Cagliostro : le test complet du Blu-ray

Combo Blu-ray + DVD

1949. Réalisé par Gregory Ratoff
Avec Orson Welles, Nancy Guild et Akim Tamiroff

Édité par Rimini Editions

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Le 12/07/2018
Critique

Cagliostro

Joseph Balsamo, un jeune Gitan, est forcé par le vicomte de Montaigne à assister à la pendaison de ses parents, condamnés pour sorcellerie, puis est torturé, avant d’être sauvé par les siens. Quelques années plus tard, il vend un élixir de vie et attire l’attention du docteur Mesmer, un célèbre savant autrichien, qui lui révèle le profit qu’il peut tirer de ses dons d’hypnotiseur. Joseph devient alors le comte de Cagliostro, revient en France avec l’idée d’un complot visant à discréditer Marie-Antoinette, la future reine de France, et une obsession : faire payer ses crimes au vicomte de Montaigne…

Cagliostro (Black Magic) est l’adaptation très libre des deux premiers d’un cycle de quatre romans d’Alexandre Dumas, Mémoires d’un médecin, allant de la fin du règne de Louis XV à la révolution de 1789. Le premier, Joseph Balsamo, est inspiré d’un personnage historique, Guiseppe Balsamo, le deuxième est intitulé Le Collier de la reine.

Cagliostro est réalisé par Gregory Ratoff, originaire de Russie. Parallèlement à une carrière d’acteur bien remplie, il dirigea une cinquantaine de films, parmi lesquels, Envol vers le bonheur (Intermezzo: A Love Story, 1939) qui permit au public américain de découvrir une jeune actrice venue de Suède, Ingrid Bergman.

Bien que le générique n’en dise rien, Orson Welles s’immisça dans la réalisation, ce qui apparaît comme une évidence avec les angles de prise de vue, en plongée et contre-plongée et dans le montage de la longue scène du procès et donne au film une forme d’extravagance qu’on ne retrouve pas dans l’oeuvre de Ratoff. La marque d’Orson Welles est encore plus frappante dans le duel final, une sorte de remake de Le Criminel (The Stranger, 1946).

Cagliostro

Cagliostro, malgré ses faiblesses et ses baisses de tensions, reste imprimé dans la mémoire du cinéphile, mais pas seulement pour l’emphase, très théâtrale, que donne Orson Welles au personnage. Ce qui frappe aussi, c’est l’exubérance des décors, notamment de cette salle au plafond très bas, soutenu par d’étranges cariatides, ou, en parfait contraste, la salle du tribunal, aux murs d’une vertigineuse hauteur, éclairée par une gigantesque fenêtre en ogive. Des décors dus à Jean d’Eaubonne qui fut le directeur artistique de Max Ophüls pour six de ses films, dont Lola Montès, mais aussi de Jean Cocteau pour Le Sang d’un poète et Orphée, de Jacques Becker pour Casque d’OrCagliostro doit aussi, notamment pour l’originalité des éclairages, à l’apport du chef opérateur italien Anchise Brizzi qu’Orson Welles embauchera deux ans plus tard pour son Othello.

Cagliostro et Le Comte de Monte Cristo (The Count of Monte Cristo, Rowland V. Lee, 1934) sortis simultanément, sont les deux premiers titres d’une nouvelle Collection Alexandre Dumas, lancée par Rimini Éditions. Sortiront en août L’Homme au masque de fer (The Man in the Iron Mask, James Whale, 1939), avec Louis Hayward dans le rôle-titre, et Vendetta (The Corsican Brothers, Gregory Ratoff, 1941), avec Douglas Fairbanks Jr..

Cagliostro

Généralités - 3,0 / 5

Cagliostro (105 minutes) et ses suppléments (26 minutes) tiennent sur un Blu-ray BD-50 et un DVD-9 logés dans un boîtier noir de 15 mm (les trois photos au dos de la jaquette sont celles de l’autre film, Le Comte de Monte Cristo). C’est la réédition du titre paru en mai 2017 mais, cette fois, en combo Blu-ray + DVD et avec des suppléments.

Le menu animé et musical propose le film dans sa version originale, avec sous-titres optionnels, ou dans un doublage en français, les deux au format audio DTS-HD Master Audio 1.0.

Une note indique que la version présentée est plus longue que la version distribuée en France et que les dialogues des scènes ajoutées sont restés en anglais avec des sous-titres.

Bonus - 3,0 / 5

Orson Welles, la caméra et l’épée (20’), par Christophe Champclaux, historien du cinéma. Cagliostro est le sixième et dernier film d’un cycle Alexandre Dumas produit par Edward Small, le meilleur des six, partiellement réalisé par Orson Welles. Sa seule présence sur le plateau pousse le réalisateur à soigner la mise en scène, comme l’a dit Richard Fleischer qui l’a dirigé dans Le Génie du Mal (Compulsion, 1959)… et, aussi, à lui rappeler d’éviter de surjouer. Entièrement tourné en Italie, le film profite du talent de trois célébrités, le chef opérateur Anchise Brizzi, le directeur artistique Jean d’Eaubonne pour les décors et du scénariste Charles Bennett pour l’adaptation. Orson Welles, l’illusionniste, avec une bonne expérience des tours de magie qu’il a notamment pratiqués au Théâtre aux Armées, imprègne de sa personnalité Cagliostro dont il fait un personnage shakespearien. Christophe Champclaux fait ressortir la surprenante ressemblance de la scène finale de Cagliostro avec celle du film qu’il avait réalisé et interprété trois ans plus tôt, Le Criminel (The Stranger).

Théâtre de cape et d’épée (6’). Les Lames sur Seine, association d’escrime artistique et de spectacle, fait revivre sa pratique à toutes les époques. C’est une troupe d’une cinquantaine d’acteurs, autant de femmes que d’hommes, qui monte des spectacles et donne des cours de cape et d’épée. Deux bretteurs interprètent devant le château de Breteuil la tirade du duel de Cyrano de Bergerac ponctuée par le fameux vers « et, à la fin de l’envoi, je touche ! ». Puis, « Tous pour un, un pour tous ! » vient le tour des trois mousquetaires qui, c’est bien connu, étaient quatre.

Cagliostro

Image - 3,0 / 5

L’image (1.37:1, 1080p, AVC), propre, présente des blancs lumineux, des contrastes fermes, avec des noirs très denses, dans les scènes les plus éclairées, mais avec un effacement excessif du grain conduisant à un lissage affectant la texture argentique. Paradoxalement, dans quelques séquences en lumière faible, les noirs deviennent poreux et fortement bruités (par exemple dans les plans sur le manteau de Cagliostro), avec l’apparition sporadique d’un voile blanc sur une large partie des bords verticaux du cadre.

Son - 4,0 / 5

Le son DTS-HD Master Audio 1.0, très propre, restitue les dialogues de la version originale avec clarté. Le doublage les place trop en avant et un excès de réverbération, combiné à un déficit dans les aigus, affecte leur netteté. Assez bonne dynamique dans les deux versions.

Cagliostro

Crédits images : © Rimini Éditions

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

Moyenne

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Philippe Gautreau
Le 14 juillet 2018
Cagliostro, l’adaptation très libre de deux romans d’Alexandre Dumas, Joseph Balsamo et Le Collier de la reine, vaut largement d’être vu pour Orson Welles, pas seulement pour son l’interprétation shakespearienne du rôle-titre, mais aussi pour les marques visibles qu’il a laissées en intervenant dans la réalisation.

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