Les Cinq secrets du désert (1943) : le test complet du Blu-ray

Five Graves to Cairo

Combo Blu-ray + DVD

Réalisé par Billy Wilder
Avec Franchot Tone, Anne Baxter et Akim Tamiroff

Édité par Elephant Films

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Le 13/02/2020
Critique

Rescapé de justesse dans la déroute de son armée en juin 1942, un caporal anglais échoue, en plein désert, au milieu de l’état-major de Rommel.

Les Cinq secrets du désert

Égypte, juin 1942. Le caporal John J. Bramble, seul survivant d’une compagnie de chars britannique, se réfugie dans ce qui reste, après un bombardement, de l’hôtel Empress of Britain qui fut un poste de commandement de l’armée du Royaume Uni. À peine a-t-il repris ses esprits qu’arrive une colonne de l’Afrikakorps avec son chef, le Generalfeldmarschall Rommel. John, sans savoir que l’homme était un espion à la solde des Allemands, se fait passer pour Paul Davos, le maître d’hôtel mort dans un récent bombardement…

Les Cinq secrets du désert (Five Graves to Cairo), l’adaptation d’une pièce de Lajos Biró (romancier, dramaturge et scénariste hongrois à l’origine d’une soixantaine d’adaptations pour le grand et le petit écran), est le deuxième film réalisé par Billy Wilder aux USA après une comédie, Uniformes et jupons courts (The Major and the Minor, 1942), la romance entre une jeune femme et un commandant d’école militaire, avec Ginger Rogers et Ray Milland.

Né en 1906 dans l’Empire Austro-hongrois, à Sucha (maintenant en Pologne), Billy Wilder a collaboré à l’écriture du scénario de Les Hommes le dimanche (Menschen am Sonntag, 1930), ce qui le fit embaucher par la UFA pour laquelle il écrira une vingtaine de scénarios avant qu’il ne quitte l’Allemagne hitlérienne en 1933 pour Paris où il coréalise avec Alexander Esway son premier film, Mauvaise graine, avec une débutante de 17 ans, Danielle Darrieux. Quand un de ses scénarios est acheté à Hollywood, il s’embarque pour les USA, écrit et vend plusieurs nouvelles et scénarios, dont celui de deux films d’Ernst Lubitsch, La Huitième femme de Barbe Bleue (Bluebeard’s Eighth Wife, 1938) et Ninotchka (1939).

Les Cinq secrets du désert, une commande des studios, s’inscrit dans la longue liste de films de propagande en faveur de l’effort de guerre produits aux USA, réalisés par Frank Borzage, Anatole Litvak, Henry Hathaway, Raoul Walsh, William A. Wellman, Edward Dmytryk, Douglas Sirk, Fred Zinnemann, Lewis Milestone, Orson Welles, Alfred Hitchcock, Fritz Lang, John Ford… Des films d’espionnage, de guerre et des drames, mais aussi d’inoubliables comédies, telles Le Dictateur (The Great Dictator, Charles Chaplin, 1940) ou To Be or Not to Be - Jeux dangereux, Ernst Lubitsch, 1942).

Les Cinq secrets du désert

Les Cinq secrets du désert<7b> n’est certes pas un film majeur de Billy Wilder. Manifestement réalisé avec une grande économie de moyens, cette mise en image d’un scénario simple, au déroulé chronologique, coule naturellement, sans achoppement ni maladresse, vers la découverte du mystère des cinq tombeaux du titre original et l’identification de l’énigmatique professeur Cronstaetter. Une fluidité qui laisse pointer la maîtrise de la mise en scène qu’a déjà acquise le réalisateur, encore débutant, servi par la photo de John F. Seitz qui sera le chef opérateur de ses deux films suivants, Assurance sur la mort (Double Indemnity, 1944) et Le Poison (The Lost Weekend, 1945), puis de Boulevard du crépuscule (Sunset Blvd., 1950).

Erich von Stroheim est impérial dans son incarnation de Rommel, sous l’uniforme allemand qu’il avait souventes fois endossé dans des films sur la première guerre mondiale, ce qui lui avait valu d’être désigné « the man you love to hate » (l’homme que vous aimez haïr). Franchot Tone se glisse assez bien dans celui d’un homme dépassé par l’imprévu de la situation (il aurait toutefois gagné en crédibilité en atténuant son accent américain) et Ann Baxter réussit à faire croire qu’elle est Mouche, une serveuse française. Akim Tamiroff, sous la chéchia du concierge de l’hôtel, effarouché pour un rien, apporte la touche comique du film, comme le fait le général italien amateur de bel canto interprété par l’Espagnol Fortunio Bonanova, tandis que Peter van Eyck campe avec assurance le Leutnant Schwegler.

