Meurtre sans faire-part : le test complet du Blu-ray

Portrait in Black

Combo Blu-ray + DVD

1960. Réalisé par Michael Gordon
Avec Lana Turner, Anthony Quinn et Richard Basehart

Édité par Elephant Films

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Le 05/11/2018
Critique

Meurtre sans faire part

San Francisco, USA 1960 : Cabot, un riche et tyrannique armateur, vit malade dans sa luxueuse demeure. Son épouse, la très belle Sheila, a une liaison avec le docteur Rivera. Tous deux ne peuvent plus attendre : Rivera maquille le meurtre de Cabot en crise cardiaque. Un maître-chanteur se manifeste et empoisonne la vie des deux amants qui vivent dorénavant un enfer dont seul un second meurtre pourrait peut-être, du moins le croient-ils, les sauver.

Meurtre sans faire-part (Portrait in Black) (USA 1960) de Michael Gordon est un bon film noir policier qui respire bien mieux que la pièce de théâtre dont il est adapté pour cause de beaux emplois des extérieurs de San Francisco, disséminés en transparences poétiques diurnes comme nocturnes mais parfois filmés réellement. Lana Turner au sommet de sa beauté est encore d’un érotisme brûlant et le restant du casting est excellent. Gordon fut un technicien émérite : son talent se manifeste discrètement mais réellement à mesure que le suspense, très étouffant, progresse. Casting de série A bien que la direction artistique, soignée, soit de série B en raison d’un budget plus serré.

Tout comme aimait le faire Jacques Tourneur à la même époque, ce film (en couleurs mais parfois presque, au détour de telle séquence ou de tel plan, en N&B coloré) se noircit progressivement, symbolisant plastiquement la progression du mal. Magnifique générique d’ouverture qui joue sur le passage de la photo positive à la photo négative, auquel répond intelligemment le surprenant plan final : ce genre d’expérimentation, simple mais efficace, intéressa, de l’autre côté de l’Océan Pacifique, les cinéastes japonais de cette même période 1960-1965, aussi bien les vétérans (Le Détroit de la faim de Tomu Uchida) que la génération montante (Histoire d’une prostituée de Kyonori / Seijun Suzuki).

Enfin, il faut évidemment préférer le beau titre original, qui renvoie précisément, tout comme le fait la bande-annonce originale, à ces correspondances plastiques entre photographie et psychologie, au débile titre français d’exploitation qui louche du côté de la série noire populaire.

Meurtre sans faire part

Généralités - 3,0 / 5

1 BRD édité par Eléphant dans la collection Cinéma Master Class le 02 mai 2018. Image couleurs au format 1.85 compatible 16/9. Son DTS HD Mono VOSTF et VF d’époque. Durée du film sur BRD : 113 min. environ. Suppléments : présentation par M. Macheret (journaliste au Monde), galerie photos N&B, 6 bandes-annonces originales de films noirs policiers en VOSTF ([PROGRAM(espions_sur_la_tamise_combo_br)], [PROGRAM(criss_cross_combo_br)], [PROGRAM(meurtre_sans_faire_part_combo_br)], [PROGRAM(tuer_n_est_pas_jouer_combo_br)], La Victime, etc). Seul le disque BRD a été testé. Il faut noter qu’aucun BRD de ce titre n’existe encore aux USA : ce BRD français est donc le seul moyen de le découvrir dans d’assez bonnes conditions.

