Mortelles confessions : le test complet du Blu-ray

House of Mortal Sin

Combo Blu-ray + DVD

1976. Réalisé par Pete Walker
Avec Anthony Sharp, Susan Penhaligon et Stephanie Beacham

Édité par Artus Films

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Le 26/02/2018
Critique

Mortelles confessions

Royaume-Uni, 1975 : Jenny, qui a rompu avec son petit ami et qui a en outre avorté, se confesse au père Meldrum qui se révèle être un fou dangereux, déterminé à purifier le mal par le meurtre. Alors que sa soeur Vanessa tombe amoureuse de Bernard, un jeune prêtre assistant de Meldrum, les indices les plus inquiétants s’accumulent mais Meldrum oppose à tous les soupçons une apparence normale et personne ne croit Jenny. Elle va pourtant rencontrer des alliées féminines inattendues qui déclencheront une réaction de violence en chaîne à l’issue surprenante.

Mortelles confessions (House of Mortal Sin / The Confessional) (GB 1975) de Pete Walker est un film fantastique inédit en France et très étonnant en raison de son sujet d’une part, de son traitement oscillant entre psycho-killer et surréalisme à l’ironie glacée, sans oublier un lyrisme surgissant inopinément dans une ou deux séquences mais bien amené.

L’Eglise catholique anglaise y est dépeinte sous un aspect positif (le jeune prêtre Bernard, son directeur de conscience compréhensif) et un aspect cruellement négatif (le père Meldrum, joué par un Anthony Sharp très étonnant qui fait plutôt penser à un puritain protestant devenu fou qu’à un prêtre catholique, à vrai dire). Le scénario de David McGillivray est riche en rebondissements inattendus, source d’un humour régulièrement très noir. La direction de la photo est de facture réaliste la plupart du temps, renforçant l’impact et le suspense des éclairs de violence démentielle. La direction d’acteurs (tous excellents du premier rôle au plus petit caméo) est subtile. Le casting, outre Anthony Sharp, réserve des surprises aux cinéphiles : par exemple, la belle Stéphanie Beacham dont la carrière fantastique couvre la période anglaise 1970 à 1975 environ (Le Corrupteur, And Now the Screaming Starts, etc.) sans oublier l’acteur Norman Eshley qui joue le jeune prêtre Bernard et qui est bien connu des admirateurs du Terreur aveugle de Richard Fleischer ou bien Sheila Keith, l’une des gardiennes de la House of Whipcord ici à nouveau étonnante et qu’on retrouvera à plusieurs reprises dans la filmographie de Walker y compris dans son ultime House of Long Shadows en 1983 aux côtés de, excusez du peu, John Carradine, Peter Cushing, Christopher Lee, Vincent Price et Richard Todd. Les meurtres sanglants sont brefs mais certains plans sont cruellement graphiques. Il y a enfin quelque chose de R.W. Fassbinder dans ce film fantastique de Pete Walker : la critique sociale et psychologique y est assez étonnante de discrète et intelligente virulence, sous couvert de pur « divertissement ».

Une belle découverte, en tout cas, qui donne envie de revisiter l’histoire britannique du cinéma fantastique de la décennie 1970-1980. Souhaitons que le succès des ces deux éditions BRD de Flagellations et de Mortelles confessions, permette à Artus d’éditer les autres films intéressants de Pete Walker (de Die Screaming Marianne vers 1970 avec Susan George à House of Long Shadows en 1983).

Mortelles confessions

Généralités - 4,0 / 5

Edition « combo » 1 BRD + 1 DVD, éditée par Artus Films, collection « British Horror », le 06 mars 2018.

Image couleurs au format 1.66 compatible 16/9 région B encodé en 1080p. Son VF, VO et VOSTF à la norme PCM 2.0. Durée du film : 104 min sur BRD, 100 mn sur DVD. Suppléments : présentation par Alain Petit (20 min. environ).

Bonus - 4,0 / 5

Il s’agit d’une édition spéciale comprenant une présentation par Alain Petit (durée environ 20 mn : 10 consacrées à la biofilmographie de Walker, 10 consacrée à Mortelles confessions). Elle est historiquement intéressante, plus synthétique que celle de David Didelot sur le BRD Artus de Flagellations (House of Whipcord) car trois fois plus courte mais elle apporte un point de vue de témoin de première main de la réception française de Walker. Et parfois une segmentation thématique plus fine : l’âge d’or de Walker tient plutôt en trois films qu’en quatre, pour Petit, à savoir ce qu’il nomme joliment la « trilogie du troisième âge » (Flagellations, Frightmare, Mortelles confessions). Aucune galerie affiches ni photos : dommage. Je signale aux cinéphiles anglophones qu’il existe aussi un commentaire audio par Pete Walker et Jonathan Rigby ainsi qu’un entretien avec Pete Walker d’environ 10 minutes qui se trouvent tous les deux (en VO sans STF ni STA) dans l’édition BRD Kino (Redemption) sortie en 2014.

Image - 5,0 / 5

Transfert Full HD effectué à partir d’un négatif restauré, qui reprend donc dans notre région B l’excellent matériel et le format original 1.66 compatible 16/9 du BRD region A de Kino/Redemption. Copie chimique impeccablement restaurée, colorimétrie bien restituée, balance des noirs (ici importante en raison des décors et vêtements) soignée. Désormais l’édition Full HD de référence chez nous.

Son - 5,0 / 5

VO et VOSTF en PCM Dolby Digital 2.0 Mono : pas de VF d’époque à regretter car le film fut inédit en France au cinéma. Les STF traduisent correctement les dialogues et ils sont bien lisibles, sans être trop gros. Bonne musique de Stanley Myers qui avait signé celle de Flagellations (House of Whipcord) (GB 1974) de Pete Walker et qui signera, plus tard, celle de Voyage au bout de l’enfer (The Deer Hunter) (USA 1978) de Michael Cimino.

Mortelles confessions

Crédits images : © Artus Films

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Panasonic FullHD
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Sony
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p

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