Cabal (Nightbreed) (1990) : le test complet du Blu-ray

Nightbreed

Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret

Réalisé par Clive Barker
Avec Craig Sheffer, Anne Bobby et David Cronenberg

Édité par ESC Editions

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Le 18/10/2019
Critique

Ce devait être le film de la consecration. Il est devenu un cauchemar qui a failli stopper l’elan de Clive Barker. 25 ans plus tard, Cabal revient du monde des morts.

Cabal

Midian. La demeure mythique des « autres » lorsque leur vie sur terre est terminée. Les freaks, les difformes, les étranges, les anticonformistes, les homosexuels et les autres individus rejetés par la société y trouvent refuge, et deviennent les Nocturnes. Poursuivi par un serial killer nihiliste, mordu par un Nocturne puis criblé de balles par la police, Aaron Boone rejoint à son tour les rangs des créatures des ténèbres. Pendant ce temps, à la surface, les autorités organisent une vaste expédition punitive contre Midian…

Après le succès mondial de Hellraiser : Le pacte et les louanges de Stephen King, Cabal, l’adaptation de son propre roman, était prédestiné pour être le film de la consécration du génie multiculturel de Clive Barker. Un nouveau Freaks avec l’équipe de son premier film et le bestiaire fantastique le plus étendu de l’histoire du cinéma de genre.

Cabal

Au lieu de cela, Cabal a été un échec d’abord, et une oeuvre maudite ensuite. Après un début de tournage décousu, le studio Morgan Creek a tenté de reprendre le contrôle de l’oeuvre, en remerciant le producteur Christopher Figg et en coupant le budget et les ambitions démesurées des « creature effects ». Mais après un premier montage jugé incompréhensible par les distributeurs américains, qui ne voulaient pas un film « où les monstres sont les gentils », mais plutôt un slasher movie, le premier monteur (Richard Marden, des deux premiers Hellraiser) a été viré et remplacé par Mark Goldblatt, et des scènes additionnelles ont été tournées à la hâte pour accentuer le côté horrifique de l’oeuvre. Clive Barker, qui n’avait pas le final cut, a vu son oeuvre lui échapper et a fini par lâcher prise.

Cabal

Ce coffret raconte l’histoire des deux Cabal. Le premier, sorti à la hâte mais jamais oublié par les fans, est un slasher dans un univers fantasy où le rôle central est incarné par le psychanaliste/serial killer interpreté magnifiquement par David Cronenberg. Ensuite, il y a la vision perdue de Clive Barker, qui renforce le lieu de la cité des monstres, les liens du héros Aaron Boone entre les deux mondes des « Naturels » et des « Nocturnes », et a un final totalement différent. Le montage original de Clive Barker et les rushes du film semblaient perdus à jamais, mais ils ont été redécouverts par le producteur Mark Alan Miller à la fin des années 2000. Ce Director’s Cut, « 25 years in the making », comme le mentionne l’affiche de ressortie, restauré et revalidé par Clive Barker, est sorti en 2014 chez l’éditeur américain Scream Factory, et arrive en France pour la première fois.

Cabal

Aujourd’hui, 30 ans plus tard, les deux incarnations de l’oeuvre illustrent un projet délicat mais bâclé, submergé par une ambition excessive et par les interférences externes, gorgé d’instants visionnaires et de mauvaises habitudes qui n’existent plus dans le cinéma d’aujourd’hui (cette profusion de cadrages serrés pour contenter le marché de la VHS !).

Mais l’intérêt de ce double Cabal est ailleurs. À travers les deux montages, les plans alternatifs dans les bonus et les nombreux suppléments, nous avons entre les mains un Miroir du Riséd de la création cinématographique, qui consigne à la postérité les bonnes et mauvaises décisions d’une fresque fantasy qui s’était égarée en route, et qui nous revient dans toute sa complexité.

Cabal

Généralités - 5,0 / 5

Cabal est l’une des grosses sorties 2019 d’ESC Distribution, et il est à la hauteur des attentes de l’OVNI maudit de Clive Barker, visible en France pour la première fois dans son montage Director’s Cut « perdu ».

Cette édition limitée sous le label Cult’Edition, est un digipack à 3 volets avec un livret richement illustré de 24 pages écrit par Marc Toullec, et 3 disques (2 Blu-ray et 1 DVD). Le premier disque HD offre la version cinéma de Cabal (101’41”) et le deuxième le Director’s Cut de 120’49”. Les bonus, très nombreux, sont répartis équitablement sur les deux galettes, en concentrant les contenus « généralistes » sur la galette du montage cinéma, et les suppléments techniques sur l’autre disque. La plupart des contenus est issue de l’édition USA de Scream Factory, mais ESC y ajoute deux présentations (par Julien Seveon et Christophe Foltzer) exclusives à la France, plus le livret.

