La Nuit des généraux (1967) : le test complet du Blu-ray

The Night of the Generals

Combo Blu-ray + DVD

Réalisé par Anatole Litvak
Avec Peter O'Toole, Omar Sharif et Tom Courtenay

Édité par Sidonis Calysta

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Le 18/02/2019
Critique

La Nuit des généraux

Varsovie, dans la nuit du 12 décembre 1942, une prostituée est sauvagement poignardée dans son appartement. Un témoin, caché dans les toilettes d’un palier, n’a pas vu le visage de l’homme qui descendait l’escalier, seulement son pantalon avec une bande rouge, donc celui d’un général de la Wehrmacht. Seuls trois généraux présents à Varsovie cette nuit-là n’ont pas d’alibi : les généraux Tanz, Kahlenberge et von Seydlitz-Gabler. Le major Grau, chef du service de renseignements allemand en Pologne dont la victime était un de ses agents, décide d’interroger les trois officiers.

La Nuit des généraux, une coproduction franco-britannique sortie en 1967, est l’avant-dernier des 36 longs métrages d’Anatole Litvak. Né à Kiev en 1902, il quittera l’URSS en 1925, réalisera quatre films en Allemagne qu’il quittera en 1933 à l’arrivée au pouvoir de Hitler pour réaliser ses films en Europe et aux USA.

Le scénario de La Nuit des généraux est l’adaptation par Joseph Kessel et Paul Dehn du roman de Hans Hellmut Kirst, publié en 1962, Die Nacht der Generale, et d’une idée originale empruntée à un roman de James Hadley Chase.

« Le meurtre n’est-il pas l’occupation habituelle des généraux ? » « Disons alors que ce qui est admirable à grande échelle est monstrueux à petite échelle. »

Le fil rouge est l’inébranlable détermination du major Grau à faire payer l’assassinat de Varsovie, dans une longue enquête qui n’aboutira qu’en 1965. En toile de fond, le film relate certains événements historiques, particulièrement la tentative d’élimination d’Adolf Hitler dans « la tanière du loup » (Wolfsschanze) par Claus von Stauffenberg, le 20 juillet 1944. D’importants moyens ont été mis en oeuvre pour reconstituer la neutralisation de la résistance à Varsovie et l’occupation allemande de Paris. Une reconstitution spectaculaire, en dépit de quelques incohérences relevées par les spectateurs les plus attentifs. Se greffe aussi à l’intrigue principale, la romance entre un caporal, le chauffeur de Tanz, et Ulrika, la fille du général von Seydlitz-Gabler.

Un point fort du film est sa distribution, avec les retrouvailles de Peter O’Toole et Omar Sharif, cinq ans après le tournage de Lawrence d’Arabie, et la participation de Dolnald Pleasence, Tom Courtenay, Charles Gray, Philippe Noiret, Christopher Plummer et même de Juliette Gréco qui pousse la chansonnette dans une cave de Saint-Germain des Prés.

La Nuit des généraux soutient l’attention pendant près de 2h30 grâce aux rebondissements de son scénario, à la profusion des moyens mis en oeuvre pour faire revivre le passé, à la photo d’Henri Decaë, aux décors d’Alexandre Trauner. Le film vaut aussi pour l’accompagnement musical composé et dirigé par Maurice Jarre à la tête du London Philharmonia Orchestra, pour la qualité des dialogues et pour l’impressionnante performance de Peter O’Toole qui lui valut un David di Donatello du meilleur acteur étranger.

La Nuit des généraux

Généralités - 3,5 / 5

La Nuit des généraux (145 minutes) et ses suppléments (88 minutes) tiennent sur un Blu-ray BD-50 accompagné d’un DVD, logés, dans cette édition combo de la nouvelle Collection Films de guerre de Sidonis Calysta, dans un boîtier non fourni pour le test, effectué sur un check disc du Blu-ray.

Le menu animé et musical propose le film dans sa version originale, avec sous-titres imposés, mais idéalement placés sur la bande noire sous l’image, et dans un doublage en français, les deux au format audio DTS-HD Master Audio 1.0.