Bonus - 2,5 / 5

Outre une présentation (simplement illustrée par des extraits du film : à ne visionner qu’après l’avoir vu, par conséquent) d’une dizaine de minutes par Mathieu Macheret, journaliste au Monde, on dispose d’une galerie un peu maigre de photos couleurs et N&B de plateau ainsi que de 6 bandes-annonces de films noirs classiques parus dans la même collection. La présentation de Macheret est honnête et envisage bien les enjeux plastiques et dramatiques de la mise en scène (excellente remarque, par exemple, sur le plan du miroir brisé par Anthony Quinn) mais elle a deux défauts : elle paraphrase parfois excessivement l’histoire en racontant tout bonnement telle ou telle séquence; elle ignore certains éléments pourtant connus de l’histoire du cinéma. Macheret ne dit rien sur la carrière du cinéaste Michael Gordon : il aurait pourtant été intéressant de rappeler, au moins, qu’il avait été trois ans plus tôt monteur du génial Night of the Demon (Rendez-vous avec la peur) (GB 1957) de Jacques Tourneur et qu’on lui attribue en général les plans du démon dans la première séquence et, peut-être aussi, celui où il apparaît dans la fumée de la locomotive vers la fin. Pas un mot de prononcé sur les acteurs John Saxon ni sur Sandra Dee (qui jouait le rôle de la fille d’une mère jouée par Lana Turner l’année précédente dans Le Mirage de la vie de Douglas Sirk alors qu’ici, un an plus tard, on lui fait jouer le rôle de sa belle-fille) ni sur Anna May Wong : dans le temps imparti, très bref, Macheret se concentre sur les deux stars principales, à savoir Lana Turner et Anthony Quinn. On pardonne cependant à Macheret parce que, comme lui, nous aimons ce film de Gordon et aussi ses interprètes, à commencer par Lana Turner, aussi érotique en 1945 qu’en 1960 : la preuve par ce titre et d’autres qu’elle tourna à la même époque. Au total, une assez maigre édition spéciale, évidemment pas une édition collector.

Meurtre sans faire part

Image - 2,5 / 5

Format 1.85 écran large couleurs compatible 16/9 en Full HD 1080p. Est-ce le format original ? Pas sûr car certaines sources mentionnent 2.0, ce qui donnerait à l’image une qualité différente. L’émulsion de l’image argentique de ce BRD est parfois un peu scintillante et instable durant le générique d’ouverture mais une fois la première bobine défilée, les choses s’améliorent. Le grain est bien préservé même si le master vidéo pourrait être amélioré. Photo signée Russel Metty, un des meilleurs coloristes de Hollywood : les couleurs sont encore mignonnes mais si le format a été recadré de 2.0 en 1.85, cela expliquerait qu’elles soient un peu décevantes. Ce qui n’empêche pas la correcte retranscription de belles expériences de Metty où la couleur se transforme, parfois, presque en N&B coloré. Jack Asher le faisait aussi à la même époque, de l’autre côté de l’océan Atlantique, pour la Hammer film et le cinéaste Terence Fisher. L’idée était techniquement dans l’air du temps des années 1960, années charnières durant lesquelles la couleur supplante progressivement le N&B mais durant lesquelles le N&B survit encore d’une manière parfois splendide. Reste cette obsédante interrogation concernant un éventuel recadrage de 2.0 à 1.85. Le doute subsiste dans mon esprit : seule une éventuelle édition collector américaine pourrait le lever.

Meurtre sans faire part

Son - 4,0 / 5

VOSTF et VF d’époque en DTS HD 2.0. mono : offre nécessaire et suffisante pour le cinéphile francophone. La VOSTF est très bien restaurée et dotée d’un excellent équilibrage entre effets sonores, dialogues et musique. La VF d’époque est nettement moins dynamique, moins ouverte et les voix sont moins nettes mais son équilibrage est relativement soigné et les voix françaises sont très bien choisies. Elle mérite encore aujourd’hui, en dépit de son niveau techinque inférieur à celui de la VOSTF, d’être connue et écoutée.

Meurtre sans faire part

Crédits images : © Eléphant

Configuration de test
  • Téléviseur 4K LG Oled C7T 65" Dolby Vision
  • Panasonic BD60
  • Ampli Sony
Note du disque
Avis
Multimédia
Meurtre sans faire-part
Bande-annonce VOST

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