Le Pont de Cassandra (1976) : le test complet du Blu-ray

The Cassandra Crossing

Combo Blu-ray + DVD

Réalisé par George Pan Cosmatos
Avec Sophia Loren, Richard Harris et Martin Sheen

Édité par Elephant Films

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Le 20/11/2019
Critique

Un film-catastrophe spectaculaire écrit et réalisé par Cosmatos, l’un des grands plasticiens du cinéma de la violence des années 1970-1990.

Le Pont de Cassandra

Genève (Suisse) 1976 : des terroristes attaquent la section américaine de l’Organisation Mondiale de la Santé. L’unique survivant, contaminé sans le savoir par une variante bactériologique de la peste, s’enfuit et parvient à monter dans un train Trans-Europe-Express transportant un millier de passagers à destination de Bâle, Paris, Bruxelles, Amsterdam, Copenhague et Stockholm. Aucun d’eux n’arrivera à destination : ils sont confinés à Nuremberg par mesure sanitaire préventive puis détournés, sous contrôle militaire, vers un camps de quarantaine en Pologne. La voie de leur chemin de fer traverserait le sinistre Pont de Cassandra, abandonné depuis 1948 et qui ne supporterait peut-être pas le poids du train : cette information dissimulée provoque, une fois connue par certains passagers, une révolte armée.

Le Pont de Cassandra (The Cassandra Crossing, USA-GB-RFA-Ital. 1976) de George Pan Cosmatos est un des meilleurs films-catastrophe de la période 1970-1980 et l’un des meilleurs titres de la filmographie de Cosmatos.

Le Pont de Cassandra

Il en co-écrivit le scénario avec Robert Katz avec qui il avait déjà écrit celui de SS Représailles (Ital.-Fr. 1973), son premier grand film. L’argument du Pont de Cassandra n’est pas sans évoquer celui du film noir américain Panique dans la rue (USA 1950) d’Elia Kazan (un criminel meurtrier, porteur de la peste sans le savoir, y était traqué conjointement par les autorités sanitaires et par la police) mais il est augmenté par un effet de politique-fiction impressionnant, par un budget important (un train complet avec locomotive, wagon-restaurant, wagon-lit et de nombreux wagons classiques fut mis à disposition par la Schweizerische Bundesbahnen de Berne) et par un casting de stars internationales. Le souvenir maléfique des camps de concentration de la Seconde guerre mondiale est intelligemment allié à l’esthétique futuriste des uniformes de guerre NBC (Nucléaire Bactériologique Chimique) déjà si bien employés dans des classiques du cinéma de science-fiction tels que Le Mystère Andromède (The Andromeda Strain, USA 1971) de Robert Wise et, surtout, The Crazies - La nuit des fous vivants (USA 1972) de George A. Romero, évidente source d’inspiration.

Le Pont de Cassandra

Cosmatos était un connaisseur émérite de l’histoire du cinéma et il est tout à fait possible que ces références aient été sélectionnées par son scénariste et lui en toute connaissance de cause filmographique. Toujours est-il qu’elles sont ici agrégées à une structure originale dotée d’une double détente dramatique (une action terroriste pourrait provoquer une catastrophe bactériologique mais ce sont les mesures prises pour y remédier qui provoquent une autre catastrophe) dont le suspense est calibré pour augmenter progressivement, à un rythme de plus en plus soutenu par un montage de plus en plus nerveux, jusqu’à la séquence spectaculaire finale : elle demeure démentielle et montée de main de maître. Mentionnons des emprunts annexes au roman-photo (la liaison amoureuse tourmentée entre un médecin renommé et son épouse divorcée mais qui l’aime encore) et au film policier classique (un trafiquant d’héroïne pourchassé par un inspecteur d’Interpol travaillant sous couverture) dont les éléments structurels se fondent in fine harmonieusement à la ligne dramatique principale. Les observateurs ont remarqué certaines erreurs matérielles (notamment géographiques et ferroviaires) : on les pardonne aisément car la tension et le suspense sont tels, à première vision, qu’on ne les remarque pas du tout. Le connaisseur appréciera l’armement léger des unités de combat NBC : pistolets-mitrailleurs italiens Beretta M12 (réglementaire en Italie de 1959 à 1977) et fusil d’assaut américains M16 A1 : cet alliage manifeste le fait que l’OTAN supervise une opération européenne et il est cohérent sur le plan tactique puisqu’il s’agit de contrôler aussi bien les quais d’une gare que l’intérieur d’un train.

Le Pont de Cassandra

Le scénario redouble in fine son effet de sidération par une menace directe sur les derniers protagonistes, prononcée en hors-champ : la paranoïa est totale et le générique de fin boucle (par un panoramique somptueux, exact inverse symétrique de celui visible au générique d’ouverture) une boucle qui pourrait alors être d’essence cauchemardesque : le fantastique est donc frôlé. On retrouvera intacts cette maîtrise formelle, ce pessimisme et cette dynamique virulence, confinant de temps en temps au baroque, dans les grands titres postérieurs signés par Cosmatos appartenant à des genres aussi variés que son film de guerre Rambo II (la mission) (Rambo : First Blood Part II, USA 1985), son film noir policier Cobra (USA 1986) et son film fantastique Leviathan (USA-Ital. 1989, ce dernier à visionner impérativement au format original 2.35).

