Exodus (1960) : le test complet du Blu-ray

Combo Blu-ray + DVD

Réalisé par Otto Preminger
Avec Paul Newman, Eva Marie Saint et Ralph Richardson

Édité par Sidonis Calysta

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Le 08/04/2019
Critique

Filmé sur les lieux réels de l’action, Exodus reste, 60 ans après son tournage, un grand livre d’images sur la naissance de l’État d’Israël.

Exodus

En 1947, sur l’île de Chypre, 600 000 Juifs sont retenus dans des camps. L’Angleterre, mandatée par les Nations Unies depuis la chute de l’Empire Ottoman pour assurer la sécurité de la Palestine, craignant une réaction violente de la population arabe, les empêchent de débarquer à Haïfa. Ari Ben Canaan, un agent de l’organisation sioniste Haganah, sous l’uniforme d’un capitaine anglais et avec des documents contrefaits, affrète un vieux cargo pour rejoindre Haïfa avec 600 réfugiés. Il espère que cette initiative spectaculaire attirera l’attention de la presse et poussera l’ONU à autoriser la partition de la Palestine et l’installation sur le futur État d’Israël des Juifs, partout rejetés.

Exodus, sorti en 1960, entre deux de ses films remarquables, Autopsie d’un meurtre (Anatomy of a Murder, 1959) et Tempête à Washington (Advise & Consent, 1962), est l’adaptation par Otto Preminger du roman publié par Leon Uris en 1958, un des plus grands best-sellers de la littérature américaine.

Exodus, en prenant quelques libertés avec l’histoire, rappelle la création de l’État d’Israël, un sujet devenu, avec le temps, plus polémique qu’il ne l’était au moment du tournage du film en 1960. D’autant que le scénario qu’Otto Preminger avait confié à Dalton Trumbo, à un moment où celui-ci était encore dans le collimateur du sénateur McCarthy lancé dans sa traque des « activités anti-américaines », adoucissait les aspérités du roman et se terminait même par un message d’espoir d’Ari Ben Canaan : « Je jure que le jour viendra où les Arabes et les Juifs partageront en paix cette terre ».

Exodus

L’action est magnifiquement photographiée en décors réels, là où elle s’est déroulée, dans le port de Famagusta, à Chypre, à Jérusalem et à Acre, en Israël, avec une belle distribution et une armée de figurants. Le scénario et le montage donnent son rythme au récit avec quelques scènes d’action parfaitement réglées, comme celle de la spectaculaire évasion de la prison d’Acre, tournée sur les lieux mêmes où elle eut lieu en mai 1947.

Paul Newman, qu’on avait beaucoup vu sur le petit écran, venait d’affirmer sa notoriété avec La Chatte sur un toit brûlant (Cat on a Hot Tin Roof, Richard Brooks, 1958). Eva Marie Saint, après être beaucoup apparue sur les écrans de télévision, venait d’attirer l’attention avec La Mort aux trousses (North by Northwest, Alfred Hitchcock, 1958). Les deux forment un couple qui suscite l’empathie du spectateur pour mieux l’impliquer dans une histoire mouvementée.

Auprès d’autres acteurs chevronnés comme Ralph Richardson, Peter Lawford, Lee J. Cobb et Hugh Griffith, on découvre Jill Haworth, une jeune Anglaise de 14 ans et on retrouve un acteur révélé cinq ans plus tôt par La Fureur de vivre (Rebel Without a Cause, Nicholas Ray, 1955), Sal Mineo, qui perdra prématurément la vie, poignardé par un inconnu, à 37 ans.

Exodus reste un grand livre d’images, qui peut rappeler Lawrence d’Arabie sur un sujet tout aussi ouvert à la polémique.

Exodus

Généralités - 4,0 / 5

Exodus (199 minutes, la différence avec la durée originale de 208 minutes tenant au défilement à 25 images/seconde du mode d’affichage 1080i au lieu des 24 images/seconde du 1080p) et ses suppléments (77 minutes) tiennent sur un Blu-ray BD-50 logé, en compagnie de deux DVD, l’un avec le film, l’autre avec les bonus, dans un boîtier non fourni pour le test, effectué sur un check disc, uniquement sur le Blu-ray.

Le menu animé et musical propose le film dans sa version originale au format DTS-HD Master Audio 2.0 stéréo, avec sous-titres imposés, mais idéalement placés au bas de l’image, à cheval sur la bande noire, et dans un doublage en français au format DTS-HD MA 1.0.

