L'Amie prodigieuse - Saison 1 (2018) : le test complet du Blu-ray

L'Amica geniale

Réalisé par Saverio Costanzo
Avec Margherita Mazzucco, Gaia Girace et Valentina Acca

Édité par Studiocanal

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Le 08/02/2019
Critique

L'Amie prodigieuse - Saison 1

L’appel angoissé d’un homme, en pleine nuit : « - Maman a disparu. - Depuis quand ? - Deux semaines. » (…) « Rino, pour une fois, comporte-toi comme elle le voudrait : ne la cherche pas ! » La femme qui a répondu, la soixantaine, commence à écrire sur son ordinateur : « Tu as toujours exagéré Lila quand on était petites, et maintenant qu’on est vieilles… » Ainsi commencent les mémoires d’Elena Greco, enfant d’une cité de la banlieue de Naples, le jour où, au début des années 50, elle rencontra Lila Cerullo qui allait devenir… une « amie prodigieuse ».

L’Amie prodigieuse (L’Amica geniale) est l’adaptation du roman éponyme de la mystérique Elena Ferrante (une inconnue se cache derrière ce nom de plume), le premier tome, publié en 2011, d’une saga complétée par Storia del nuovo cognome (2012), Storia di chi fugge e di chi resta (2013) et Storia della bambina perduta (2014), un succès de librairie, traduit en une quarantaine de langues.

L’Amie prodigieuse a été créée, réalisée et coécrite par Saverio Costanzo, plusieurs fois primé, notamment pour La Solitude des nombres premiers (La Solitudine dei numeri primi, 2010) et Hungry Hearts (2014), deux films avec Alba Rohrwacher, la narratrice de la série.

L'Amie prodigieuse - Saison 1

Le grand décor d’une cité populaire, l’horizon masqué par le haut talus d’une voie ferrée, une suite de modestes immeubles de quatre étages entourant une large place vide, des rues poussiéreuses en terre battue, quelques tristes boutiques, de très rares véhicules, des enfants à la sortie de l’école, les filles en blouses grises et col Claudine… tout est là, sans fausse note apparente, pour nous plonger dans l’Italie du sud quelques années après la guerre. Un microcosme révélant tensions sociales et politiques, injustices, la détermination de certains à y remédier, la résignation de beaucoup à s’en accommoder.

Il suffit de quelques plans pour souligner la dureté des temps, la pauvreté générale contrastant avec l’aisance de quelques-uns qui, au sein de la camorra, se sont enrichis au marché noir pendant la guerre. La série souligne les brutalités et les humiliations auxquelles les enfants sont exposés, tel ce garçon portant en pendentif une pancarte « Asino », tiré par l’oreille par un instituteur, exposé aux quolibets de tous les élèves : « Ciuco! » (bourricot), la forte proportion de garçons dans les classes du collège : les filles doivent rester à la maison pour aider leur mère jusqu’à ce qu’elles aient l’âge de commencer à travailler, puis d’être mariées.

L'Amie prodigieuse - Saison 1

L’Amie prodigieuse montre aussi les changements intervenus, stimulés par l’essor économique du pays, avec, à l’épisode 3, un bond jusqu’en 1960, aux temps des premières règles des deux amies, engagées dans une lutte pour poursuivre leur éducation, gagnée par l’une, perdue par l’autre.

En regardant les quatre jeunes interprètes d’Elena « Lenù » et de Lila enfants (Elisa del Genio et Ludovica Nasti), puis adolescentes (Margherita Mazzucco et Gaia Girace), il est difficile de croire qu’elles font là leur première expérience d’actrice, tant leur jeu sonne juste. À leur talent naturel (patiemment détecté au terme d’un long casting, nous dit-on dans le supplément), s’ajoutent une longue préparation (notamment à l’apprentissage du dialecte napolitain des années 50 et 60) et, certainement, une efficace direction d’acteurs.

L’Amie prodigieuse s’enferme le plus souvent dans la cité, dont sortent les deux fillettes dans une tentative d’aller voir la mer, encore inconnue bien qu’elle ne soit éloignée que de quelques kilomètres. Suivra une escapade à Naples, dans la Galleria Umberto I, et des vacances de Lenù à Ischia à l’épisode 7, filmées en majeure partie à Ischia.

Certains critiques ont reproché une infidélité de la série au roman, ce qui peut surprendre quand on sait qu’Elena Ferrante a contribué au scénario, tout au long de son élaboration. Quoiqu’il en soit, la série est une réussite, pour le soin pris à sa reconstitution du passé, pour le naturel de son regard sur l’enfance et l’adolescence, pour l’intérêt de ses deux personnages féminins déterminés à échapper au machisme ambiant, si brillamment interprétés par des débutantes.

L'Amie prodigieuse - Saison 1

Généralités - 4,0 / 5

L’Amie prodigieuse - Saison 1 (8 épisodes d’une durée cumulée de 445 minutes) et son supplément (13 minutes) tiennent sur trois Blu-ray BD-50 logés dans un boîtier, non fourni pour le test, effectué sur check discs.

Le menu animé et musical propose la série dans sa version originale, avec sous-titres imposés, et dans un doublage en français, les deux bénéficiant du format audio DTS-HD Master Audio 5.1.

Bonus - 3,0 / 5

Les coulisses d’une adaptation (13’). Le réalisateur Saverio Costanzo souligne qu’Elena Ferrante a participé à toute l’écriture de la série, organisée chronologiquement. Le commentaire en voice-over, lui-même, colle au livre. Les quatre jeunes interprètes ont été choisies parmi 9 000 candidates au terme d’un casting de sept mois et ont répété pendant cinq mois, notamment pour apprendre le dialecte napolitain tel qu’il était parlé il y soixante-dix ans. Le lieu de tournage a été choisi pour ressembler à celui où Elena Ferrante passa son enfance, une banlieue universelle, très différente du centre de Naples. Les teintes délavées du début de la saison rappellent l’ambiance de l’Italie d’après-guerre. Les couleurs se ravivent dans les années 60 avec l’apparition de la consommation de masse.

Ce court documentaire laisse le spectateur sur sa faim, sans aucune information sur les lieux de tournage : la cité serait un plateau de 20 000 m² aménagé pour les besoins du tournage.

L'Amie prodigieuse - Saison 1

Image - 4,5 / 5

L’image (1.78:1, 1080i, AVC), finement résolue, fluide malgré le mode entrelacé (1080i), agréablement contrastée, se caractérise par soin particulier apporté à l’étalonnage des couleurs : désaturées, proches du noir et blanc dans les premiers épisodes, elles deviennent progressivement plus vives.

Son - 4,0 / 5

Le son DTS-HD Master Audio 5.1 de la version originale restitue clairement les dialogues en équilibre avec l’ambiance et le bel accompagnent musical de Max Richter (Lore, Cate Shortland, 2012, The Leftovers, 2014, la série Taboo, 2017). Une utilisation limitée des voies latérales réussit cependant à créer une discrète sensation d’immersion dans l’action.

L'Amie prodigieuse - Saison 1

Crédits images : © Eduardo Castaldo / Fremantle

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

Moyenne

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Philippe Gautreau
Le 8 février 2019
Cette série est une réussite pour le soin pris à sa reconstitution du passé, pour le naturel de son regard sur l’enfance et l’adolescence, pour l’intérêt de ses deux personnages féminins déterminés à échapper au machisme ambiant, si brillamment interprétés par des débutantes.

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