Open Water 3 : Cage Dive : le test complet du Blu-ray

Open Water 3: Cage Dive

2017. Réalisé par Gerald Rascionato
Avec Joel Hogan, Josh Potthoff et Megan Peta Hill

Édité par M6 Vidéo

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Le 29/06/2018
Critique

Open Water 3

USA puis Australie, en 2015. Une caméra sous-marine est retrouvée. Sa carte vidéo micro-SD bien conservée montre trois jeunes californiens (la mignonne Megan et deux frères aussi amoureux d’elle, Josh et Jeff sans que l’un sache que c’est le cas de l’autre) qui se préparent à participer à une émission de télé-réalité récompensée par un prix de 100.000 $ pour ceux qui auront choisi l’épreuve la plus périlleuse. Les deux frères américains contactent un cousin australien d’Adélaïde puis se rendent avec Megan à Port Lincoln, afin d’y plonger avec d’autres amateurs de sensations fortes, dans une cage constituant leur seule protection au milieu des grands requins blancs. Une terrible vague de fond renverse leur navire : Megan, Josh et Jeff se retrouvent bientôt seuls survivants… mais pour combien d’heures ?

Open Water 3 : les abîmes de la terreur

(Open Water 3 : Cage Dive) (USA 2016) de Gerald Rascionato (auteur du scénario, de la mise en scène et dont c’est le premier film) est assez bon compte tenu de la faiblesse matérielle de son budget mais ses meilleures idées de mise en scène ne sont pas toujours originales. Alors que le premier Open Water : En eaux profondes (USA 2003) utilisait la caméra vidéo haute définition afin d’augmenter le niveau de réalisme, c’est ici la caméra sous-marine vidéo qui devient non seulement vecteur de réalisme supplémentaire (la mise en scène s’inspire des films amateurs vidéo postés sur Youtube d’une manière intelligente) mais encore actrice à part entière. Car, exactement comme avec la plus ancienne caméra argentique 16mm de l’admirable Le Projet Blair Witch (USA 1999) de D. Myrick & D. Sanchez, les protagonistes se filment ici en temps réel et c’est ce film qui est retrouvé ensuite, ultime témoignage de l’enfer qu’ils ont vécu. Bien sûr, l’idée provient aussi, de toute évidence, du début du plastiquement beau Instinct de survie (The Shallow) (Aust.-USA-Esp. 2016) de Jaume Collet-Serra, qui bénéficiait d’un budget de série A alors qu’ici nous sommes en présence d’une modeste série B.

Open Water 3

La construction temporelle du découpage (première demi-heure sur terre, restant du film dans l’océan) reproduit à peu près celle du premier Open Water : En eaux profondes mais n’est pas redondante ni inutile car elle pose implicitement la seconde partie comme une punition quasi-divine de la première. Rascionato se donne le temps de brosser une sorte d’enfer psychologique et sociologique dans lequel évoluent trois personnages immatures et immoraux se prenant eux-mêmes au piège de la télé-réalité. Les deux acteurs et surtout l’actrice sont excellents : le naturel est la chose la plus difficile à obtenir au cinéma. La référence au zoom hitchcockien dans le dialogue de cet opus 3, durant un trajet en voiture, est gratuite mais, en revanche, il y a bien une construction hitchcockienne du scénario. La belle Megan P. Hill n’est certes pas Tippi Hedren mais elle tient bien ici, à sa manière, le rôle d’une jeune femme objectivement fatale en raison des rapports névrotiques instaurés entre elle et les deux frères. Et puis, unique effet spécial de grande ampleur, très bien filmé et très bien monté en dépit de sa brièveté, la vague de fond renverse le navire en deux secondes et l’enfer commence vraiment. Attention : l’illustration de la jaquette pourrait donner l’impression que l’action se déroule ensuite uniquement dans la cage mais ce n’est pas du tout le cas. Certains pourront le regretter mais je les rassure : le suspense est constamment bien maintenu. A noter que le copyright au générique est 2016, pas 2017 comme on le lit parfois sur certaines fiches techniques.

