Peaky Blinders - Saison 5 (2019) : le test complet du Blu-ray

Peaky Blinders

Avec Cillian Murphy, Helen McCrory et Paul Anderson

Édité par ARTE ÉDITIONS

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Le 19/02/2020
Critique

Tommy Shelby, devenu député, s’était racheté une conduite. Le krach boursier de 1929 va l’inciter à se réinvestir dans les activités criminelles.

Peaky Blinders - Saison 5

Thomas Shelby siège désormais à la chambre des communes sur les bancs du Labour Party quand il reçoit une mauvaise nouvelle : l’ordre de vendre qu’il avait donné n’a pas été exécuté et les actifs de la famille investis à Wall Street sont partis en fumée le 29 octobre 1929. Le trafic d’opium pourrait être un moyen de renflouer rapidement le groupe Shelby. Mais il faudra compter avec les menées agressives des Brigton Billy Boys de Glasgow. Oswald Mosley, un député travailliste, propose à Tommy d’être son adjoint à la tête du nouveau parti qu’il projette de fonder…

Peaky Blinders s’appuie partiellement sur des faits réels. Les Peaky Blinders, une organisation criminelle de Gitans originaires de Birmingham, ont bien existé et Steven Knight, le créateur de la série (auquel on doit aussi Taboo), indique que sa famille fréquenta certains membres du gang dont on lui contait les aventures dans sa jeunesse. Au lendemain de la première guerre mondiale, il est exact que Churchill, qu’on voit apparaître à plusieurs reprises dans la série avec un emblématique cigare, avait assigné à une équipe spécialisée la mission de débarrasser le pays des gangs au rang desquels figuraient aussi les Brigton Billy Boys de Glasgow.

Alors que le gangster italo-américain Luca Changretta (interprété par Adrien Brody) était le principal outsider de la saison 4, la relève est assurée par l’entrée en lice d’un personnage réel, Oswald Mosley. Cet aristocrate s’engagea dans un parcours politique tortueux : il quitta le parti conservateur pour le Labour Party, avant de fonder en 1932 la British Union of Fascists (BUF), puis de créer la Fascist Defence Force (des miliciens en uniforme noir, vite rebaptisés « chemises noires ») et de défiler dans les rues de Londres avec des slogans antisémites.

On a gathering storm/ comes a tall handsome man/ in a dusty black coat/ with a red right hand…

C’est avec plaisir qu’on entend à nouveau, dans le beau générique, le couplet de The Right Red Hand, le tube qui fit, en 1994, le succès du groupe de rock australien Nick Cave and the Bad Seeds, devenu emblématique de Peaky Blinders et qu’on retrouve le séduisant et vénéneux Thomas Shelby, interprété par le charismatique Cillian Murphy qui s’était auparavant fait connaître sur le grand écran, notamment dans 28 jours plus tard (28 Days Later, Danny Boyle, 2002), Opération Anthropoid (Anthropoid, Sean Ellis, 2016) et The Party (Sally Potter, 2017).

Peaky Blinders a conservé sa distribution d’origine, dans laquelle se distinguent, dans le rôle de Polly Gray, la tante de Tommy, Helen McCrory (dont nous avons récemment parlé à l’occasion de la sortie de la minisérie Charles II : Le pouvoir et la passion), Paul Anderson, extraordinaire dans son interprétation d’Arthur Shelby, le frère analphabète et violent de Tommy, Sophie Rundle dans le rôle d’Ada, la jeune soeur de Tommy et Natasha O’Keeffe, dans celui de Lizzie Stark, devenue l’épouse de Tommy.

La saison 5 fait revenir sur le devant de la scène le personnage d’Aberama Gold, interprété par Aidan Gillen, le Petyr Baelish de Game of Thrones (Le Trône de Fer) et accueille Sam Claflin. Dans un rôle foncièrement différent de celui de Will Traynor auquel Emilia Clarke prodiguait généreusement ses soins dans Avant toi (Me Before You, Thea Sharrock, 2016), il réussit à communiquer la nature, à la fois brillante et malsaine, du trouble personnage d’Oswald Mosley.