Il faut aussi souligner l’élégante richesse de la composition originale de Miklós Rózsa qui signera la musique de quatre autres films de Billy Wilder, dont celle de l’extraordinaire La Vie privée de Sherlock Holmes (The Private Life of Sherlock Holmes, 1970), ressorti en 2018 dans une magnifique édition.

Les Cinq secrets du désert était introuvable, la précédente édition de 2009 étant épuisée. On appréciera donc sa réédition, la première en haute définition, à ce jour uniquement disponible en France.

Les Cinq secrets du désert

Généralités - 3,0 / 5

Les Cinq secrets du désert (97 minutes) et son supplément (29 minutes) tiennent sur un Blu-ray BD-50 logé, dans cette édition combo, avec un DVD-9, dans un boîtier, non remis pour le test, effectué sur le seul Blu-ray.

Le menu fixe et musical propose le film dans sa version originale (en anglais et en allemand), avec sous-titres optionnels, et dans un doublage en français (avec certaines scènes en anglais, sous-titrées), les deux au format audio DTS-HD Master Audio 1.0.

Bonus - 4,0 / 5

Le film par Frédéric Mercier, critique à Transfuge (29’). Les Cinq secrets du désert sort un an après les faits qu’il relate, la déroute de l’armée britannique confrontée à l’Afrikakorps, sur un scénario coécrit avec Charles Brackett qui a souvent collaboré à l’oeuvre de Billy Wilder. Frédéric Mercier souligne l’étrange beauté de la scène d’ouverture, l’avancée du tank-tombeau dans les dunes et le délire de John Bramble qui permet de situer le personnage sans recours à la voice over, le choix judicieux d’Erich von Stroheim pour incarner Rommel, opposé, « dans une partie de Mastermind en huis clos », à John Bramble qui finira par comprendre ce que sont les « cinq tombeaux » du titre du film. « Un film mental (…) avec des hiéroglyphes », des signes à décrypter, le chiffre « 5 », les salières que Rommel place sur la nappe, une suite de lettres, la carte de l’Égypte… autorisant à rapprocher Les Cinq secrets du désert de La Vie privée de Sherlock Holmes.

Pour finir :
- la bande-annonce du film,
- dans la même collection , la bande-annonce de huit films de guerre édités par Elephant Films : La Bataille de Midway (The Battle of Midway, John Ford, 1942), Pour qui sonne le glas (For Whom the Bell Tolls, Sam Wood, 1943), Les Anges de l’enfer (Hell’s Angels, Howard Hughes, 1930), La Sentinelle du Pacifique (Wake Island, John Farrow, 1942), L’Homme que j’ai tué (Broken Lullaby, Ernst Lubitsch, 1932), La Kermesse des aigles (The Great Waldo Pepper, George Roy Hill, 1975), L’Aigle s’est envolé (The Eagle Has Landed, John Sturges, 1976) et Les Ailes de l’espérance (Battle Hymn, Douglas Sirk, 1957),
- une galerie de photos.

Les Cinq secrets du désert

Image - 4,0 / 5

L’image (1.37:1, 1080p, AVC) est stable, bien contrastée, grâce à une restauration qui n’a laissé subsister que quelques rares petites taches, à peine décelables (sauf à 52’30”, sur toute la bordure droite), avec une réduction du bruit qui, hormis quelques franchissements de la ligne blanche, respecte la texture argentique.

Son - 4,0 / 5

Le son DTS-HD Master Audio 1.0 de la version originale, très propre, inévitablement concentré dans le medium par les moyens techniques d’alors, restitue clairement les dialogues et, avec de très faibles distorsions et un défilement régulier, réussit à mettre en valeur le bel accompagnement musical.

Le doublage français (non pris en compte pour la note) est à éviter : en plus de manquer de naturel, il est affecté par une réverbération des dialogues et une saturation constante qui ruine l’accompagnement musical et rend l’ambiance cafouilleuse.

Crédits images : © 1943 Paramount Pictures INC. Renewed 1970 by EMKA. All Rights Reserved.

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

Moyenne

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Philippe Gautreau
Le 13 février 2020
Les Cinq secrets du désert était introuvable, la précédente édition de 2009 étant épuisée. On appréciera donc la ressortie, la première en haute définition, d'un film assez méconnu de Billy Wilder, à ce jour uniquement disponible en France !

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Les Cinq secrets du désert
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