Engrenages : le test complet du Blu-ray

House of Games

1987. Réalisé par David Mamet
Avec Lindsay Crouse, Joe Mantegna et Mike Nussbaum

Édité par ESC Editions

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Le 10/09/2018
Critique

Engrenages

Psychanalyste renommée, Margaret Ford accepte de venir en aide à l’un de ses patients, joueur compulsif qui contracte une lourde dette dans un établissement louche. Si son patron accepte d’effacer l’ardoise, c’est contre sa participation à une partie de poker dont elle doit décrypter le comportement des participants. Un premier pas dans un monde peuplé d’arnaqueurs, de tricheurs et d’escrocs.

Engrenages (House of Games, 1987) est le premier film de David Mamet, également connu comme auteur d’une dizaine de pièces de théâtre, la plus célèbre étant Glengarry Glen Ross dont il signera le scénario pour l’adaptation cinématographique réalisée en 1992, Glengarry, un des meilleurs films de James Foley. Outre quelques écrits sur l’art dramatique, le cinéma et le judaïsme, il est aussi l’auteur du scénario de films importants, tels Le Facteur sonne toujours deux fois (The Postman Always Rings Twice, Bob Rafelson, 1981), Les Incorruptibles (The Untouchables, Brain De Palma, 1987), Hoffa (Danny DeVito, 1992), Vanya, 42e rue (Louis Malle, 1994), Ronin (John Frankenheimer, 1998), etc.

Il a, parallèlement, réalisé une dizaine de films ou téléfilms, dont les plus remarquables sont Homicide, en 1991, La Prisonnière espagnole, en 1997, L’Honneur des Winslow (The Winslow Boy, 1999) et créé en 2006 une remarquable série, The Unit (4 saisons, 70 épisodes).

Engrenages

Engrenages tire l’essentiel de son intérêt d’un scénario construit comme un belle mécanique d’horlogerie (ce qui justifie le titre français) avec une série de twists pour créer la surprise et relancer la tension dramatique, jusqu’à une fin inattendue qui classe le film dans la catégorie des oeuvres notoirement immorales.

Mais il est aussi élégamment filmé, avec des cadres bien composés, reliés par des mouvements de caméras fluides, toujours au service du récit. Une qualité de réalisation à laquelle a sans doute activement contribué le chef opérateur Juan Ruiz Anchía qui venait de tourner Maria’s Lovers (Andrei Konchalovsky, 1984) et Comme un chien enragé (At Close Range, James Foley, 1987).

Engrenages vaut aussi pour la qualité de sa distribution avec Joe Mantegna qu’on reverra dans trois autres films de David Mamet, aujourd’hui en tête d’affiche de l’inusable série Esprits criminels (Criminal Minds, créée par Jef Davis en 2005, 14 saisons à ce jour), et Lindsay Crouse, alors l’épouse du réalisateur. Avec un charme androgyne rappelant celui de David Bowie, elle réussit parfaitement à communiquer la trouble ambiguïté du personnage, sorti de son univers protégé pour s’aventurer dans le monde interlope des escrocs.

Engrenages

Généralités - 3,0 / 5

Une nouveauté attendue du catalogue d’ESC Éditions, dans une version soigneusement restaurée, pour remplacer l’édition MGM / United Artists, sortie en 2004 et depuis longtemps épuisée.

Engrenages (101 minutes) et son supplément (21 minutes) tiennent sur un Blu-ray BD-50 logé dans un boîtier non fourni pour le test.

Le menu animé et musical propose le film dans sa version originale, au format DTS-HD Master Audio 1.0, avec sous-titres optionnels, ou dans un doublage en français au même format.

Bonus - 3,5 / 5

Engrenages : instinct et manipulation (25’). Mathieu Macheret, journaliste au quotidien Le Monde, rappelle l’activité de dramaturge de David Mamet (et se trompe en disant qu’Engrenages est l’adaptation d’une de ses pièces, alors que le scénario est simplement tiré d’une histoire qu’il a imaginée avec l’acteur et scénariste Jonathan Katz). Ensuite, il décrit longuement le personnage de Margaret Ford qui « passe de l’autre côté du miroir » en suivant un patient jusqu’à une maison de jeux où elle découvrira « les secrets derrière la porte ». Il souligne les allusions psychanalytiques du film, le parallèle qu’il établit entre la pratique de Margaret et l’art de Mike, tous deux centrés sur la lecture des signes qui révèlent la psyché des sujets observés, l’acceptation finale par l’héroïne de sa part d’ombre, la mise en scène assez théâtrale…

Engrenages

Image - 4,0 / 5

L’image (1.85, 1080p, AVC), stable, débarrassée de toutes taches ou griffures, offre des couleurs naturelles, bien contrastées, avec des noirs denses assurant une parfaite lisibilité des clairs obscurs dans les séquences filmées en basse lumière, par exemple dans la longue scène du jeu de poker.

Son - 4,0 / 5

Le son DTS-HD Master Audio 1.0 de la version originale, propre, restitue avec clarté les dialogues et met en valeur le bel accompagnement musical jazzy d’Alaric Jans pour piano, vibraphone, trompette et contrebasse. Ce constat vaut pour le doublage en français, plutôt insipide.

Engrenages

Crédits images : © ESC Éditions

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

Moyenne

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Philippe Gautreau
Le 11 septembre 2018
Engrenages, filmé avec élégance, est construit comme un belle mécanique d’horlogerie, avec une série de twists pour créer la surprise et relancer la tension dramatique, jusqu’à une fin inattendue qui classe le film dans la catégorie des œuvres notoirement immorales.

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