Avec une constante qualité d’écriture, Peaky Blinders réussit à maintenir la tension dramatique et une diversité des situations, en alternant moments intimes et scènes d’action, parfois d’une extrême violence, pour retenir, sans temps mort, l’attention du spectateur. De plus, le choix des costumes, de la décoration, des accessoires et des lieux de tournage concourt à une parfaite reconstitution des années folles, en plaçant cette série à la hauteur des autres coproductions de la BBC.

Peaky Blinders ne s’arrête pas là. Une saison 6, dont la diffusion est prévue pour le début de 2021, nous dévoilera la poursuite de la carrière politique de Thomas Shelby. Et, si tout se passe bien, la série pourrait se prolonger au-delà. À suivre, donc…

On attend aussi avec impatience la nouvelle création de Steven Knight, la minisérie A Christmas Carol, une adaptation du roman de Charles Dickens, avec Guy Pearce dans le rôle d’Ebenezer Scrooge, dont la diffusion est (fort opportunément) annoncée pour le 19 décembre.

Généralités - 3,0 / 5

Peaky Blinders, saison 5 (6 épisodes d’une durée cumulée de 345 minutes) et son maigre supplément (6 minutes) tiennent sur deux Blu-ray (un BD-50 et un BD-25) logés par Arte Éditions dans un boîtier standard de 11 mm, glissé dans un étui.

Le menu animé et musical propose les épisodes dans leur version originale, avec sous-titres optionnels, et dans un doublage en français, le deux au format audio DTS-HD Master Audio 5.1.

Est sortie simultanément une édition DVD sur deux disques.

Bonus - 1,5 / 5

Making of Peaky Blinders (6’). Steven Knight situe le début de la saison 5 au moment du krach boursier qui, Cillian Murphy le précise, a fait perdre beaucoup d’argent à la famille Shelby, poussée à réinvestir dans les activités criminelles. Les autres acteurs passent rapidement en revue leurs personnages… Ce court document, s’il souligne l’attention portée aux décors et costumes, n’ajoute rien d’autre au visionnement de la saison. On ne nous dit même pas qu’Oswald Mosley a bel et bien existé.

Image - 4,5 / 5

L’image (1.78:1, 1080i, AVC) est restée au niveau de qualité relevé à l’occasion du test des saisons 2, 3 et 4 : elle est magnifique, dans une palette de couleurs chaudes, et sous un éclairage qui lui donne, dans toutes les scènes d’intérieur, un aspect nimbé. Lumineuse, avec des noirs denses et des contrastes délicats, elle assure une parfaite lisibilité de l’image dans toutes les conditions d’éclairage.

Son - 5,0 / 5

Le son de la version originale, profitant d’une large ouverture de la bande passante et d’une bonne dynamique, est passé au format DTS-HD Master Audio 5.1, alors qu’il s’était, jusque-là, limité à la stéréo. Ce pas en avant espéré immerge le spectateur dans l’ambiance des nombreuses scènes d’action mais aussi des scènes en intérieur dans lesquelles on peut désormais localiser les personnages sortis du cadre. Les dialogues restent idéalement priorisés sur l’ambiance et l’accompagnement musical.

Si le doublage en français bénéficie du même format, il souffre de dialogues ternes et monotones avec la disparition des accents, révélateurs des différences sociales.

Crédits images : © Caryn Mandabach Productions, Tiger Aspect Productions, BBC

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

Moyenne

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Philippe Gautreau
Le 19 février 2020
Avec une constante qualité d’écriture, Peaky Blinders réussit à maintenir la tension dramatique et une diversité des situations, en alternant moments intimes et scènes d’action, parfois d’une extrême violence, pour retenir, sans temps mort, l’attention du spectateur. De plus, le choix des costumes, de la décoration, des accessoires et des lieux de tournage concourt à une parfaite reconstitution des années folles, en plaçant cette série à la hauteur des autres coproductions de la BBC.

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