L'Homme de Berlin (1953) : le test complet du Blu-ray

The Man Between

Combo Blu-ray + DVD

Réalisé par Carol Reed
Avec James Mason, Claire Bloom et Hildegard Knef

Édité par Tamasa Diffusion

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Le 11/03/2019
Critique

L'Homme de Berlin

Susan Mallison, une jeune Anglaise, arrive à Berlin quelques années après la fin de la guerre, pour rendre visite à son frère Martin, un médecin militaire, et à son épouse allemande, Bettina. Elle fait la rencontre d’Ivo Kern, un homme mystérieux que Bettina semble connaître…

L’Homme de Berlin (The Man Between), le 19ème long métrage de Carol Reed, éclipsé par son chef-d’oeuvre Le Troisième homme (The Third Man, 1949), ne nous était pas encore arrivé en vidéo.

L’Homme de Berlin nous fait passer, toujours dans l’immédiat après-guerre, de Vienne à Berlin, dont il nous propose une vision réaliste, quasi-documentaire, une des marques de son cinéma. La grande maison de Martin et Bettina se dresse, miraculeusement intacte, au milieu d’un champ de ruines, à proximité de la porte de Brandebourg, à la limite du secteur sous contrôle soviétique. Par touches successives, le film montre la pauvreté ambiante, la reconstruction avec des moyens de fortune, le douloureux relèvement de l’Allemagne.

Les deux films ont aussi en commun un personnage principal énigmatique, qu’on donnait pour mort. Toutefois, à l’inverse de Harry Lime, celui du Troisième homme, Ivo Kern rachètera ses fautes passées par un sacrifice expiatoire.

L’Homme de Berlin ajoute à cette dimension documentaire et à une trame d’espionnage, située au début de la guerre froide, une douzaine d’années avant l’érection du « mur de la honte », l’étrange histoire d’amour entre Susan Mallison, une naïve institutrice de 18 ans, et Ivo Kern, un quinquagénaire au passé trouble. Une histoire qui aurait paru improbable sans le talent des deux acteurs.

James Mason, qui avait traversé l’Atlantique pour développer une carrière internationale, a répondu présent à l’appel de Carol Reed pour lequel il avait, six ans plus tôt, tenu le premier rôle de Huit heures de sursis (Odd Man Out, 1947). Il compose avec sobriété le mystérieux Ivo, un personnage ambigu de plus dans sa longue filmographie.. Lui donne la réplique la toute jeune Claire Bloom : révélée peu avant, à 20 ans par Les Feux de la rampe (Limelight, 1952) probablement tout aussi innocente que le personnage qu’elle incarne.

L’Homme de Berlin vaut aussi pour la beauté de sa photographie, avec ses éclairages expressionnistes, le travail de Desmond Dickinson qui avait reçu à Venise le Prix de la meilleure photographie pour Hamlet, réalisé en 1948 par Laurence Olivier et pour l’accompagnement musical de John Addison qui sera oscarisé pour Tom Jones - Entre l’alcove et la potence (Tom Jones, Tony Richardson, 1963).

L'Homme de Berlin

Généralités - 4,0 / 5

L’Homme de Berlin (102 minutes) et ses suppléments (99 minutes) tiennent sur un Blu-ray BD-50 logé, en compagnie d’un DVD dans cette édition combo, dans un Digipack à trois volets.

Le menu fixe et musical propose le film dans sa version originale, avec sous-titres imposés qui auraient pu être placés plus bas sur l’image, au format audio, Dolby Digital 1.0.

À l’intérieur du Digipack, un livret de 16 pages contenant une délicate analyse du film par Charlotte Carson. Elle relève la performance de James Mason dans l’interprétation du personnage équivoque d’Ivo, l’importance donnée à Susan, « témoin et enquêteuse », les apparitions mystérieuses d’un gamin à vélo, le décor théâtral de Berlin renaissant de ses ruines où s’imposent, à l’Est, les effigies de Staline, de Lénine et de Walter Ulbricht, le premier dirigeant de la RDA…

L'Homme de Berlin

Bonus - 3,5 / 5

Tous ces suppléments sont repris de l’édition Studiocanal.