À l’intérieur du boîtier, un livret de 52 pages, illustré de photos d’archives et de photos de tournage, s’ouvre sur des repères historiques, allant de la publication, en 1895, du manifeste de Theodor Herzl, Der Judenstaat, à la déclaration de guerre de Ligue Arabe à l’État d’Israël en 1948, et rappelle l’histoire de l’Exodus, sensiblement différente du scénario, donne la liste des livres de Leon Uris adaptés à l’écran. Il raconte ensuite la genèse du film, le rachat des droits d’adaptation du livre à la MGM, les modifications souhaitées par Preminger dans le scénario, finalement confié à Donald Trumbo, le choix des acteurs et des techniciens, le tournage sur film de 65 mm en décors réels à Chypre et en Israël. Produit pour 4 millions de dollars, le film en rapportera près de 22 millions.

Exodus

Bonus - 3,0 / 5

Présentation du film par Bertrand Tavernier (46’). Il aime ce film, pour la qualité d’écriture du scénario et pour la mise en scène synthétique, concise de Preminger, en dépit du traitement superficiel des Arabes, d’ailleurs pratiquement absents du livre. Le film est une ode à la construction d’une nation, soutenue, à l’époque du film, par une grande majorité des États. Bertrand Tavernier commente longuement le choix de Preminger de confier l’écriture du scénario à deux cibles du maccarthysme, Albert Maltz, puis Dalton Trumbo. Le personnage incarné par Eva Marie Saint, s’il peut paraître superflu, aide le spectateur, souvent ignorant du contexte historique, à s’identifier à elle pour le découvrir. Il fait ensuite une fine analyse de la mise en scène de la confession arrachée à Dov (Sal Mineo). Il souligne enfin l’ironie de certains dialogues avec les officiers britanniques et la force de la dernière scène, avec l’opposition entre le discours d’Ari / Paul Newman, un message d’espoir, et les images d’une guerre qui s’engage. Une présentation un peu trop disserte.

Présentation du film par Patrick Brion (31’). Il distingue trois parties dans la carrière d’Otto Preminger : d’abord le film tourné en Autriche, Die grosse Liebe en 1931, puis son passage à la Fox avec Laura, puis l’indépendance vis-à-vis des studios avec les films à thème, L’Homme au bras d’or en 1955, Autopsie d’un meurtre (Anatomy of a Murder, 1959) et Exodus. La MGM, qui avait acheté, pour 75 000 dollars, les droits du livre avant qu’il ne soit écrit, accepta de les céder à Preminger. Il finit par confier le scénario à Dalton Trumbo qui l’écrira en trois semaines. Preminger a édulcoré le propos anti-britannique et anti-arabe du roman ce qui l’a obligé à prendre quelques précautions avec les autorités israéliennes. Cette présentation reprend pratiquement toutes les informations du livret.

Pour finir, la bande-annonce, en version originale sans sous-titres.

Exodus

Image - 4,0 / 5

L’image (2.35:1, 1080i, AVC), lumineuse, très propre, avec une réduction du grain légèrement exagérée, propose des couleurs naturelles, correctement étalonnées, des contrastes fermes et des noirs denses, assurant une bonne lisibilité des scènes de nuit.

Une copie 70 mm, cadrée au format 2.20:1, projetée dans certaines salles, offrait un son sur 6 pistes.

Son - 3,5 / 5

Le son DTS-HD Master Audio 2.0 stéréo de la version originale, avec une assez large ouverture de la bande passante, une dynamique satisfaisante et une bonne séparation des deux voies réussit à créer une discrète sensation dans l’ambiance et donne une belle ampleur à la musique d’Ernest Gold, saluée par un Oscar. Les dialogues sont souvent affectés par un timbre un peu caverneux qui ne va pas jusqu’à nuire à leur intelligibilité.

On regrettera l’absence du format 5.1, d’autant plus qu’une copie de 1960 disposait d’un son sur 6 pistes (6-Track Westrex Recording System).

Le son étriqué du doublage en français DTS-HD MA 1.0 place les dialogues trop en avant, au point d’estomper les bruits d’ambiance.

Exodus

Crédits images : © Sidonis Calysta

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

Moyenne

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Philippe Gautreau
Le 8 avril 2019
Magnifiquement photographié en décors réels, là où l’action s’est déroulée, avec un scénario et un montage qui donnent du rythme au récit, des scènes d’action parfaitement réglées, Exodus reste, soixante ans après son tournage, un grand livre d’images sur la naissance de l’État d’Israël.
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franck
Le 29 septembre 2005
très belle distribution

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