Bonus - 4,5 / 5

Avec l’intention de s’attarder sur la vie de Sir Peter O’Toole (1992, VOST, 45’). Interrogé par un journaliste, Peter O’Toole lit et commente une sorte d’autobiographie intitulée Loitering with Intent, dans laquelle deux personnages émergent, son père, qu’il admirait, et Hitler, qu’il détestait, une ombre qui l’a terrifié dans son enfance, « le Mordred de La Légende du Roi Arthur, avec son funeste cortège ». On voit Peter O’Toole revisiter le Yorkshire industriel où il retrouve des gens qui se souviennent de son père, des matches de cricket… Il évoque le souvenir d’une nuit à Beyrouth où Omar Sharif et lui ont perdu au jeu jusqu’à leur dernier penny pendant le tournage de Lawrence d’Arabie, le plaisir qu’il a tiré de sa carrière d’acteur commencée sur les planches du Bristol Old Vic. On le suit, curieusement, sur les traces de Hitler à Vienne et au Berghof, une obsession qui le conduira à tenir, dans Rogue Male (Clive Donner, 1976), le rôle d’un aristocrate résolu à abattre le Führer… Le documentaire se termine sur une scène de la farce musicale Dieu et mon droit (The Ruling Class, Peter Medak, 1972).

Présentation du film par Bertrand Tavernier (Sidonis Calysta, 2018, 33’). Cinéaste sous-estimé, décrié par la Nouvelle vague mais défendu par Paul Vecchiali, Anatole Litvak apparaît aujourd’hui comme un cinéaste important ce qu’avait révélé, dès 1932, son film Coeur de lilas. Il est aussi le réalisateur du premier film antinazi aux USA, Les Aveux d’un espion nazi (Confessions of a Nazi Spy, 1939). Il quitte Hollywood au début de la chasse aux sorcières lancées par le sénateur McCarthy et tournera tous ses autres films en Europe. Son engagement contre le nazisme s’est affirmé par le remarquable Le Traitre (Decision Before Dawn, 1951). On peut éventuellement reprocher à La Nuit des généraux que la sous-intrigue sur l’attentat contre Hitler prenne trop de place, mais il faut rejeter les critiques sur le jeu outré de Peter O’Toole, remarquable dans son interprétation d’un personnage particulièrement malsain.

Présentation du film par Patrick Brion (Sidonis Calysta, 2018, 10’). Après avoir fui la Russie stalinienne, puis l’Allemagne hitlérienne, Litvak a réalisé quelques films en France, dont Mayerling, avant de rejoindre les USA (bien avant l’occupation comme le dit Patrick Brion). Il cite, lui aussi, parmi les films tournés outre-Atlantique, Les Aveux d’un espion nazi, La Fosse aux serpents et Le Traître.

Quelques redites dans les deux présentations.

La Nuit des généraux

Image - 5,0 / 5

L’image (2.35:1, 1080p, AVC), restaurée sous la supervision de Sony, parfaitement nettoyée, avec un traitement du grain préservant la texture originelle, agréablement contrastée, propose des couleurs naturelles, très soigneusement étalonnées. Un modèle de restauration !

Son - 5,0 / 5

Le son DTS-HD Master Audio 1.0 de la version originale a, lui aussi, bénéficié d’une exemplaire restauration. Très propre, il assure une vraie clarté des dialogues et restitue sans distorsion et avec finesse la partition de Maurice Jarre. Il peut même être assez spectaculaire dans les scènes de bombardement d’un quartier de Varsovie.

Ces observations valent pour le doublage en français, assez réussi.

Crédits images : © Sidonis/Calysta

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

Moyenne

4,5
5
1
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1
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2
0
1
0

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francis moury
Le 21 février 2019
Pas de commentaire.
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Philippe Gautreau
Le 18 février 2019
L’attention du spectateur est soutenue tout au long du film grâce aux rebondissements du scénario, à la profusion des moyens mis en oeuvre pour faire revivre le passé, à la photo d’Henri Decaë, aux décors d’Alexandre Trauner, à l’accompagnement musical de Maurice Jarre et à une distribution royale, Peter O’Toole en tête, probablement dans son meilleur rôle.

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La Nuit des généraux
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