À couteaux tirés (2019) : le test complet du Blu-ray

Knives Out

Réalisé par Rian Johnson
Avec Daniel Craig, Chris Evans et Ana de Armas

Édité par Metropolitan Vidéo

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Le 18/06/2020
Critique

La nuit de son 85ème anniversaire, un richissime écrivain est retrouvé baignant dans son sang, la carotide tranchée. Meurtre ou suicide ?

À couteaux tirés

Le richissime auteur de romans policiers Harlan Thrombey, dans la nuit suivant la célébration de ses 85 ans, est retrouvé baignant dans son sang, la carotide tranchée. Le lendemain, un inspecteur de police et son adjoint commencent d’interroger, l’un après l’autre, tous les membres de la famille, réunie pour l’anniversaire. Au fond de la pièce, en contre-jour, un inconnu ponctue chaque entretien en frappant la touche la plus aiguë du clavier d’un piano. C’est Benoit Blanc, le célèbre détective privé dont les services ont été requis anonymement…

À couteaux tirés (Knives Out), le cinquième long métrage de Rian Johnson, suit l’original Looper (2012) et le décevant Star Wars 8 : Les Derniers Jedi, le énième avatar de l’interminable saga, sorti en 2017.

My house. My rules. My coffee!!

« Ma maison, mes règles, mon café !! » en lettres rouges sur un mug, juste après le plan d’une grande maison victorienne au milieu d’un parc : en 20 secondes, avant le générique, le décor est planté : nous sommes chez un riche autocrate qu’on découvrira mort… une minute plus tard !

I suspect foul play…

« Je penche pour un meurtre » lâche le suspicieux Benoit Blanc, un émule d’Hercule Poirot, dans ce whodunit qui rappelle, dès les premiers plans, l’ambiance d’autres adaptations de romans d’Agatha Christie, avec une galerie de suspects, chacun pouvant tirer profit de la disparition du patriarche.

À couteaux tirés tire une grande partie de son intérêt d’un scénario bien écrit et, surtout, astucieusement structuré : la révélation des griefs à l’encontre du défunt fait de chacun un suspect… sauf de Great Nanna, la mère mutique de Harlan, dont personne ne peut dire l’âge. Et s’il donne assez vite au spectateur la primeur de la découverte des circonstances de la mort de Harlan Thrombey, il organise ensuite une série de rebondissements qui réussissent à captiver l’attention, sans temps mort, mais non sans humour.

À couteaux tirés

À couteaux tirés bénéficie d’une distribution royale qui n’a rien à envier au plus luxueuses adaptations d’Agatha Christie, telles Le Crime de l’Orient Express (Murder on the Orient Express, Sidney Lumet, 1974) ou Mort sur le Nil (Death on the Nile, John Guillermin, 1978). Le mort, qu’on revoit vivant par la magie des flashbacks, c’est Christopher Plummer, toujours aussi présent, après 67 ans de carrière et 216 rôles ! Aussi tordus que soient les membres de sa famille, ils sont dignement représentés par Toni Collette, Jamie Lee Curtis, Michael Shannon et Chris Evans. Moins connue, l’interprète du personnage-clé, celui de Marta, l’infirmière de Harlan et son adversaire au jeu de go, la jeune actrice d’origine cubaine Ana de Armas, très présente et naturelle, tient là son premier grand rôle.

Mais celui qui capte l’attention, qu’on ne faisait qu’entrapercevoir au début de l’enquête, au fond de la pièce, silencieux, près du piano, c’est Daniel Craig. À l’aise dans la peau de Benoit Blanc, servi par des dialogues pleins de sel, il a troqué l’accent d’Oxford de James Bond pour un discret accent américain.

À couteaux tirés vaut aussi pour le soin apporté par Rian Johnson à la réalisation avec l’assistance, pour la photographie, de Steve Yedlin et, pour la musique, de Nathan Johnson qui ont, l’un et l’autre, collaboré à ses autres films.

Un autre bon point pour la qualité baroque des décors foisonnants, un indescriptible bric-à-brac révélateur de l’excentricité de Harlan Thrombey, dans lequel s’impose une inquiétante rosace faite de couteaux disposés en cercles concentriques, placée au-dessus d’un imposant fauteuil qui pourra rappeler le trône de Game of Thrones (Le Trône de Fer).

Reverra-t-on Benoit Blanc dans d’autres films ? À la fin du documentaire sur le tournage, Rian Johnson dit espérer revoir ce personnage sur les écrans. Les bonnes recettes du film, plus de 300 millions de dollars pour une mise de 40, auront exaucé ses voeux : il a annoncé en février dernier qu’il allait s’appliquer à l’écriture d’une suite, provisoirement appelée… Knives Out 2.

