Deux films de René Clair : Entr'acte + Paris qui dort : le test complet du Blu-ray

Combo Blu-ray + DVD

Réalisé par René Clair
Avec Jean Börlin, Inge Frïss et Man Ray

Édité par Pathé

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Le 26/11/2019
Critique

Les deux premiers films de René Clair enfin disponibles en vidéo, restaurés en 4K et accompagnés d’intéressants bonus !

Entr'acte + Paris qui dort

Paris qui dort (1925, 1.33:1, 67 minutes) : Albert occupe des fonctions élevées à Paris : il est gardien de nuit au troisième étage de la Tour Eiffel. En se réveillant, à 10 heures du matin, il est surpris de ne pas voir arriver les gardiens de jour, de n’entendre aucun bruit, de ne déceler aucun mouvement. La ville semble ne s’être pas réveillée… Les parisiens sont tous figés comme des statues par le mystérieux rayon d’un savant, sauf Albert, ainsi que le pilote d’un avion et ses quatre passagers, hors de portée à l’altitude à laquelle ils se trouvaient…

Entr’acte (1924, 1.33:1, 24 minutes), une commande de Francis Picabia, était destiné à être projeté (pour la première fois le 4 décembre 1924) au Théâtre des Champs-Élysées pendant l’entracte du ballet Relâche, de Jean Börlin et Francis Picabia. Ce dernier et Erik Satie, s’affairent autour d’un canon sur le toit du Théâtre des Champs Élysées. Un chasseur est tué par un autre. Ses obsèques, avec un corbillard tiré par un dromadaire, sont suivies par un cortège sautillant jusqu’en rase campagne…

Entr'acte + Paris qui dort

Paris qui dort est proposé en deux versions restaurées en 4K par L’Immagine Ritrovata. La première, venant d’une copie conservée au British Film Institute, titrée The Crazy Ray (Le Rayon diabolique), d’une durée de 60 minutes, avec les teintes codifiées du cinéma muet et des intertitres en anglais (sous-titrés en français), s’ouvre, curieusement, sur une séquence où l’on voit des péniches se déplacer sur la Seine (les soubresauts du déplacement trahissent quelques manques d’images).

L’autre version, dite « négatif image », est issue d’un négatif nitrate restauré par L’Immagine Ritrovata, non teintée, d’une durée de 67 minutes, est de meilleure qualité que la précédente, plus propre et plus stable.

Les deux sont accompagnées par le pianiste et compositeur Karol Beffa qui s’est notamment fait connaître en accompagnant en 2014 la version restaurée, d’une durée de six heures, de Les Misérables d’Henri Fescourt, également sortie en 1925, dont on attend toujours l’édition vidéo.

Entr'acte + Paris qui dort

Entr’acte, sur une idée de Francis Picabia, un des porte-drapeaux du dadaïsme, est résolument avant-gardiste, une expérience de « cinéma pur » à l’aube du surréalisme lancé par André Breton en 1924. Des figures célèbres y apparaissent à côté de Picabia et Satie, parmi lesquelles Marcel Duchamp et Man Ray, en joueurs d’échecs, Marcel Achard, Georges Auric et Darius Milhaud dans le cortège funéraire. Enrichi de plans que René Clair avait supprimés de la version de 1967, le film est accompagné par la composition originale d’Erik Satie, interprétée par le pianiste et compositeur Daniele Furlati.

Paris qui dort, avec toute sa fantaisie, mêlant science-fiction, romance et comédie, avec un zeste d’anarchie, affirme le goût de René Clair pour le cinéma populaire, celui qui raconte une histoire.

Pathé comble un manque important en nous proposant la première édition sur disque optique (ici en combo Blu-ray/DVD) d’Entr’acte et de Paris qui dort, les deux premiers films du jeune René Clair, René-Lucien Chomette pour l’état civil, scénariste et réalisateur d’une trentaine de films. Le Dernier milliardaire (1934) et Le Silence est d’or (1947) sont sortis simultanément.

