Xtro (1982) : le test complet du Blu-ray

Réalisé par Harry Bromley-Davenport
Avec Philip Sayer, Bernice Stegers et Danny Brainin

Édité par Le Chat qui Fume

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Le 07/05/2024
Critique

Classique de la science-fiction anglaise, oscillant entre effets spéciaux sanglants, inquiétude fantastique et humour noir.

XTRO

Angleterre 1982 : Sam Phillips est enlevé par des extra-terrestres dans son jardin, sous les yeux de son fils Tony. Trois ans plus tard, alors que son épouse Rachel a refait sa vie avec un jeune photographe de publicité, d’horribles crimes sont commis dans la région. Sam, intérieurement métamorphosé, réapparaît, se fait héberger par Rachel en lui assurant qu’il est amnésique mais il ment. Il profite en réalité de son séjour pour conférer à son fils de monstrueux pouvoirs et pour préparer l’invasion de la Terre par la nouvelle race hostile aux hommes.

Xtro (GB 1982) de Harry Bromley Davenport (né à Londres en 1950) avait reçu le Grand prix du Festival du film fantastique et de science-fiction programmé au cinéma parisien Le Rex en 1983. Le titre original est une abréviation signifiant en anglais « extra-terrestre ». Son scénario reprend les thèmes classiques de science-fiction que sont le rapt d’un être humain par une race extra-terrestre et celui, plus rare, de la fécondation d’un être humain par une race extra-terrestre. Il s’inscrit dans une lignée cinématographique qui remonte à des cinéastes aussi divers que Don Siegel (USA 1955), Gene Fowler Jr. (USA 1958), Larry Cohen (USA 1976), Norman J. Warren (GB 1977 et 1980), Philip Kaufman (USA 1978). Un mot sur le casting féminin : Bernice Stegers venait de tourner en vedette féminine pour les cinéastes Federico Fellini et Lamberto Bava. C’était la premier rôle de Maryam D’Abo cinq ans avant qu’elle soit la « James Bond girl » du film d’espionnage de John Glen (USA-GB 1987) appartenant à la fameuse série. Le terrible cocon qui la métamorphose évoque un peu celui visible quinze ans plus tôt dans Le Vampire a soif (The Blood Beast Terror, GB 1967) de Vernon Sewell. Elles sont cependant toutes deux éclipsées par le jeu remarquable de Philip Sayer, mort prématurément quelques années après le tournage. La scène de l’accouchement demeure toujours aussi spectaculaire en raison de la mise en scène intelligente de Bromley Davenport et des effets spéciaux sanglants conçus et réalisés par Tom Harris et Francis Coates. Certains critiques ont réduit le film à cette séquence-choc : c’est une erreur car la continuité de l’ensemble instaure une récurrente inquiétude, fruit d’une inspiration poétique et d’une critique sociale à l’humour très noir. Bien sûr, certains effets évoquent des précédents dans l’histoire immédiatement antérieure du cinéma fantastique de science-fiction  : la toupie égorgeuse fait ainsi penser, en raison de la géométrie de ses déplacements vers sa victime, au Terreur extraterrestre (Without Warning, USA 1979) de Greydon Clark. Et le thème de la fécondation évoque inévitablement celui du Inseminoïd (GB-HK 1980) de Norman J. Warren, distribué un an plus tôt. Reste que, co-produit par Mark Forstater en collaboration avec la firme américaine New Line Pictures, le succès commercial de Xtro là-bas permit à la firme de Robert Shaye de se renflouer alors qu’elle traversait une passe difficile, en attendant la production de Les Griffes de la nuit (A Nightmare on Elm Street , USA 1984) de Wes Craven.

Harry Bromley Davenport avait débuté en signant le scénario et la mise en scène du rare Whispers of Fear (GB 1974 inédit au cinéma en France). Ce film fantastique (tourné en TechniScope) racontait la montée de la folie chez une jeune femme vivant dans une demeure isolée : Bromley Davenport s’était inspiré du Répulsion (GB 1965) de Polanski. Il écrivit ensuite l’adaptation du scénario de Le Cercle infernal (Full Circle / The Haunting of Julia, Can.-G.B. 1977) de Richard Loncraine mais c’est véritablementXtro auquel son nom demeure aujourd’hui associé. Son succès critique et commercial engendra deux suites : Xtro II : The Second Encounter (Can. 1990) avec Jan-Michael Vincent et Xtro III : Watch the Skies (USA 1995) avec Robert Culp, réputé pour être le plus violent des trois titres. En 2018, un Xtro IV - The Big One était annoncé mais il semble qu’il soit demeuré à l’état de projet en dépit de quelques séquences effectivement filmées et dont certains plans font regretter qu’il n’ait pas abouti.

XTRO

Présentation - 3,0 / 5

1 digipack tirage limité 1000 exemplaires contenant 1 BRD 50 Full HD 1080p région B, édité par Le Chat qui fume en mars 2024. Image couleurs au format 1.77 (comme toutes les autres éditions DVD) à partir d’un format 1.85 original, compatible 16/9. Son DTS-HD Master Audio 2.0 Mono VOSTF + VF. Durée du film : 86 min. 02 sec. Suppléments : montage alternatif (86 min. 51 sec.) + documentaires Explorer Xtro + Le monde de Xtro + Beyond Xtro + Bande-annonce.

