A l'ombre des potences (1955) : le test complet du Blu-ray

Run for Cover

Édition Limitée Blu-ray + DVD

Réalisé par Nicholas Ray
Avec James Cagney, John Derek et Ernest Borgnine

Édité par Sidonis Calysta

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Le 10/05/2019
Critique

Un estimable western qui éclipse la violence sous-jacente pour donner de l’épaisseur aux deux personnages principaux.

À l'ombre des potences

Mat Dow et Davey Bishop viennent de se rencontrer quand ils sont injustement soupçonnés de l’attaque d’un train. Davey sera gravement blessé à la jambe au cours de leur arrestation. Disculpés, ils acceptent de devenir sheriffs. Peu de temps après, la banque locale est attaquée…

À l’ombre des potences (Run for Cover), sorti en 1955 est un des quatre westerns réalisés par Nicholas Ray après Les Indomptables (The Lusty Men, 1952) et Johnny Guitar (1954), une des grandes références du genre, et avant Le Brigand bien-aimé (The True Story of Jesse James, 1957).

Nicholas Ray a touché à tous les genres. Au film noir, dès sa première réalisation, Les Amants de la nuit (They Live by Night, 1948), puis avec Les Ruelles du malheur (Knock et Any Door, 1949) et Le Violent (In a Lonely Place, 1950) les deux avec Humphrey Bogart, et ensuite Traquenard (Party Girl, 1958). Au film de guerre, avec Amère victoire (Bitter Victory, 1957) et Les Diables de Guadalcanal (Flying Leathernecks,1951), au péplum à grand spectacle avec Le Roi des rois, (King of Kings, 1961) et même à la comédie musicale avec L’Ardente gitane (Hot Blood, 1956), sans oublier, bien sûr, La Fureur de vivre (Rebel Without a Cause), son film le plus connu, tourné juste après À l’ombre des potences.

À l’ombre des potences éclipse la violence sous-jacente (on ne nous montre que les bottes d’un homme pendu sans autre forme de procès) pour donner de l’épaisseur aux deux personnages principaux, interprétés par James Cagney, un habitué des rôles de gangster, très à l’aise ici dans celui d’un homme droit, attentif à maintenir l’ordre par des moyens légaux, et par John Derek, un peu moins convaincant dans le rôle de Davey.

À l’ombre des potences s’appuie sur un solide scénario écrit par Winston Miller qui avait assisté David O. Selznick à la réécriture d’Autant en emporte le vent (Gone with the Wind, 1939) et Nicholas Ray avait confié la photographie à Daniel L. Fapp, chef-opérateur chevronné, celui de West Side Story (Robert Wise, 1961) qui lui vaudra un Oscar, et de La Grande évasion (The Great Escape, John Sturges, 1963).

On reconnaît dans les seconds rôles Viveca Lindfors, une actrice suédoise « importée » en 1946 par Warner Brothers pour concurrencer Greta Garbo, sous contrat avec MGM, Jean Hersholt (Greed - Les rapaces, Erich von Stroheim, 1924) dont ce fut le dernier rôle, et Jack Lambert, une des gueules du western.

En dépit de la lourdeur de l’accompagnement musical du prolixe Howard Jackson (473 compositions pour le cinéma et la télé, surtout de courts-métrages documentaires, dont 23 pendant la seule année 1955 !), À l’ombre des potences est un estimable western, désormais disponible en vidéo depuis que Sidonis Calysta l’a ajouté aux quelques 400 titres de sa collection Western de légende.

À l'ombre des potences

Généralités - 3,5 / 5

À l’ombre des potences (92 minutes) et ses suppléments (24 minutes) tiennent, dans cette édition combo, sur un Blu-ray BD-50 et sur un DVD-9 logés dans un boîtier glissé, comme tous les autres de la collection Western de légende, dans un fourreau (conditionnement non fourni pour le test, effectué sur check disc, sur le seul Blu-ray).

Le menu animé et musical propose le film dans sa version originale, avec sous-titres imposés un peu haut placés sur l’image, et dans un doublage en français, les deux au format audio Dolby Digital 1.0.

Bonus - 4,5 / 5

Présntation par Patrick Brion (12’). 1955 fut une année faste pour le western avec, notamment, la sortie de L’Homme de la plaine (The Man from Laramie, Anthony Mann) et de L’Homme qui n’a pas d’étoile (The Man Without a Star, King Vidor). Éclipsé par le succès de Johnny Guitar et de La Fureur de vivre, À l’ombre des potences se distingue pourtant par la qualité du scénario de Winston Miller, auteur de celui de La Poursuite infernale (My Darling Clementine, John Ford, 1946). Je laisse à Patrick Brion la responsabilité de dire que James Cagney sert de « faire-valoir » à John Derek, « le personnage le plus important du film », dont il loue les talents d’acteur, puis de réalisateur. Il souligne qu’on retrouve dans À l’ombre des potences le thème des jeunes mis à l’écart de la société, récurrent dans l’oeuvre de Nicholas Ray.

Présentation par François Guérif (12’). Certains ont reproché à Nicholas Ray d’avoir accommodé à la sauce western le pitch de son film Les Routes du malheur (Knock on Any Door) tourné un an plus tôt. James Cagney, dans ses mémoires, dit que le film souffre d’un montage qui met en avant trop de clichés. Le film est remarquable pour ses ellipses (on ne voit ni le lynchage, ni l’attaque des Comanches) et pour sa délicatesse, notamment dans les deux scènes de la demande en mariage. Pierre Giuliani, dans son livre sur Nicholas Ray, juge que ce film est la synthèse de tout l’oeuvre du cinéaste.

À l'ombre des potences

Image - 4,0 / 5

L’image, originellement présentée en salles au format 2.00:1, a été recadrée à 1.78:1, comme elle l’avait d’ailleurs été pour l’édition Blu-ray par Olive Films, sortie aux USA en 2012. Un peu douce, elle a été soigneusement nettoyée, sans réduction excessive du grain, et propose des couleurs ravivées qui rappellent le Technicolor d’origine. La restauration a laissé subsister un léger scintillement occasionnel.

Espérons que la prochaine édition vidéo respectera le format d’image original.

Son - 4,0 / 5

Le son DTS-HD Master Audio 1.0, très propre lui aussi, restitue avec clarté les dialogues dans un bon équilibre avec l’ambiance et l’accompagnement musical.

On n’en dira pas autant du doublage, par ailleurs assez vulgaire, qui place les dialogues trop en avant au point d’estomper souvent l’ambiance.

Crédits images : © Sidonis Calysta

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

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Philippe Gautreau
Le 11 mai 2019
Ce western du grand Nicholas Ray, encore inédit en vidéo en France, nous arrive enfin, dans une remarquable édition. Un film à découvrir pour l’originalité de son scénario, la rigueur de sa mise scène et... James Cagney en tête d’affiche !

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A l'ombre des potences
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