Colette (2018) : le test complet du Blu-ray

Réalisé par Wash Westmoreland
Avec Keira Knightley, Fiona Shaw et Dominic West

Édité par Studiocanal

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Le 08/10/2019
Critique

Dès son mariage avec Willy, Colette monte à Paris où elle ne tardera pas à se faire remarquer et à s’émanciper.

Colette

Sidonie-Gabrielle Colette, fille du percepteur de Saint-Sauveur-en-Puisaye, dans l’Yonne, « monte » à Paris quand elle épouse, à vingt ans, Henry Gauthier-Villars, dit Willy, critique musical, éditeur et auteur de romans populaires (la plupart écrits par des « nègres »), coureur de jupons et flambeur, de quatorze ans son aîné. Encouragée par son mari, elle écrit son premier roman, Claudine à l’école, que Willy signera. Colette, introduite dans les salons, s’acclimatera très vite à la vie parisienne… à sa façon !

Colette, présenté à Sundance en janvier 2018, sorti en France un an plus tard, est le quatrième film de fiction réalisé seul par Wash Westmoreland. Les trois précédents ont été coréalisés et coécrits avec son époux, Richard Glatzer : Echo Park, L.A. (Quinceañera, 2006), Grand prix du jury et Prix du public à Sundance, The Last of Robin Hood, sorti en 2013, et Still Alice qui valut à Julianne Moore une moisson de prix, dont un Oscar pour son interprétation du personnage principal, atteint de la maladie d’Alzheimer. Un adieu émouvant pour Richard Glatzer qui allait, en mars 2015, mourir d’une sclérose latérale amyotrophique, une autre maladie dégénérative, moins de deux mois après la sortie du film.

Colette

Colette esquisse fidèlement les premières années parisiennes de la romancière, son arrivée rue Jacob en 1893, la publication des quatre premiers volumes de la série quasi-autobiographique des Claudine, de 1900 à 1903, Claudine à l’école, signé « Willy », puis Claudine à Paris, Claudine en ménage et Claudine s’en va, signés « Willy et Colette ». Un cinquième, La Retraite sentimentale, sortira en 1907, après sa séparation d’avec Willy. Rien n’est donc dit de ses ouvrages ultérieurs, de Chéri, Le Blé en herbe, Gigi… qui ont inspiré une bonne partie de la cinquantaine des adaptations de son oeuvre pour le grand et le petit écran, parmi lesquelles se détache la délicate quadrilogie des Claudine, rééditée en 2018 par Koba Films, Claudine - L’intégrale, réalisée par Édouard Molinaro en 1978, avec Marie-Hélène Breillat.

Colette met l’accent sur l’indépendance, de corps et d’esprit, de Colette, sa montée sur les planches dans les spectacles du mime Georges Wague où elle fit scandale en apparaissant très peu vêtue dans une fantaisie orientale, Rêve d’Égypte, le ménage à trois avec Polaire, sa liaison affichée avec « Missy », Mathilde de Morny, dite « La Marquise »…

Colette

Le film mérite aussi pour la beauté de sa reconstitution de la Belle époque à Paris avec de magnifiques décors et des costumes créés par Andrea Flesch, le tout mis en valeur par la photographie de Giles Nuttgens (Comancheria / Hell or High Water, David Mackenzie, 2016).

Colette doit beaucoup à sa distribution. Keira Knightley communique avec naturel l’impétuosité et la force de caractère de Colette. Dominic West donne une de ses meilleures prestations dans son incarnation de Willy, tout comme Denise Gough (Alex, le destin d’un Roi / The Kid Who Would Be King, Joe Cornish, 2019) qui incarne une troublante Missy dans des habits d’homme.

Colette, bien qu’on puisse regretter qu’il soit trop lisse, qu’il adoucisse les aspérités du personnage, qu’il donne une vision presque édénique des années 1900 à Paris, n’a pourtant rien à envier, notamment pour la beauté de son image, à trois autres évocations de la vie de la romancière. À Colette, une minisérie en trois épisodes de Gérard Poitou-Weber, sortie en 1985, avec Macha Méril. À Devenir Colette (Becoming Colette, Danny Huston, 1991), avec Mathilda May. Et à Colette, une femme libre, en 2004 (en deux parties), la dernière réalisation de Nadine Trintignant avec sa fille, Marie Trintignant, dans son dernier rôle.

Le moment est venu de rappeler le court, mais remarquable, documentaire de 1952, Colette, disponible en édition séparée ou dans Yannick Bellon : L’intégrale.

Colette

Généralités - 4,0 / 5

Colette (111 minutes) et ses maigres suppléments (6 minutes) tiennent sur un Blu-ray BD-50 logé dans un boîtier non fourni pour le test, effectué sur check disc.

Le menu animé et musical propose le film dans sa version originale, avec sous-titres optionnels, idéalement placés à cheval sur la bande noire, et dans un doublage en français, les deux au format DTS-HD Master Audio 5.1.

Piste d’audiodescription DTS 2.0 et sous-titres pour malentendants.

Bonus - 1,5 / 5

Il faut se contenter de scènes coupées d’une durée cumulée de 6 minutes, de courtes prises écartées de scènes vues dans le montage final.

Colette

Image - 5,0 / 5

L’image numérique (2.39:1, 1080p, AVC), d’une excellente définition, lumineuse dans les extérieurs, toujours délicatement contrastée dans les intérieurs faiblement éclairés, propose une palette de couleurs chaudes, agréablement saturées, étalonnées avec soin, mettant en valeur la beauté des décors et des costumes.

Son - 4,5 / 5

Le son DTS-HD Master Audio 5.1 restitue très clairement les dialogues, particulièrement bien articulés par Keira Knightley et Dominic West (un modèle dont pourraient s’inspirer bien des acteurs français !) dans un bon équilibre avec l’ambiance immersive et l’illustration musicale qui plonge le spectateur au temps de la Belle époque.

Ce constat vaut pour le doublage, assez réussi, bien qu’il ait fait perdre à Colette son accent bourguignon.

Crédits images : © Number 9 Films

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

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Philippe Gautreau
Le 8 octobre 2019
Une fidèle esquisse des premières années de Colette à Paris, où elle ne tarde pas à afficher sa différence et à conquérir son indépendance. Keira Knightley communique avec naturel l’impétuosité et la force de caractère de la romancière dans cette luxueuse reconstitution de la Belle époque.

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