Le Pont de Cassandra

Généralités - 4,0 / 5

Combo 1 Blu-ray BD50 + 1 DVD9 édité par Eléphant Films le 29 octobre 2019. Image au format 1.78 compatible 16/9, son VF d’époque + VOSTF en DTS HD Master Audio. Durée du film : 129 min. sur Blu-ray, 122 min. sur DVD. Jaquette réversible avec boîtier original. Suppléments : documentaire de Julien Comelli et Erwan Le Gac (51 min.), bande-annonce originale, galerie photos. Seul le Blu-ray a été testé.

Bonus - 4,0 / 5

Documentaire de Julien Comelli et Erwan Le Gac (51 min. environ) contenant de nombreux documents (photos de plateau et de tournage, N&B et couleurs, quelques affiches) et présentant la plupart des extérieurs naturels suisses et français (notamment le beau Viaduc de Garabit conçu par Gustave Eiffel, construit entre 1881-1884 : une des raisons pour lesquelles la SNCF est remerciée au générique de fin) utilisés par la production. On a même droit à une filmographie (illustrée de nombreuses affiches de films) des extérieurs suisses dans le cinéma de série A et de série B puis, un peu plus tard, à un cours d’histoire du Jura pendant. Pour le reste, résumés bio-filmographiques attendus concernant le cinéaste George Pan Cosmatos, les producteurs Carlo Ponti et Lew Grade, les actrices et acteurs principaux, sans oublier une remarque historique expliquant bien l’origine de la séquence de chanson interprétée par Ann Turkel dans le train, séquence amputée des copies françaises exploitées durant la saison cinématographique 1976-1977 mais ici réintégrée. Je signale que cette séquence était aussi amputée dans l’édition vidéo VHS américaine du titre en 1980 : l’éditeur vidéo américain de l’époque avait déjà jugé qu’elle ralentissait inutilement l’action.

Bande-annonce originale (16/9, VOSTF, 2min.35sec. environ) aux couleurs un peu plus prononcées que celles de la copie argentique du film de référence. Ne la visionner qu’après le film de référence car elle en révèle de nombreux plans-clés.

Galerie photos : elle comporte 26 belles photos couleurs de plateau et/ou d’exploitation (mais, dans ce second cas, des photos d’exploitation détourées, amputées de leurs informations écrites inscrites sous l’image), bien définies et reproduites à une taille assez grande.

Au total, bonne édition spéciale. Cette édition Eléphant supplante aisément, sur le plan des suppléments, l’édition américaine Timeless Media Group de 2014 qui ne comportait qu’une bande-annonce. Elle devient donc logiquement, sur le plan cinéphilique, l’édition de référence la meilleure actuellement disponible pour ce titre.

Le Pont de Cassandra

Image - 4,0 / 5

Format 1.78 couleurs compatible 16/9 Full HD 1080p sur le Blu-ray. Image recadrée légèrement à partir du 1.85 original mais la copie argentique est bien restaurée et la définition Full HD sur le Blu-ray permet enfin une compatibilité 16/9 sur grand écran actuel. Sur le plan numérique, rien de nouveau par rapport au master fourni par ITV en 2014 à l’éditeur américain Timeless : même rapport grain-lissage équilibré, même colorimétrie parfois un peu pâle sur les chairs des visages, même léger recadrage du 1.85 en 1.78. Un plan est curieusement absent de la continuité, qu’il s’agisse de la VF ou de la VOSTF : je veux parler du plan-insert (sa durée était d’une ou deux secondes) du bras de Kaplan (joué par Lee Strasberg) portant son numéro matricule tatoué par les SS. C’est parce qu’elle l’apercevait au moment où il relevait sa manche de chemise pour recevoir les premiers soins après sa blessure par balles, que Jennifer (jouée par Sophia Loren) était bouleversée. C’est cependant bien l’édition « unrated » non-censurée dans la mesure où elle comporte les plans les plus sanglants insérés au montage de la catastrophe finale spectaculaire d’une part, les plans à teneur légèrement érotique d’autre part. Tous deux avaient été, autrefois, censurés dans certaines anciennes éditions VHS américaines.

Le Pont de Cassandra

Son - 4,0 / 5

VOSTF + VF d’époque en DTS HD Master Audio. La VF d’époque (soignée) comporte une séquence inédite en France (Ann Turkel chante avec un groupe de hippies au début du voyage en train) et est pour cette raison présentée en VOSTF. Musique de Jerry Goldsmith : une de ses meilleures partitions de la période 1970-1980 mais souffrant ici parfois de certaines distorsions mineures dans les sons aïgus. Les dialogues et les effets sonores sont mieux conservés que la musique, dans les deux versions sonores proposées, toutes deux très nettes et dynamiques.

Crédits images : © Eléphant Films

Configuration de test
  • Téléviseur 4K LG Oled C7T 65" Dolby Vision
  • Panasonic BD60
  • Ampli Sony
Note du disque
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francis moury
Le 21 novembre 2019
Un film-catastrophe spectaculaire écrit et réalisé par Cosmatos, l’un des grands plasticiens du cinéma de la violence des années 1970-1990.

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