The Endless (2017) : le test complet du Blu-ray

Réalisé par Aaron Moorhead
Avec Aaron Moorhead, Justin Benson et Callie Hernandez

Édité par Koba Films

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Critique

Un film fantastique indépendant troublant, autant dans la complexité de sa narration que dans la simplicité de sa forme.

The Endless

Après avoir reçu une mystérieuse vidéo enregistrée par l’un des membres de leur ancienne « famille », deux frères retournent dans la secte qu’ils ont quittée dix ans plus tôt. Très vite, des événements inexpliqués vont remettre en cause leurs croyances…

UN JOUR (OU DIX ANS) SANS FIN

Après une citation de Lovecraft et une autre sur la peur, The Endless distille aussitôt une ambiance qui met mal à l’aise. Photographie désaturée à la limite du gris, atmosphère poussiéreuse, avalanche de non-dits et évocation à demi-mots d’événements passés douloureux et douteux… la déprime n’est pas loin. On va se demander longtemps, pendant un bon tiers du film à vrai dire, si ce qui est reproché à la communauté sectaire n’est pas en réalité une affabulation. Et puis, après avoir collé aux traces de nos héros pendant tout ce temps, la caméra se sent attirée par quelque chose d’étrange, une présence, une force. Puis les manifestations physiques d’un phénomène surnaturel vont apparaître, incontestables, inéluctables et mortelles, à l’infini…

À l’instar d’un Richard Kelly (Donnie Darko) ou d’un Darren Aronosky (Pi) dans leurs premières heures, le duo Justin Benson / Aaron Moorhead sait y faire pour capter l’attention du spectateur grâce à un mélange de sophistication narrative et de simplicité visuelle qui permet de perdre ses repères pour mieux se laisser surprendre.

The Endless

L’apparente légèreté de budget face aux blockbusters du moment donne au duo une force d’imagination décuplée qui se ressent non seulement dans la façon de diriger l’histoire et les acteurs, mais aussi jusque dans les artifices visuels et sonores. Les effets spéciaux sont par exemple d’autant plus flippants et efficaces qu’ils sont anti-spectaculaires dans leur présence tangible et leur crédibilité. Quant au son, effets et musique s’arrangent également pour modifier la perception spatiale et assurer quelques frissons réguliers.

En hommes à tout faire, Benson et Moorhead donnent de leur personne pour ce 3e long métrage puisqu’en plus de l’écrire, de le réaliser, de le photographier, de le monter et le produire, les deux compères interprètent, brillamment d’ailleurs, les deux rôles principaux.

Si il ne manque donc pas de qualités, The Endless, à l’instar de sa thématique, tourne peut-être un peu trop en rond et ne laissera sans doute pas une grande trace dans la mémoire. Mais assurément, le duo Benson/Moorhead est à surveiller de très près pour la qualité et la sincérité de son approche du cinéma.

The Endless

Généralités - 3,5 / 5

Une édition Koba Films tout à fait soignée, du boîtier Blu-ray à la jaquette claire, jusqu’aux menus customisés aux couleurs et ambiances du film, en passant par la sérigraphie du disque.

Bonus - 3,0 / 5

Le making of, animé par Benson et Moorhead, respire lui aussi la sincérité. Avec passion, les deux réalisateurs parlent de la genèse du film, de son lien avec leur premier long (Resolution), du budget serré, du dévouement de l’équipe de tournage, des effets spéciaux maison… un vrai bain de jouvence et d’enthousiasme.

Second et dernier bonus, La conception des effets spéciaux est une bande-démo des effets visuels très réussis du film. Sans explication, certains plans sont décortiqués, couche par couche. L’impression de simplicité/efficacité de ces effets est ici encore renforcée.

The Endless

Image - 5,0 / 5

Tourné en numérique (caméras Red Dragon et Panasonic GH4), The Endless profite d’une image propre et précise qui permet presque de compter chaque grain de la poussière omniprésente. Le travail sur les couleurs et les effets est parfaitement retranscrit sur ce Blu-ray à l’encodage AVC sans histoire.

Son - 5,0 / 5

VF et VOST sont sur un pied d’égalité avec un mixage DTS-HD Master Audio 5.1 qui joue autant la discrétion et la retenue sur le début du film que sur l’élargissement et le tonitruant à mesure que les phénomènes surnaturels se manifestent. Une belle maîtrise de l’espace sonore, tant dans les effets que les dialogues ou la musique.

Crédits images : © Koba Films

Configuration de test
  • Écran plasma Pioneer Kuro PDP-428XD
  • Sony PlayStation 3
  • Ampli Denon AVR 2807
  • Kit enceintes/caisson Morel Nova (configuration 7.1)

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