Summer of 84 (2018) : le test complet du Blu-ray

Réalisé par François Simard
Avec Graham Verchere, Judah Lewis et Tiera Skovbye

Édité par L'Atelier d'Images

Voir la fiche technique

Avatar Par
Le 15/05/2019
Critique

La vague « mystères, Scooby-Doo et frissons d’horreur » des années 80 relancée par Stranger Things, continue d’engendrer des clins d’oeils.

Summer of 84

Summer of 84(Canada-USA 2017) de RKSS (alias François Simmard, Anouk Whissell et Yoann-Karl Whissell) est un assez bon film noir policier oscillant intelligemment entre comédie et terreur. Il est l’héritier d’une lignée policière alliant le thème du voyeurisme à celui du meurtre (ponctuel ou sériel) provenant historiquement, au moins pour partie, du calvinisme de la Nouvelle-Angleterre et de la suspicion généralisée qu’il induisait. On y trouve des titres aussi divers que le classique Fenêtre sur cour (USA 1954) d’Alfred Hitchcock ou que le plus récent Paranoïak (Disturbia) (USA 2007) de D.J. Caruso dont Summer of 84 est structurellement assez proche.

La mise en scène s’attache à la sociologie et à la psychologie de héros adolescents assez individualisés pour être crédibles. Elle s’attache aussi au réalisme : la reconstitution des années 1980, dans une petite ville de l’Orégon, est globalement soignée par la direction artistique, en dépit de quelques détails mineurs sujets à inévitables discussions par les éternels perfectionnistes. Voitures, équipements, caméra vidéo, façades et ameublement des maisons correspondent à l’époque, sans parler des chansons telles que la fameuse Cruel Summer ! Les trois réalisateurs étant aussi cinéphiles, ils ont en outre disséminé quelques allusions à des films de cette période, par exemple au Karaté Kid (USA 1984) de John G. Alvidsen et même une allusion à leur propre Turbo Kid (2015). Excellente interprétation générale, notamment Rich Sommer dans le rôle du voisin policier : il confère une permanente ambivalence à son rôle. L’horreur graphique est prodiguée avec une parcimonie sagement concertée; l’érotisme graphique est pratiquement absent. La fin, intelligemment écrite et qui fait virer le film du genre policier vers le genre fantastique, maintient la tension ouverte, donnant éventuellement matière à une suite.

Summer of 84

Généralités - 4,0 / 5

1 Blu-ray 50 région B édités le 09 avril 2019 par L’Atelier d’images. Format 2.40 couleurs compatible 16/9, son DTS Master Audio HD Mono 5.1 VOSTF et VF. Durée du film : 105 min et 30 secondes environ : la mention « 1H33 », au verso du boîtier et du surétui, est fausse. Menu principal s’ouvrant par le film-annonce (16/9, VF) de la série TV Stan Lee’s Lucky Man. Bonus : 1 commentaire audio des trois réalisateurs, 1 bêtisier, 3 films-annonces.

Bonus - 2,5 / 5

Commentaire audio des réalisateurs : il est prononcé avec le si sympathique accent de nos cousins canadiens francophones (à propos de ce terme « cousin », je me souviens qu’un jeune bûcheron canadien qui revenait de Colombie britannique et passait des vacances en France m’avait reproché d’employer ce terme alors que nous discutions dans un avion en 1991 qui nous ramenait de Montréal à la France qu’il venait découvrir pour la première fois de sa vie et dont il rêvait : « Francis, on n’est pas des cousins… on est des frères ! » m’avait-il gentiment repris). Les accents américains des deux garçons et de la fille sont vraiment « à couper au couteau » mais on s’y habitue au fil de l’écoute. On apprend des détails matériels précis sur le tournage : la séquence du déménagement à la cave d’un meuble par Mackey et le jeune héros fut tournée dans une véritable maison au RC mais la cave, au plan suivant, était un plateau de studio ! Telle maison a été repeinte pour correspondre aux teintes en vigueur durant les années 1980, telle autre a été conservée et filmée en l’état. On y apprend aussi la genèse de certains éléments stylistiques : par exemple, la volonté de faire correspondre le début et la fin du film comme une sorte de boucle bouclée. Sympathique et intéressant. Sur l’édition américaine il existe un second commentaire audio en anglais (mais sans STF).

Bêtisier (10 min. environ) : sans intérêt particulier et pas souvent drôle (sauf, à la limite, la glace qui tombe alors qu’elle allait être mangée : le gag est digne d’un film muet). Dommage qu’on ne voit pas la chauve-souris, mentionnée dans le commentaire audio, faire irruption durant le tournage !

Films annonces : Les Faucons de la nuit (Nighthawks) (USA 1981) de Bruce Malmuth avec Sly, Rutger Hauer et la très belle Persis Khambatta, Detour (GB + Af. Sud, 2016) de Christopher Smith, War on Everyone (GB 2016) de John Michael McDonagh. Tous les trois sont en VOSTF. Le premier est au format recadré 1.37 compatible 16/9 (alors que le film de référence est un écran large 1.85) mais il est en bon état argentique. Les deux autres sont en 2.35 compatible 16/9 et en excellent état technique.

Summer of 84

Image - 4,0 / 5

Format large 2.40 en couleurs et compatible 16/9 avec une définition vidéo Full HD 1920x1080p. C’est l’image de l’édition Blu-ray américaine Gunpowder & Sky sortie en septembre 2018 mais qui n’avait ni VOSTF ni VF. Copie argentique impeccable. Excellente définition permettant de distinguer les détails des photographies observées par les héros et le moindre détail. Report vidéo sans faute mis à part deux gels d’images d’une seconde vers le milieu et la fin du film mais que je n’ai pas minutés tant ils sont brefs. Les scènes nocturnes, nombreuses, sont nuancées et leurs dégradés sont très précis (la poursuite finale dans la forêt par exemple). Assez peu d’effets directionnels, cela dit.

Son - 5,0 / 5

DTS-HD Master Audio 5.1 VOSTF et VF : pistes sons dynamiques et sophistiquées dans les deux cas. Offre nécessaire et suffisante pour le cinéphile francophone. Musiques d’époque (scène du bowling par exemple) soigneusement sélectionnées. Effets sonores habilement mis en scène et, lorsqu’ils se produisent, très brutaux (choc de meubles, irruption inattendue d’un personnage). La VF est dramaturgiquement pertinente et bien doublée.

Crédits images : © L’Atelier d’Images

Configuration de test
  • Téléviseur 4K LG Oled C7T 65" Dolby Vision
  • Panasonic BD60
  • Ampli Sony
Note du disque
Avis

Moyenne

3,0
5
0
4
0
3
1
2
0
1
0

Je donne mon avis !

Avatar
francis moury
Le 4 juin 2019
Assez bon film noir policier sur le thème du serial-killer, débouchant sur le fantastique,reconstituant soigneusement les années 1980 sur le plan plastique.

Lire les avis »

Multimédia

Proposer une bande-annonce

Du même auteur
(publicité)

(publicité)

En poursuivant votre navigation sur le site, vous acceptez l'utilisation des cookies pour vous proposer notamment des publicités ciblées en fonction de vos centres d'intérêt, l'affichage de vidéos ou encore le partage sur les réseaux sociaux.

OK En savoir plus