Le Caveau de la terreur : le test complet du Blu-ray

The Vault of Horror

Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret

1973. Réalisé par Roy Ward Baker
Avec Curd Jürgens, Dawn Addams et Denholm Elliott

Édité par ESC Editions

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Le 05/11/2018
Critique

Le Caveau de la terreur

Dans un grand immeuble londonien, un homme monte dans un ascenseur vide et appuie sur le bouton pour descendre. À chaque arrêt, un homme entre dans la cabine. Ils sont cinq quand l’ascenseur, au lieu de s’arrêter au rez-de-chaussée, descend jusqu’au sous-sol. La porte s’ouvre sur un salon dont il est impossible de sortir : pas de bouton pour ouvrir la porte de l’ascenseur qui s’est refermée. Au milieu de la pièce, cinq sièges autour d’une table ronde. « On dirait un rêve », remarque un des hommes. « Mes rêves sont plus effrayants que ça, presque incroyables, mais semblent réels » lui répond un autre. Chacun des cinq est pressé par les quatre autres de raconter son cauchemar récurrent…

Le Caveau de la terreur (The Vault of Horror), réalisé par Roy Ward Baker en 1972, est la cinquième d’une série de sept adaptations, produites par Amicus pour le grand écran, de bandes dessinées publiées jusqu’en 1956 par Entertaining Comics, plus connues sous le nom d’EC Comics, proposant dans les domaines de l’horreur, du crime et de la science-fiction, plusieurs collections, Tales from the Crypt, Vault of Horror, Weird Fantasy, Shock SupenStories, The Haunt of Fear… La maison d’édition, créée par Maxwell Gaines au début des années 40, donnait une large place aux ouvrages éducatifs et religieux, quand elle fut reprise à sa mort, en 1947, par son fils Bill Gaines qui créa le magazine humoristique Mad en 1952 et, sous la pression de la censure, mit fin en 1956 aux EC Comics qui renaîtront pourtant de leurs cendres en 1964.

Le Caveau de la terreur, reprend la recette d’Histoires d’outre-tombe (Tales from the Crypt), réalisé une année plus tôt par Freddie Francis, toujours avec cinq personnages, chacun racontant son rêve : Midnight Mess ou tel est pris (par les vampires) qui croyait prendre, The Neat Job montrant où peut mener la maniaquerie, This Trick’ll Kill You, sur la mauvaise fortune du prestidigitateur qui ne croyait pas à la magie, Bargain in Death, sur les risques encourus en commettant une escroquerie à l’assurance, et Drawn and Quartered, sur la puissance de la sorcellerie vaudou expérimentée par un peintre.

Amicus choisit de se démarquer de l’exubérance gothique des productions de Hammer Films en ancrant ses films dans la réalité contemporaine, ici en plein dans celle des années 70. Les contraintes budgétaires imposaient un calendrier de tournage serré et le découpage en sketches permettait de réunir une distribution prestigieuse à un coût raisonnable en limitant le cachet des stars à une seule journée.

Le Caveau de la terreur rassemble des acteurs triés sur le haut du panier : Terry-Thomas, l’un des acteurs plus populaires du Royaume Uni, Denholm Elliott, Michael Craig, Curd Jürgens, Dawn Addams et Anna Massey, révélée en 1960 par le rôle de Helen, la jeune femme dangereusement attirée par Mark Lewis dans l’inoubliable film de Michael Powell Le Voyeur (Peeping Tom).

Voilà à votre disposition les premiers titres d’une nouvelle collection lancée par ESC Éditions, British Terrors, qui comprend déjà Histoires d’outre-tombe, une autre adaptation des EC Comics, Le Train des épouvantes, Les Contes aux limites de la folie, tous inédits en vidéo, sauf Asylum.