Bonus - 4,0 / 5

montage alternatif : la différence principale avec le montage original se situe durant la dernière minute, modifiant la fin. Les deux sont intéressantes et plastiquement réussie ; dans l’une Rachel est devenue un instrument des extra-terrestres ; dans l’autre un léger doute subsiste mais la mise en scène le suggère tout de même.

Explorer Xtro (2018, durée 57 min. environ, VOSTF) : ample documentaire avec le réalisateur Harry Bromley-Davenport, l’actrice Bernice Stegers, le producteur Mark Forstater et quelques autres membres de l’équipe technique et du casting, l’historien anglais du cinéma Alan Jones (qui intervient très peu). Comme d’habitude, les intervenants ont tendance à se congratuler mais pas toujours : Bromley Davenport demeure objectif et critique, par exemple, d’un bout à l’autre. Nombreuses informations de première main sur la genèse, la production, le tournage, l’exploitation et la réception commerciale et critique. Nombreux extraits du film, quelques photos N&B de tournage, quelques affiches, VHS, et bandes-annonces.

Le monde de Xtro (2018, durée environ 27 min.,VOSTF) : avec Dennis Atherton, Harry Bromley-Davenport, Mark Forstater. Un cinéphile admirateur du film l’analyse et ses remarques sont, au montage, commentées par le producteur anglais et le réalisateur : nombreux extraits du film, à nouveau, mais on apprend de nouvelles informations : par exemple Bromley Davenport confirme que certaines séquences de transition furent sacrifiées faute de temps pendant le tournage : cela renforça les effets de surprise du montage.

Beyond Xtro (2018, durée environ 7 min.,VOSTF) : Bromley-Davenport et Forstater envisagent en temps réel un nouveau film intitulé Xtro-The Big One dont l’action se déroulerait durant le possible tremblement de terre géant redouté à Los Angelès et dont on nous montre en exclusivité quelques séquences et plans-tests déjà filmés. Les unes comme les autres sont parfois savoureux mais, six ans plus tard, il semble que ce projet n’ait pas été finalisé.

Bande-annonce (durée environ 2 min.,VOSTF : état argentique assez médiocre mais belles couleurs et grain préservé. Excellent montage donnant une parfaite idée du film.

Ces bonus sont une bonne sélection en VOSTF provenant de l’édition collector Second Sight de 2018 qui comportait au total une dizaine de bonus. Ils méritent la note maximum que je baisse cependant d’un demi-cran en raison de l’absence d’une authentique galerie affiches et photos d’exploitation.

XTRO

Image - 4,0 / 5

Format 1.77 à partir du 1.85 original, en couleurs et compatible 16/9, en Full HD 1080p sur Blu-ray. Image argentique très bien nettoyée et restaurée. Excellente définition mais couleurs un peu froides : je préfère les couleurs un peu plus chaudes et le grain un peu plus prononcé de la bande-annonce offerte en bonus, davantage fidèles à ceux de la copie argentique originale. Reste que, pour l’instant, cette édition présente la meilleure image disponible sur le marché et devient donc l’édition française de référence.

Son - 4,0 / 5

VF + VOSTF en DTS-HD Master Audio 2.0 mono. Pistes son bien restaurées et nettoyées. La VF est honnête et fonctionnelle. Les STF nomment curieusement « Analise » le personnage de la jeune fille au pair Anne-Lise joué par Maryam d’Abo. Musique à base de synthétiseur, composée par le réalisateur lui-même : il est moins inspiré que John Carpenter à la même époque et avec le même matériel (ou proche) mais parvient, lors de certaines séquences, à parfaire la tension visuelle de certains plans.

Crédits images : © Amalgamated Film Enterprises

Configuration de test
  • Téléviseur 4K LG Oled C7T 65" Dolby Vision
  • Panasonic BD60
  • Ampli Sony
Note du disque
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francis moury
Le 8 mai 2024
Classique de la science-fiction anglaise, oscillant entre effets spéciaux sanglants, inquiétude fantastique et humour noir.

PS (à lire une fois qu'on aura visionné le film et ses deux fins alternatives) :
La fin voulue par le réalisateur n'avait pas été acceptée par le coproducteur américain Robert Shaye (New Line) qui imposa l'une des deux fins visibles ici (celle filmée en vastes plans d'extérieurs à la campagne, à l'aube) dans le montage présenté à New York.
Bromley-Davenport ne l'aimait pas car il la jugeait trop abrupte et pas assez explicite. Il obtint le financement et les quelques jours supplémentaires permettant d'améliorer la fin qu'il souhaitait de son côté mais en la modifiant néanmoins assez pour que Rachel devienne assurément la proie / l'instrument des "xtro-terrestres" : c'est l'autre fin présentée en bonus.

La première fin imaginée par le cinéaste demeura à l'état de projet : elle annonçait clairement le début de la domination "xtro-terrestre" de la Terre.
La seconde fin — une des deux effectivement filmées (vous me suivez ?) — demeurait sur une sorte de point d'interrogation concernant Rachel.
La troisième fin - une des deux effectivement filmées (vous me suivez toujours ?) — annonce à nouveau clairement ce même début de domination.

On peut dire que le coproducteur américain fut, concernant la fin de XTRO, davantage timide que le cinéaste anglais.

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