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Les 20 minutes supplémentaires de la version longue n’ont jamais été doublés en France. En le visionnant en VF, les dialogues passent automatiquement en VOST sur les scènes manquantes.

Le coffret inclut également un DVD, qui offre le montage cinéma et une (très) petite sélection de bonus.

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Bonus - 5,0 / 5

Cette édition était attendue. Cabal et son bestiaire fantastique ont une réputation d’arche perdue chez les fans de cinéma fantastique, qui ont longtemps fantasmé sur la version parfaite de l’oeuvre de Clive Barker.

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Pouvoir mesurer les coups de génie et les tribulations du processus créatif, telle est la clé de lecture de ce coffret, qui vous montre deux visions différentes avec 20 minutes d’écart entre les 2 montages, des personnages vivants dans une version et morts dans l’autre (et même dans un état de Schrödinger sur les rushes et plans alternatifs !), bien entendu 2 fins différentes, des choix ardus (de la stop-motion dans un film moderne), l’équipée sauvage de Hellraiser : Le pacte et l’illustrateur de la trilogie originale de Star Wars Ralph McQuarrie. Qui avait raison, et qui avait tort ? Les nombreuses heures de visionnage devant vous, vous fourniront tous les éléments pour former votre opinion.

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Commencerez-vous par la version cinéma ou le Director’s Cut ? À vous le choix des armes. Mais nous tenons à vous prévenir : des dénouements importants et le sort de certains personnages y sont abordés. Regardez le film avant.

Suppléments essentiels

Pour avoir un contexte impartial sur le film, il est recommandable de partir à la découverte du coffret en commençant par Le Bal des Maudits, l’intéressant livret de Marc Toullec. Il résume le contexte littéraire, les fortes attentes autour du film, mais aussi une production hors contrôle, soldée par le renvoi du producteur et quelques mois plus tard par un remontage piloté par le distributeur américain Fox, et ensuite la quête du Director’s Cut perdu.

Entretien autour du film avec Julien Seveon (22’57”, VF). L’auteur de l’ouvrage de référence sur George A. Romero résume, avec précision, efficacité et à la lueur de la bougie, l’aventure et les échecs de Cabal. Il est idéalement le premier bonus à visionner après le film.

Ponctué des interventions de Craig Sheffer, Anne Bobby et Doug Bradley, Tribes of the Moon (72’18”, VOST) est un excellent making of rétrospectif et entièrement dévoué à la cause de Clive Barker, qui explore les liens communs (Clive Barker et Doug Bradley avaient fondé une compagnie théâtrale à Liverpool, avant que ce dernier incarne Pinhead dans Hellraiser : Le pacte), et les convergences créatives sur le plateau de tournage, avant que la production reprenne le contrôle. Cruellement amputée de la plupart de ses scènes, l’actrice principale Anne Bobby, plus récemment impliquée dans les causes politiques et le mouvement Occupy Wall Street, a été l’une des forces motrices pour la résurrection de Cabal.

Scènes coupées et alternatives (sources multiples, 22’49”, VO). Le « Cabal Cut » est absent du coffret pour des raisons juridiques. Toutefois, une part de ses séquences additionnelles sont incluses dans cette sélection, de qualité variée selon les sources (HD ou VHS !). Les plus intéressants sont les plans alternatifes, qui illustrent un film en quête de son équilibre. On y retrouve des interprétations différentes, et même des personnages censés être déjà morts à ce moment du récit !

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Making Monsters (42’12”, VOST). Des entretiens rétrospectifs avec le responsable des créatures Bob Keen, et de ses assistants Martin Mercer et Paul Jones, sur l’incroyable bestiaire de Cabal et le processus créatif. Les sessions de brainstorming avec Clive Barker, ponctuées par des centaines de croquis qui sont devenus les créatures de Midian, et une tâche rendue de plus en plus ardue par une pré-production trop ambitieuse par rapport aux moyens réels de la production.

Commentaire audio de Clive Barker et du producteur Mark Alan Miller (sur le Director’s Cut uniquement, VOST). C’est la seule contribution directe au disque par Clive Barker, souffrant. Le réalisateur ne renie pas la version cinéma remontée par Mark Goldblatt, mais l’expérience fut éprouvante. « Il m’a fallu 2 ans pour me remettre et pour retrouver ma volonté », dis-il. Il a réalisé un seul film après Cabal, Le Maître des illusions (Lord of Illusions) en 1995.

