-même un remarquable film noir policier qui souffre néanmoins du fait d’avoir été tourné deux ans après Les Tueurs (Ernest Hemingway’s The Killers) (USA 1946) du même Robert Siodmak car un certain nombre d’idées sont transposées, habilement mais sans originalité, de l’un dans l’autre titre : le héros joué par Burt Lancaster est à nouveau amoureux fou d’une femme fatale ambivalente (jouée ici par Yvonne de Carlo, là par Ava Gardner), à nouveau son rival est un chef de gang, à nouveau un policier est son ami avant de devenir son « ennemi » objectif. Même la structure temporelle « présent /passé / retour au présent » du scénario de 1946 est réutilisée, mais d’une manière bien plus simple et bien moins complexe mais aussi moins ample qu’en 1946.

Pour toi j'ai tué

Pourtant Siodmak parvient à renouveler la donne aux moyens de belles idées plastiques de mise en scène, dès le somptueux générique d’ouverture où la menace est matérialisée par la musique composée (comme en 1946) par Miklos Rozsa. On n’oublie pas Steve fasciné par Anna qu’il retrouve enfin, dansant une érotique « rumba » sans qu’elle l’ait encore aperçue : la musique et le montage confèrent à la scène une fatalité inexorable. On n’oublie pas non plus le fourgon blindé filmé en plongée et en travelling continu mais brusquement décadré alors qu’il se rapproche de l’embuscade qu’on lui tend. Embuscade dont les éléments et pour ainsi dire la géométrie sont révélés en quelques plans précis, à la fois au héros et au spectateur dont les visions sont alors identifiées en caméra subjective. Siomak la renouvelle aussi en raison de son sadisme et de sa violence. Une terrible menace pèse ainsi sur le héros blessé qui comprend que des meurtriers doivent venir l’achever sur son lit d’hôpital; il tente alors d’y échapper : c’est l’inverse psychologique de l’idée d’ouverture de 1946 mais l’effet oscille identiquement entre angoisse et terreur. Siodmak la renouvelle enfin en raison d’une certaine démesure surréaliste à laquelle contribue souvent son casting : l’acteur Dan Duryea, un des meilleurs du genre, est extraordinaire.

Bref, un classique du film noir américain qui mérite amplement d’être (re)découvert. C’était d’ailleurs bien l’avis d’Hollywood et de Universal puisque À fleur de peau (The Underneath) (USA 1994) de Steven Soderbergh, en constitue un remake-variation.

Pour toi j'ai tué

Généralités - 3,0 / 5

Edition Elephant, collection Cinema Master Class, 1 combo BRD + 1 DVD, le 06 février 2018.

Image N&B au format 1.37 compatible 16/9 région B encodé en 1080p. Son VF, VO et VOSTF à la norme DTS HD Master audio 2.0. Durée du film : 88 min. sur BRD, 84 min. sur DVD. Suppléments : présentation par Eddy Moine (15 min. environ), film-annonce (VOSTF), galerie photos. Seul le BRD a été testé.

Bonus - 2,5 / 5

Elle consiste en une présentation (environ 15 min.) historique et critique (bien illustrée) par Eddy Moine qui situe correctement le titre dans le genre, dans la filmographie de Siodmak, de ses interprètes et de certains de ses collaborateurs techniques. Sans oublier quelques documents d’histoire du cinéma qui sont, eux, de première main : la bande-annonce originale (VOSTF, 2,30 min. environ, format 1.37 N&B, état argentique médiocre) et une galerie photos de plateau N&B. Cette dernière est belle mais quantitativement un peu trop maigre à mon goût : Universal aurait pu au moins fournir à Elephant le jeu complet des 8 lobby-cards originales colorisées. Les photos sont numérisées en trop petite taille aussi. Elephant a fait beaucoup mieux dans ce domaine avec certains BRD de sa collection Hammer films provenant du catalogue Universal.

Pour toi j'ai tué

Image - 4,0 / 5

Restauration Full HD 1080p au format original 1.37 N&B compatible 16/9. Copie chimique bien restaurée même si quelques rares poussières positives ou négatives subsistent sur certains plans. La définition est excellente, les niveaux de noir sont bien étalonnés. C’est dorénavant l’édition de référence Full HD de ce titre chez nous.

Son - 4,0 / 5

VO, VOSTF DTS HD Master audio mono 1.0 : offre nécessaire et suffisante pour le cinéphile francophone. Une question : existait-il une VF d’époque ? En attendant la réponse, j’en profite pour préciser que les graphies « Pour toi, j’ai tué… » du titre français d’exploitation sont incorrectes : les affiches d’époque ne contiennent ni virgule ni trois petits points finaux.

Pour toi j'ai tué

Crédits images : © Elephant

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Panasonic FullHD
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Sony
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p
Note du disque
Avis
Multimédia
Pour toi j'ai tué
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