Le Caveau de la terreur

Généralités - 4,5 / 5

Le Caveau de la terreur (82 minutes) et ses suppléments (15 minutes) tiennent sur un Blu-ray BD-50 et un DVD-9, logés dans la couverture d’un Mediabook illustré de 16 pages, écrit par Marc Toullec. Le test porte sur le DVD, seul fourni.

Le menu animé et musical propose le film dans sa version originale, avec sous-titres optionnels, et dans un doublage en français, les deux au format Dolby Digital 1.0 (DTS-HD Master Audio 1.0 vraisemblablement sur le Blu-ray).

Dans son article intitulé Le Caveau de la terreur, quitte ou double, Marc Toullec indique que seul un des sketches, The Neat Job, est repris des EC Comics, les quatre autres ont été imaginés par Milton Subotsky, cofondateur de la société de production Amicus, et auteur du scénario qui a peu inspiré Roy Ward Baker. Il dirigera pourtant le dernier de la série des films à sketches, Le Club des Monstres, en 1980. Le jugement sévère par Bill Gaines du Caveau de la terreur mettra fin à la collaboration entre Amicus et EC Comics. Le casting, en dépit de sa richesse, se ressent de l’absence d’acteurs emblématiques du genre, tels Christopher Lee ou Peter Cushing. L’article rapporte des anecdotes sur le tournage, notamment sur les effets spéciaux. Le film, tièdement accueilli aux USA et au Royaume Uni, ne fut distribué en France qu’en cassette VHS.

Le Caveau de la terreur

Bonus - 4,0 / 5

Présentation de la Amicus par Laurent Aknin (5’). Cette petite firme de production qui s’est fait une spécialité dans le créneau des films à sketches fut fondée en 1962 par deux Américains, Milton Subotsky et Max J. Rosenberg, en Grande-Bretagne, un marché porteur pour les films de série B, moins en vogue aux USA, avec l’ambition de « marcher sur les plates-bandes de Hammer Films » en récupérant à l’occasion certains de ses acteurs, et avecdeux lignes directrices : le choix d’une épouvante contemporaine, et la production de films à sketches avec un seul réalisateur pour l’ensemble des histoires. Amicus se lancera ensuite dans des films sur les mondes perdus jusqu’à tirer sa révérence avec un dernier hommage aux films à sketches avec Le Club des Monstres (The Monster Club), réalisé par Roy Ward Baker en 1980.

Entretien avec Laurent Aknin (13’). Il explique le relatif échec du film par le durcissement de la concurrence sur le marché du film d’horreur à petit budget, notamment par la télévision, et par un casting à contre-emploi. D’autre part, le genre est en train de se renouveler depuis la sortie, en 1968, de La Nuit des morts vivants de George A. Romero.

Le Caveau de la terreur

Image - 4,0 / 5

L’image (1.85:1), 1080p, AVC), lumineuse et stable, débarrassée des taches parasites, offre des couleurs légèrement moins ravivées que celles des Histoires d’outre-tombe mais mieux étalonnées, avec une réduction du bruit qui respecte mieux la texture argentique.

Son - 4,0 / 5

Le son Dolby Digital 1.0 de la version originale, propre, presque sans souffle, restitue les dialogues avec clarté dans un bon équilibre avec l’ambiance et l’accompagnement musical, souffrant occasionnellement de distorsions dans les passages forte.

Un avertissement indique que la version doublée, « la seule existante, comporte un certain nombre de défauts ». L’accompagnement musical, très en retrait, manque, en effet, de netteté et de dynamique.

Crédits images : © ESC Éditions

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

Moyenne

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Philippe Gautreau
Le 5 novembre 2018
Le Caveau de la terreur reprend la recette d’Histoires d’outre-tombe, tourné un an plus tôt : raconter cinq histoires macabres, ancrées dans la réalité contemporaine, ici en plein dans celle des années 70, avec des acteurs triés sur le haut du panier. Une entreprise de la société américaine Amicus pour tailler des croupières à Hammer Films, sur son propre terrain.

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