Céline (1992) : le test complet du Blu-ray

Réalisé par Jean-Claude Brisseau
Avec Isabelle Pasco, María Luisa García et Danièle Lebrun

Édité par Gaumont

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Le 25/03/2019
Critique

Céline

Céline, 22 ans, est prostrée, sous une pluie battante : son père, un riche publicitaire, est mort en lui révélant qu’il l’avait adoptée à la mort de sa mère, une de ses employées. Geneviève, une infirmière, la met à l’abri, la sauve d’une tentative de suicide et va l’aider à reprendre goût à la vie…

Céline, le quatrième long métrage pour le grand écran de Jean-Claude Brisseau, sorti en 1992, trois ans après Noce blanche, son plus grand succès commercial, est une oeuvre à part dans sa filmographie.

Particulier par son style épuré, avec de nombreux plans fixes et quelques lents mouvements de caméras, il se caractérise aussi par une remarquable utilisation de la lumière, rappelant l’expressionnisme allemand, sert la beauté du film dont la photographie a été assurée par Romain Winding. Chef opérateur de cinq réalisations de Jean-Claude Brisseau, il recevra en 2013 le César de la meilleure photographie en 2012 pour Les Adieux à la reine.

La lumière sert aussi le récit : elle suit la renaissance de Céline, les ambiances sombres des extérieurs du début du film allant, après le feu libérateur des attaches au passé, vers un ensoleillement progressif des cadres, aux limites de la surexposition dans les dernières séquences. Une atmosphère poétique, délicatement accompagnée par la musique de Georges Delerue.

Céline se distingue aussi dans l’oeuvre de Jean-Claude Brisseau par la place qu’il donne au fantastique, ce qu’avait esquissé De bruit et de fureur en 1988. Un fantastique évanescent, voire incertain : la lévitation de Céline n’est-elle pas seulement le fruit de l’imagination de Geneviève. Elle se le demande elle-même… il faisait si sombre.

Céline est un drame à deux personnages, Geneviève, interprétée avec sensibilité et naturel par María Luisa García, au générique sous le nom de Lisa Hérédia, compagne de Jean-Claude Brisseau, qui a contribué à bon nombre de ses films en tant qu’actrice, monteuse, directrice artistique ou créatrice des costumes. Dans le rôle-titre, Isabelle Pasco, ici dans un de ses meilleurs emplois. On voit dans une scène Danièle Lebrun, incarnant la mère adoptive de Céline.

Céline

Généralités - 3,0 / 5

Céline (87 minutes) et ses suppléments 40 minutes) tiennent sur un Blu-ray BD-50 logé dans un coffret blanc de 11 mm.

Le menu fixe et muet propose le film au format audio DTS-HD Master Audio 1.0 avec sous-titres pour malentendants.

Bonus - 3,0 / 5

Une fenêtre sur le monde (40’), une présentation du film par David Vasse, auteur de Jean-Claude Brisseau entre deux infinis (Rouge profond, 19 mars 2015). Céline reprend le thème de Noce blanche, celui du sauvetage d’une jeune fille abandonnée, désespérée. Mathilde est secourue par une figure de l’autorité, un professeur, Céline par Geneviève, une infirmière. Les deux sont sauvées par la connaissance. Céline, après s’être détachée des biens matériels, encouragée par Geneviève, va accéder à la spiritualité, se « fondre » dans une nature panthéiste dont elle va pouvoir absorber les forces. Céline révèle l’influence du cinéma classique, en particulier de l’expressionnisme allemand et donne au fantastique une plus grande place que ne l’avait fait De bruit et de fureur. David Vasse souligne l’utilisation de la lumière, notamment dans la scène où Céline étend le linge qui fait penser à un tableau de Vermeer. Il voit dans l’oeuvre de Jean-Claude Brisseau « un cinéma de la passion, de la sublimation, de l’excès (…) une forme d’autoportrait, (…) une contagion des sens ».

Bande-annonce.

Céline

Image - 5,0 / 5

L’image (1.37:1, un cadre étroit privilégié par le réalisateur), après une restauration qui l’a débarrassée de toutes les taches, en préservant le grain argentique, et stabilisée, propose des couleurs naturelles avec d’agréables contrastes qui mettent en valeur les jeux de lumière des séquences ensoleillées et les clairs-obscurs des scènes de nuit.

Son - 4,5 / 5

Le son mono d’origine, proposé au format DTS-HD Master Audio 1.0, très propre, avec un souffle résiduel à peine perceptible, restitue avec finesse et clarté les dialogues, l’orage, la pluie, le chant des oiseaux, le bruissement des feuilles et la musique de Georges Delerue, aérée et sans distorsions.

Céline

Crédits images : © 1992 GAUMONT / LA SORCIERE ROUGE

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
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Philippe Gautreau
Le 25 mars 2019
Cette oeuvre à part dans la filmographie de Jean-Claude Brisseau, avec une remarquable utilisation de la lumière, crée une atmosphère poétique, teintée de fantastique, délicatement accompagnée par la musique de Georges Delerue.

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