L’arrivée de ces trois disques est un des événements de l’édition vidéo de l’année. À marquer d’une pierre blanche !

Entr'acte + Paris qui dort

Généralités - 3,0 / 5

Cette édition combo contient un Blu-ray BD-50 et un DVD-9 logés dans un boîtier, non fourni pour le test, effectué sur le seul Blu-ray, sur un check disc.

On accède par un menu animé et musical aux deux films :

Entracte (1.33:1, avec accompagnement musical DST-HD Master Audio 2.0, 24 minutes),

Paris qui dort, avec le choix entre deux versions restaurées en 2018 par L’Immagine Ritrovata :

- l’une à partir d’une copie d’exploitation anglaise teintée conservée par le British Film Institute, d’une durée de 60 minutes,

- l’autre, à partir d’un négatif nitrate provenant des collections de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, d’une durée de 67 minutes,

les deux avec accompagnement musical au format DTS-HD Master Audio 2.0.

Des sous-titres pour malentendants sont proposés sur la version négatif nitrate. Pas banal pour un film muet : ils donnent quelques vagues indications sur l’accompagnement musical (dramatique, inquiétant…).

Piste d’audiodescription pour Entr’acte au format DTS-HD MA 2.0.

Entr'acte + Paris qui dort

Bonus - 4,0 / 5

En supplément :

Au-dessus de la mêlée (Pathé, 2019, 29’). Patrick de Haas, historien des arts, et Noël Herpe, historien du cinéma, évoquent le goût pour l’écriture de René Clair, auteur de poèmes pendant sa mobilisation, la possible influence du surréalisme et des recherches de son frère Henri Chomette en quête d’un « cinéma absolu », sa première expérience du tournage en tant qu’assistant de Jacques de Baroncelli, sa rencontre avec le producteur Diamant Berger, l’écriture du scénario de Paris qui dort en une seule nuit, sa croyance au merveilleux, à l’éternelle jeunesse du cinéma, etc.

La Tour (1928, 1.37:1, muet, 14’) est un documentaire sur la Tour Eiffel, photographiée sous toutes ses coutures, dans une suite de panoramiques verticaux, de travellings filmés depuis les ascenseurs, avec l’insert de photos permettant de suivre sa construction, depuis ses fondations entreprises en 1887, jusqu’à son achèvement pour l’Exposition universelle de 1889.

Entr'acte + Paris qui dort

Image - 4,5 / 5

L’image d’Entr’acte et de la version issue du négatif nitrate de Paris qui dort (1.33:1, 1080p, AVC) a été magistralement restaurée. Débarrassée de toutes taches ou rayures, sans lissage excessif, dans le respect de la texture originelle, elle laisse occasionnellement apparaître des variations d’intensité lumineuse en bordure des cadres, peu gênantes.

L’autre version, celle provenant de la copie conservée par le British Film Institute, au même format, bien qu’elle ait profité de la même restauration par L’Immagine Ritrovata, probablement parce qu’elle provient d’une copie d’exploitation en moins bon état que le négatif de la première, est de moins bonne qualité, avec un manque de stabilité lumineuse et un grain assez grossier. Nous n’en avons pas tenu compte dans la note.

L’image de La Tour (1.37:1, 1080i, AVC) vient d’une copie apparemment non restaurée mais en plutôt bon état, les taches et rayures ne gênant pas la lisibilité des plans bien contrastés.

Entr'acte + Paris qui dort

Son - 4,5 / 5

Le son DTS-HD Master Audio 2.0 de l’accompagnement restitue avec fidélité et finesse le timbre du piano.

Crédits images : © Droits Réservés

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

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Philippe Gautreau
Le 26 novembre 2019
Restaurées en 4K, les deux premiers films du jeune René Clair sont enfin disponibles en vidéo, un court métrage surréaliste et une fantasmagorie associant science-fiction et romance. Tout ça dans une édition enrichie d’une intéressante analyse et d’un court métrage inédit.

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