Spermula (1976) : le test complet du Blu-ray

Réalisé par Charles Matton
Avec Dayle Haddon, Udo Kier et François Dunoyer

Édité par Carlotta Films

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Le 03/12/2018
Critique

Spermula

Les Spermulites de la planète Spermula veulent conquérir la Terre. Pour cela, ils doivent se débarrasser des Terriens et ont trouvé un plan : aspirer le sperme de tous les hommes afin de les épuiser et de les empêcher de procréer. Ils débarquent donc sur Terre sous forme de femmes remarquablement belles. Sauf Werner, le bras droit du maire local, qui a pris l’apparence d’un homme et ne veut pas en changer…

Spermula, sorti en 1976, est le deuxième des quatre longs métrages de Charles Matton, après trois courts, La Pomme ou l’histoire d’une histoire (1965), Mai 68 ou les violences policières (1968, 11’) et Activités vinicoles dans le Vouvray (1969, 14’), tous deux joints en bonus.

Venu assez tardivement au cinéma, Charles Matton (1931-2008) a été peintre figuratif, sculpteur, écrivain, illustrateur, graphiste (il assura la direction artistique du magazine Esquire). Il a créé des « boîtes », des reconstitutions miniaturisées d’espaces à la manière des maisons de poupées…

Son premier long métrage, L’Italien des Roses, un essai en noir et blanc avec Richard Bohringer dans le rôle-titre, était sorti quatre ans auparavant. Suivra, en 1994, La Lumière des étoiles mortes, sur la cohabitation forcée d’une famille française avec des officiers de la Wehrmacht en juin 1940, puis, avec Klaus Maria Brandauer dans le rôle du peintre, Rembrandt, salué par le César des meilleurs décors en 2000.

Une intégrale de son oeuvre cinématographique est disponible dans le coffret de quatre DVD que vient d’éditer Carlotta Films, Charles Matton, cinéaste, accompagné d’un livre de l’écrivain Sylvie Matton, épouse de l’artiste.

Spermula

Spermula ne peut être classé, comme certains ont tenté de le faire, parmi les films pornographiques, même pour sa version française, la plus longue et la plus friponne. Le visionnage de deux des trois bandes-annonces en bonus permet de voir qu’une version en anglais a aussi été tournée, d’une vingtaine de minutes plus courte et, certainement, expurgée des passages les plus dénudés.

La trame de science-fiction n’est, on s’en aperçoit vite, qu’un prétexte à montrer des images. Et de belles images. Aux jeux de lumières, reflets trompeurs dans des miroirs, oppositions de couleurs, s’ajoutent une distorsion des perspectives et des proportions, par exemple dans une scène montrant les ébats d’un couple dans un lit gigantesque.

Les décors créent l’atout majeur de Spermula, avec une nette dominante du style art-déco. On peut probablement y vois la transposition à plus grande échelle, des « emboîtements » représentatifs d’une part importante de l’oeuvre créée par Charles Matton.

C’est dans ces décors que vont et viennent de belles femmes, en robe du soir, ou drapées de chemises de nuit arachnéennes ou, encore, dans leur plus simple appareil, joliment filmées, sans vulgarité.

On y voit Dayle Haddon qui a conduit parallèlement à une prestigieuse carrière de mannequin (elle fut l’ambassadrice de L’Oréal pendant plus de quinze ans) une activité d’actrice, un peu moins glorieuse, avec pas moins de 25 rôles dans des films et des séries. Dans la distribution, au milieu d’autres jolies femmes, on remarque quelques acteurs connus, tels Udo Kier, Ginette Leclerc, Georges Géret dans le rôle d’un affreux macho, Piéral…

Spermula vaut pour la qualité de la photographie de Jean-Jacques Flori, chef opérateur de L’Italien des Roses, et, surtout, pour l’inventivité et la beauté de ses décors. Dommage que le scénario, les dialogues et la direction d’acteurs ne soit pas à la hauteur.

Spermula

Généralités - 4,0 / 5

Spermula (108 minutes) et ses suppléments (22 minutes) tiennent sur un Blu-ray BD-50 logé dans un boitier glissé dans un fourreau.

Le menu fixe et musical propose le film au format audio DTS-HD Master Audio 1.0 avec sous-titres pour malentendants et une piste d’audiodescription Dolby Digital 2.0 mono.

Encore inédit en vidéo, fraîchement restauré, le film, avec ses suppléments, est également disponible, au format DVD, dans le coffret Charles Matton, cinéaste, également édité le 14 novembre par Carlotta Films.

Bonus - 3,5 / 5

En complément, deux courts métrages de Charles Matton.

Mai 68 ou les violences policières (1.37:1, noir et blanc, 8’, 1968). Une suite de photos, dans laquelle s’insèrent trois ou quatre très courts plans animés, relate avec force et réalisme les affrontements entre manifestants et forces de l’ordre dans le Quartier Latin. Une bande-son diffuse des enregistrements faits dans la rue : bruits de foule, slogans, injures, tirs de grenades

lacrymogènes…

Activités vinicoles dans le Vouvray (1.66 :1, couleurs, 14’, 1969). Une jolie fille se réveille au petit matin, rejoint au petit déjeuner un groupe de vendangeurs qu’elle va suivre toute la journée, avec deux batifolages pour se dégourdir les jambes et apaiser le stress du travail dans les vignes…

Image - 4,0 / 5

L’image (1.66:1, 1080p, AVC), stable et soigneusement débarrassée de toutes marques indésirables, offre généralement des couleurs fraîches, des blancs lumineux et des noirs denses. Quelques halos hamiltoniens ne remettent pas en cause ces appréciations. Mais un manque de densité et de contraste (avec parfois l’apparition d’un bruit assez fort) affecte occasionnellement certaines séquences faiblement éclairées.

Son - 4,5 / 5

Le son DTS-HD Master Audio 1.0 mono, très propre lui aussi, pratiquement sans souffle, assure une parfaite clarté des dialogues et de l’accompagnement musical.

Spermula

Crédits images : © 1976 FILM AND CO, RENOUVELÉ 2014 SYLVIE MATTON. Tous droits réservés.

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
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Philippe Gautreau
Le 3 décembre 2018
Une curiosité, l’un des quatre longs métrages du peintre et sculpteur Charles Matton. S'y abandonnent au plaisir de jolies femmes dans de surprenants décors, dont l’étrange beauté est révélée par des jeux de lumière, des reflets trompeurs dans les miroirs...

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