Carol Reed, un doux regard (44’, un montage réalisé en 2016, en traduction simultanée). John Boorman, Andrew Birkin, Guy Hamilton qui fut assistant-réalisateur de Carol Reed pour Le Troisième homme, Stephen Frears, l’acteur Bryan Forbes et beaucoup d’autres, dépeignent Carol Reed, comme un père de famille affectueux, un homme exubérant, un réalisateur absorbé par son travail, attentionné vis-à-vis des acteurs, notamment des enfants présents dans beaucoup de ses films. Soucieux de réalisme, il privilégiait les décors naturels et les tournages en extérieur… La critique élogieuse par Graham Greene de son premier film, Midshipman Easy (1935) lui ouvrit les portes des studios et lui permit de réaliser quatre films, produits par Alexander Korda, qui allaient faire de lui un des réalisateurs majeurs du Royaume Uni. L’Héroïque parade (The Way Ahead, 1944), un des plus importants films de guerre anglais, Huit heures de sursis (Odd Man Out, 1947), l’adaptation d’un roman de Graham Greene, un film emblématique de tout son cinéma qui conforta la réputation de James Mason, Première désillusion (The Fallen Idol, 1948) et Le Troisième homme (The Third Man, 1949). Il fut affecté d’avoir été évincé, à la demande de Marlon Brando, du tournage de Les Révoltés du Bounty (Mutiny on the Bounty, 1962) et remplacé par Lewis Milestone. Merveilleux conteur d’histoires, il a touché à tous les genres, y compris à la comédie musicale, en 1968, avec Oliver!, l’adaptation d’Oliver Twist.

Claire Bloom (11’). Attirée dès son enfance par la comédie, elle a été choisie par Charles Chaplin pour Les Feux de la rampe (Limelight, 1952). Ses relations froides avec Carol Reed ne lui laissent pas un bon souvenir du tournage à marche forcée de L’Homme de Berlin, en dépit de ses bonnes relations avec James Mason et Hildegard Knef.

James Mason (40’, entretien audio de 1967). L’acteur parle, pendant une vingtaine de minutes et avec beaucoup d’humour, de son métier, celui d’acteur, « une personne sans aucun sens des responsabilités », s’adonnant au jeu, comme les enfants qui vivent leurs fantaisies « pour faire croire ». « Être acteur, c’est découvrir un personnage », une chose plus difficile au cinéma qu’au théâtre. L’acteur doit renforcer sa voix et la maîtriser pour faciliter le mimétisme, contrôler son corps et développer un sens du rythme. Il répond ensuite aux questions, pas toujours inspirées, du public. Ses deux films préférés sont Lolita de Stanley Kubrick, dont le perfectionnisme le stimula, et Huit heures de sursis de Carol Reed. Il admet trouver le cinéma d’Antonioni ennuyeux, surtout Le Désert rouge, mais il aime La Notte (La nuit). L’actrice avec laquelle il a préféré jouer était Judy Garland, dans Une Étoile est née (A Star Is Born), réalisé par George Cukor en 1954.

Ces trois bonus sont proposés en traduction simultanée, une option en elle-même peu agréable. Encore moins ici lorsque le niveau sonore de la langue originale en arrive à presque couvrir celui de la traduction. Ce choix avait déjà été fait pour Payroll (Les gangsters), une autre édition Tamasa.

Galerie de photos.

L'Homme de Berlin

Image - 5,0 / 5

L’image (1.37:1, 1080p, AVC) propose, entre des blancs lumineux et des noirs denses, un agréable dégradé de gris. Stable (à l’exception d’un faible scintillement trop occasionnel pour être gênant), elle a été soigneusement nettoyée de toute marque de dégradation de la pellicule, avec une réduction du bruit qui a légèrement mordu sur la ligne jaune, en conservant toutefois une texture agréable.

L'Homme de Berlin

Son - 3,5 / 5

Le son Dolby Digital 1.0, offre un format minimal. Mais, correctement débarrassé des bruits parasites, avec peu de souffle, il assure pourtant l’essentiel, avec une bande passante cantonnée dans le medium et une restitution satisfaisante des dialogues, au timbre un peu étouffé.

Crédits images : © Tamasa Diffusion

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

Moyenne

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Philippe Gautreau
Le 12 mars 2019
Berlin commence à renaître de ses ruines alors que les tensions entre l’Ouest et l’Est annoncent la guerre froide. Voilà le théâtre de L’Homme de Berlin, incarné par James Mason, un film méconnu de Carol Reed, encore inédit en vidéo, éclipsé par l’immense succès de son chef-d’œuvre, Le Troisième homme.

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