Tuer n'est pas jouer : le test complet du Blu-ray

I Saw What You Did

Combo Blu-ray + DVD

1965. Réalisé par William Castle
Avec Joan Crawford, John Ireland et Leif Erickson

Édité par Elephant Films

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Le 05/11/2018
Critique

Tuer n'est pas jouer

USA 1965 : Kit et Libby, deux adolescentes, téléphonent un soir à des inconnus masculins repérés dans l’annuaire et leur disent pour s’amuser : « J’ai vu ce que tu as fait; je sais qui tu es ! » mais l’un d’eux est un criminel qui vient précisément d’assassiner sa maîtresse. Séduite par sa belle voix grave, l’initiatrice du jeu décide de se rendre à son adresse pour, sinon l’espionner, du moins voir à quoi il ressemble. Sa vie est à présent en réel danger.

Tuer n’est pas jouer(I Saw What You Did) (USA 1965) de William Castle est un assez bon film noir policier bien écrit (scénario de William P. McGivern d’après une histoire d’Ursula Curtiss) et plastiquement mignon mais au budget serré, raison pour laquelle il ressemble à un épisode de la série TV Alfred Hitchcock présente qui aurait été légèrement gonflé aux normes esthétiques d’un film cinéma. Les acteurs John Ireland et Patricia Breslin, ici présents tous les deux, tournaient d’ailleurs régulièrement dans cette excellente série : leur présence renforce l’impression. La comparaison avec Hitchcock est fréquente lorsqu’on parle de Castle (souvent considéré comme le Hitchcock du pauvre) : il faut reconnaître qu’ici, il la soutient assez bien même si certaines facilités (le meurtre sous la douche qui reprend l’idée de Hitchcock en croyant peut-être l’améliorer) dépareillent l’ensemble. L’humour noir de Castle est parfois épais et son goût du sensationnel vire souvent à la vulgarité (voire sa niaise présentation du film) mais il dispose ici de trois atouts : un bonne idée assez bien développée, une belle photo N&B en écran large signée Joseph Biroc (le directeur photo favori du cinéaste Robert Aldrich), un casting de premier choix qu’il dirige très bien, à commencer par la star Joan Crawford dont la période 1960-1970 est la plus intéressante filmographiquement.

On demeure cependant un cran en-dessous des meilleurs Castle, ceux dont le thème franchement fantastique favorise une inspiration plus baroque sur les plans dramatiques et graphiques et qu’il faudrait tout de même que les éditeurs français se décident un jour à sortir en vidéo en France. A ma connaissance, on ne dispose pour l’instant chez nous que de La Nuit de tous les mystères (House on Haunted Hill) et de Tuer n’est pas jouer : c’est déjà quelque chose mais c’est encore très maigre par rapport à la bonne dizaine d’autres qui manquent à l’appel, tournés entre 1958 et 1965 et qui font dorénavant partie des classiques du cinéma fantastique américain de la période 1955-1965.

Tuer n'est pas jouer

Généralités - 3,0 / 5

1 BRD édité par Eléphant dans la collection Cinéma Master Class le 05 juin 2018. Image N&B au format original 1.66 respecté compatible 16/9. Son DTS HD Mono VOSTF. Durée du film sur BRD : 82 min. environ. Suppléments : présentation par Eddy Moine, présentation de William Castle, galerie photos N&B, 6 bandes-annonces originales de films noirs policiers en VOSTF. Seul le disque BRD a été testé.

Bonus - 2,5 / 5

Outre une présentation documentée et bien illustrée (elle fournit les éléments filmographiques nécessaires à la situation du cinéaste, des acteurs principaux, du scénariste, du directeur photo) d’une quinzaine de minutes par Eddy Moine, deux suppléments se détachent nettement en raison de leur nature de documents de première main d’histoire du cinéma : la présentation du film par William Castle assis sur son fauteuil de cinéaste (elle se lance toute seule au début du BRD lorsqu’on le met en route, avant que le menu principal apparaisse) et une galerie de photos N&B de plateau. L’ensemble constitue une honnête édition spéciale.

Tuer n'est pas jouer

Image - 5,0 / 5

Format original 1.66 écran large respecté, N&B compatible 16/9. L’image argentique de ce BRD est remarquablement restaurée. Contrastes et niveaux des noirs admirablement restitués en Full HD 1080p. Magnifique photo N&B signée par le grand directeur photo Joseph Biroc qui signait à la même époque pour Robert Aldrich la photo de films noirs flirtant aussi avec la terreur et le fantastique, tel que Chut, chut, chère Charlotte.

Tuer n'est pas jouer

Son - 2,5 / 5

VOSTF en DTS HD 2.0. mono parfaitement restaurée et dotée d’un excellent équilibrage entre effets sonores, dialogues et musique mais aucune VF d’époque : a-t-elle existé ? That is the question. En l’état, je mets la moyenne par défaut puisque nous disposons de l’essentiel. Enfin, il ne faut évidemment pas confondre ce titre français avec celui du James Bond Tuer n’est pas jouer (The Living Daylights) (GB 1987) de John Glen. Les titres homonymes sont une plaie récurrente de l’histoire du cinéma.

Tuer n'est pas jouer

Crédits images : © Eléphant

Configuration de test
  • Téléviseur 4K LG Oled C7T 65" Dolby Vision
  • Panasonic BD60
  • Ampli Sony

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