Open Water est une série esthétiquement intéressante car elle oscille constamment entre cinéma spectaculaire et cinéma-vérité documentaire, se retrouvant en permanence sur le fil du rasoir. Elle se compose pour l’instant de trois titres : Open Water : En eaux profondes (USA 2003) de Chris Kentis, Dérive mortelle (Allemagne 2006) de Hans Horn, Open Water 3 : Cage Dive (Open Water 3 : les abîmes de la terreur) (Australie 2016) de Gerald Rascionato. Il faut par ailleurs noter que cette série comporte un remarquable outsider australien, à savoir l’admirable The Reef (Australie 2010) de Andrew Traucki, inspiré d’une histoire vraie. Depuis le documentaire Bleue est la mer, blanche est la mort (Blue Sea, White Death) (USA 1971) de Peter Gimble et Les Dents de la mer (Jaws) (USA 1975) de Steven Spielberg sans oublier Les Dents de la mer 2ème partie (USA 1978) de Jeannot Swarcz, le grand requin blanc (nom latin zoologique : « Carcharodon Carcharias ») et sa famille zoologique ne cessent d’inspirer, on le voit, des oeuvres inégales mais souvent passionnantes de série A, B et C au carrefour du cinéma fantastique, d’horreur, d’épouvante et d’aventure sans oublier un cinéma du réel au sens purement documentaire, écologique, du terme. Il faudrait un jour qu’une cinémathèque ou une télévision nous en propose une rétrospective complète : la visionner offrirait une coupe tout simplement passionnante à travers 50 ans de cinéma mondial.

Open Water 3

Généralités - 5,0 / 5

1 BRD région B (film et suppléments) édité par M6, le 27 juin 2018. Existe aussi en édition single DVD et VOD. Image couleurs au format 1.77 compatible 16/9 région B encodé en 1080p Full HD. Son VF et VOSTF à la norme DTS HD 5.1. et D.D. 5.1. Durée du film : 80 min. sur BRD. Seul le BRD a été testé vidéo.

Bonus - 1,0 / 5

1 bande-annonce (VF), un making-of (en VO sans STF ni VF), des scènes alternatives (VO sans VF ni VOSTF), des présentations de casting (VO sans VF ni STF). Ensemble sans relief et sans intérêt d’une part, destiné uniquement à des anglophones puisque seule la BA est doublée, le reste ne disposant ni de doublage ni de sous-titres. Les Américains disposent d’une édition supérieure (sortie le 10 octobre 2017 chez Lions Gate Entertainment) puisqu’elle contient en outre un commentaire audio du cinéaste et des deux acteurs masculins principaux. Warner n’avait pas de quoi se payer les sous-titrages des bonus depuis l’époque du DVD : à présent M6 l’imite en pleine époque BRD !

Image - 5,0 / 5

Full HD 1080p au format 1.78 couleurs 16/9. Excellente définition vidéo qui permet d’apprécier les niveaux de réalité (plans d’actualité TV aux trames visibles, scènes infrarouges nocturnes restituant de purs noirs profonds, etc.) : les défauts plausibles d’enregistrement (lors d’un choc par exemple) sont très bien conservés et restitués. Seul point un peu irréaliste, le niveau de définition de la caméra sous-marine, plus proche d’une ancienne caméra HD que d’une caméra Full HD de la génération 2015. Ensemble net et soigné, dotée d’une bonne image globale.

Son - 5,0 / 5

VOSTF et (assez bonne, sur le plan dramaturgique) VF en DTS HD 5.1. et DD 5.1. Je recommande de sélectionner la piste DTS, quelle que soit la version choisie cas car elle dispose d’effets sonores, notamment concernant les sons graves de basse, d’une puissance plus ample. C’est particulièrement vrai durant la seconde partie du film qui se déroule en milieu marin. Sinon, c’est surtout les enceintes frontales qui sont sollicitées, en surface plutôt qu’en profondeur. L’ensemble est net et très propre techniquement, le montage son est soigné et certains effets sonores sont très soignés : celui de la vague géante est le plus ample. Attention, ce qui précède concerne le film lui-même : les bonus, en revanche, mis à part la BA, ne sont ni doublés ni sous-titrés.

Open Water 3

Crédits images : © M6 Vidéo

Configuration de test
  • Téléviseur 4K LG Oled C7T 65" Dolby Vision
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Sony
Note du disque
Avis
Multimédia
Open Water 3 : Cage Dive
Bande-annonce VF

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