Les Ruelles du malheur (1949) : le test complet du Blu-ray

Knock on Any Door

Combo Blu-ray + DVD

Réalisé par Nicholas Ray
Avec Humphrey Bogart, John Derek et George Macready

Édité par Sidonis Calysta

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Le 06/04/2018
Critique

Les Ruelles du malheur

Accusé du meurtre d’un policier, Nick Romano, jeune délinquant qui est né et a vécu dans le quartier interlope de Skid Row, est défendu par l’avocat Andrew Morton, originaire du même quartier. L’histoire de Nick est une longue suite de vols et de délits. Après une enfance malheureuse (son père est mort en prison), de mauvaises fréquentations ont fait de lui un voyou. Morton le suit, même s’il n’est pas toujours là pour le défendre. Un temps, Nick « se range ». Il se marie avec Emma, exerce plusieurs emplois. Emma lui annonce qu’elle est enceinte. Mais ce bonheur est de courte durée : trop faible pour lutter, Nick retombe dans l’ornière. Il commet à nouveau des vols. « Vivre vite, mourir jeune et faire un beau cadavre ! » est sa devise.

Live fast, die young and leave a beautiful corpse!

Les Ruelles du malheur (Knock on Any Door), sorti au printemps 1949 aux USA, un an plus tard en France, est le résultat de la combinaison de nouveaux talents. C’est, en effet, l’adaptation du premier roman de l’écrivain afro-américain Willard Motley, Knock on Any Door, publié en 1947 et le troisième film de Nicholas Ray, tout au début de sa carrière de réalisateur, après Les Amants de la nuit (They Live by Night, 1948) et Secret de femme (A Woman’s Secret, 1949).

Le personnage de Nick ‘Pretty Boy’ Romano, est aussi le premier grand rôle de John Derek qu’on reverra dans une quarantaine de westerns, films d’aventures ou d’action, avant qu’il ne se lance dans la réalisation d’une dizaine de longs métrages, pas que des chefs-d’oeuvre, encore qu’un des quatre tournés avec Bo Derek, sa dernière épouse, Bolero, ait été salué par une pluie de Razzie Awards : Pire film, Pire scénario, Pire réalisateur, Pire actrice et Pire accompagnement musical ! Et pourtant, difficile de l’accuser de manquer de goût quand on sait qu’il a eu pour autres épouses trois belles actrices, deux d’entre elles un peu oubliées, Pati Behrs et Linda Evans, une autre plus présente dans notre mémoire… Ursula Andress !

Knock on any door: you will find Nick Romano

Les Ruelles du malheur, derrière ses apparences de film noir et de courtroom drama, se range plutôt dans le genre du cinéma social en désignant la société coresponsable de l’errance de Nick, le genre d’homme qu’on peut trouver « en frappant à n’importe quelle porte » dans les quartiers défavorisés des grandes villes. Ce point de vue, sous-jacent tout au long du film, appuyé dans la plaidoirie finale, explique probablement pourquoi Willard Motley, bien que son nom ne figurât pas sur la liste noire du sénateur McCarthy, émigra au Mexique au début des années 50.

Les Ruelles du malheur, s’il n’est pas le meilleur film de Nicholas Ray, peut-être en partie parce que le scénario, qui lui fut livré définitivement ficelé, est alourdi par un recours excessif aux flashbacks. Pourtant, sa première édition en France par Sidonis Calysta est bienvenue, ce troisième film révélant déjà le talent qu’avait Nicholas Ray de faire dire beaucoup à l’image, par sa maîtrise du cadrage, des éclairages, son sens de l’ellipse. Une annonce des chefs-d’oeuvre à venir, Le Violent (In a Lonely Place), qu’il tourna dans la foulée avec Humphrey Bogart, Les Indomptables (The Lusty Men, 1952), Johnny Guitar en 1953, La Fureur de vivre (Rebel Without a Cause, 1955), Traquenard (Party Girl, 1958)…

Les Ruelles du malheur se place d’ailleurs aux côtés des plus mémorables courtroom dramas, non seulement pour la brillante performance de Humphrey Bogart, mais aussi pour l’impact de la mise en scène et du montage sur la tension dramatique, conduisant à la puissance évocatrice de la dernière séquence dans le prétoire filmée en plongée sur l’accusé et son défenseur.

Les Ruelles du malheur

Généralités - 3,0 / 5

Les Ruelles du malheur (100 minutes) et ses suppléments (22 minutes) tiennent dans cette édition combo, sur un BD-50 et un DVD-9 logés dans un boîtier, non fourni pour le test, effectué sur check disc.

Le menu animé et musical propose le film dans sa version originale, avec sous-titres imposés, placés trop haut sur l’image, ou dans un doublage en français, les deux au format audio DTS-HD Master Audio 1.0.

Bonus - 2,5 / 5

En complément, outre la bande-annonce :

Présentation du film par François Guérif (7’). Il rappelle que, bien que le scénario soit assez fidèle au roman, il en bouleverse la structure chronologique : le personnage d’Andrew Morton n’apparaît qu’au dernier tiers du roman. Il voit dans Les Ruelles du malheur une sorte de brouillon de La Fureur de vivre.

Présentation du film par Patrick Brion (13’). Dans cette présentation un peu longuette, le critique rappelle que Les Ruelles du malheur fut le premier film produit par la société Santana Productions que Humphrey Bogart venait de créer en lui donnant le nom de sa goélette. Le scénario est empreint des problèmes sociaux qui, des années après la grande dépression, marquaient encore l’Amérique des années 40. John Derek jouera dans une autre réalisation de Nicholas Ray, le western À l’ombre des potences (Run for Cover, 1955).

Image - 4,0 / 5

L’image (1.37:1), très propre, stable, offre de solides contrastes, allant de blancs lumineux à des noirs profonds. La réduction du bruit, trop drastique, a entraîné un lissage excessif, révélé, en particulier, sur les visages en gros plan.

Son - 4,0 / 5

Le son DTS-HD Master Audio 1.0, très propre lui aussi, restitue clairement les dialogues, dans un bon équilibre avec l’accompagnement musical et l’ambiance, avec quelques saturations occasionnelles. Si vous n’êtes pas attaché à la voix de Humphrey Bogart, ces observations valent pour le doublage, au même format.

Crédits images : © Sidonis Calysta

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

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Philippe Gautreau
Le 6 avril 2018
Les Ruelles du malheur, un film de Nicholas Ray encore inédit en vidéo, derrière ses apparences de film noir et de courtroom drama, se range plutôt dans le genre du cinéma social en désignant la société coresponsable de l’errance de Nick, le genre d’homme qu’on peut trouver "en frappant à n’importe quelle porte" dans les quartiers défavorisés des grandes villes. Une des meilleures performances de Humphrey Bogart.

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