Compromis sur le montage (13’56”, VOST). Engagé par la production pour restructurer le film, l’expert monteur Mark Goldblatt (Hurlements, Terminator, Starship Troopers) raconte comment il s’est retrouvé entre le marteau et l’enclume, et a fait le job pour raccourcir la durée du film et y rajouter les scènes additionnelles, tout en essayant de sauvegarder la vision de Clive Barker. Notez que ce dernier n’a jamais renié le montage Studio, mais il ne le considère plus comme son oeuvre. Nous avons rarement des documents de ce type dans les bonus « consensuels ».

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Bonus additionnels

Analyse de séquences (12’03”, VF). Le journaliste d’Ecran large Christophe Foltzer se livre à une analyse critiques de quelques séquences clés. C’est le deuxième supplément produit par ESC.

Masterclass : prothèses des monstres (11’12”, VOST). Un complément au long documentaire sur les « creature effets » de Bob Keen vu plus haut.

Scène perdue en stop-motion (7’02”, VOST). Attention, ce module mérite le détour. Cabal prévoyait au début 30 plans (!) en stop-motion, passés ensuite à 10. Mais le public du début des années 90 n’était plus fasciné par les tours de force de Ray Harryhausen et Phil Tippett, et les restrictions budgetaires après le changement de producteur, ont presque tout balayé. Deux plans ont survécu dans les 2 montages du film - la scène (réussie) d’une bestiole qui festoie sur le cadavre d’une souris, et celle (ratée) du vol plané de monstres OVNI. Mais il y en a un troisième, à peine visible sur le Director’s Cut, que vous verrez ici plus en détail.

Cabal

Fire ! Fights ! Stunts ! (20’21”, VOST), sur le tournage de la 2ème équipe. Quelques bons détails mais tièdes dans l’ensemble.

Les paysages peints (05’09”) et Tests de matte paintings (08’58”) (sans dialogues), s’occupent des images scéniques et des (nombreuses) peintures sur verre du film. Il y a deux autres modules sans dialogue, Essais maquillage (4’53”) et Répétitions et tests (2’57”).

Scènes de torture (3’30”). Le flashback des sévices que les humains ont infligé aux monstres au cours des temps, en version longue et sans coupes.

On termine avec la Bande-annonce du film, présente en deux versions, américaine et française (de qualité moyenne).

Cabal

Image - 4,5 / 5

Cabal souffre de sa gestation chaotique, en alternant le meilleur (plateaux studio bien photographiés) et le moins bon (les intérieurs de Midian envahis par la fumée, une perte de définition et contraste sur les effets visuels). Mais le matériel restauré est de bonne qualité, et les producteurs ont choisi de restituer l’oeuvre originale sans manipulations (les horribles trucages optiques sont toujours là). La définition est satisfaisante, juste un peu brouillonne sur quelques plans d’effets spéciaux. Pas de différence marquante dans le rendu des 2 versions.

Cabal

Son - 4,5 / 5

La bande son Dolby Stereo anglaise d’origine a été spatialisée dans un format efficace 5.1 DTS-HD Master Audio (sur le Director’s Cut uniquement), avec une très bonne contribution des voies arrière et des tons graves qui ronronnent. La version 2.0 Surround du montage cinéma s’en tire très bien aussi. La VF 2.0 du Director’s Cut est moins incisive. Si vous regardez la version cinéma, essayez d’éviter la VF, qui perd sa musicalité et tous les effets surround.

Cabal

Cabal

Configuration de test
  • Écran LCD Sony (Full HD, 3D)
  • Panasonic DMP-BD35
  • Pioneer VSX-921
  • enceintes frontales, centre et surround Davis Odyssée
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p
Note du disque
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Atillart
Le 30 octobre 2019
L'éditeur ESC a utilisé pour la piste Française de son BLu-Ray, un Bootleg VHS partagé par un repackeur sur le net, une honte!!
Si vous attendez la fin du film, après le générique vous entendrez "bip bip speedfire93" qui est la signature utilisé par ce repackeur.
Cette piste était celle d'une VHS numérisé.

Pas étonnant que le test dvdfr dise d'éviter la VF.
Un editeur a boycotter car ce n'est pas la première fois qu'ils sont soupconner de se servir sur des bootleg du net!

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