À couteaux tirés

Généralités - 4,0 / 5

À couteaux tirés (130 minutes) et ses suppléments (128 minutes) tiennent sur un Blu-ray BD-50 rempli jusqu’au bord, logé dans un boîtier non fourni pour le test, effectué sur check disc.

Le menu animé et musical propose le film dans sa version originale, au format audio Dolby Atmos, compatible Dolby TrueHD 7.1, et dans un doublage en français DTS-HD Master Audio 5.1.

Piste d’audiodescription DTS 2.0 et sous-titres pour malentendants.

Sont sorties simultanément une Édition Limitée SteelBook 4K Ultra HD + Blu-ray et une Édition DVD avec le même contenu.

Bonus - 3,5 / 5

Commentaire audio du réalisateur Rian Johnson, du directeur de la photographie Steve Yedlin et de l’acteur Noah Segan (en anglais, sous-titré). Rian Johnson fait le gros du travail, l’intervention des deux autres compères n’ajoutant pas grand-chose, si ce n’est, le plus souvent des intrusions gênantes là où on aurait apprécié quelques pauses pour laisser un peu d’espace aux dialogues du film. Néanmoins, ce commentaire trop bavard fournit quelques informations utiles sur le tournage.

Commentaire audio de Rian Johnson, réalisateur (en anglais, sans sous-titres). Ce commentaire, outre qu’il donne plus d’informations sur le scénario, sur les options de mise en scène et les choix techniques, est beaucoup plus agréable à écouter. Dommage qu’il n’ait pas été sous-titré !

Scènes coupées (5’, sous-titrées), avec ou sans le commentaire du réalisateur.

Making of (113’). Un long document, divisé en huit chapitres : la genèse et la préparation, le casting, les costumes, les décors, le choix du ratio d’image, le montage, la musique et le mixage. Il fallait la belle distribution, du niveau de celle des adaptations des romans d’Agatha Christie, facile à trouver grâce à la présence de Daniel Craig. Les différents costumes des personnages d’un jeu de Cluedo ont été créés par Jenny Eagan. Le manoir qui apparaît dès l’ouverture du film a été trouvé dans le Massachussetts, près de Boston, la bibliothèque dans une autre maison. Rian Johnson a, pour la première fois, utilisé le ratio 1.85:1 qui « enferme » les personnages dans un cadre plus intime que le 2.39:1 qu’il utilise habituellement, et a choisi la souplesse et le confort du digital qui donne maintenant la même qualité d’image que la pellicule 35 mm. Peu de scènes ont été écartées au montage, à chaque fois pour maintenir le rythme du récit, en fonction des réactions des spectateurs de projections en famille ou entre amis. La partition pour orchestre et pour quatuor à cordes de Nathan Johnson a été enregistrée à Abbey Road. La première à Los Angeles, pour Thanksgiving 2019, clôt ce documentaire qui aurait beaucoup gagné à être élagué de près d’une demi-heure d’autocongratulations et débarrassé d’un accompagnement musical qui ne laisse pas une seconde de répit.

Rian Johnson : orchestrer le meurtre parfait (6’) Le cinéaste a pris soin de la structure du scénario d’un genre qui demande rigueur et précision : la combinaison d’un whodunit et d’un thriller à la Hitchcock.

L’invitation au meurtre (2’). Un amusant teaser sous la forme d’une bande-annonce usée d’un vieux film policier.

Les publicités Thrombey (2’). Trois sketches sur les trois activités du Groupe Knives Out, sur l’immobilier, par Jamie Lee Curtis, sur la maison d’éditions Blood Like Wine Publishing, par Michael Shannon, sur les produits cosmétiques Flam et le redoutable onguent à la bave d’escargot qui provoque des irritations, par Toni Colette.

Bandes-annonces d’À couteaux tirés, de Tout l’argent du monde (All the Money in the World, Ridley Scott, 2017), avec Christopher Plummer, de Traîné sur le bitume (Dragged Across Concrete, S. Craig Zahler, 2018), avec Don Johnson, de Hérédité (Hereditary, Ari Aster, 2018), avec Toni Colette, et de Horse Soldiers (12 Strong, Nicolai Fuglsig, 2018), avec Michael Shannon.

À couteaux tirés

Image - 5,0 / 5

L’image numérique (1.85:1, 1080p, AVC) affiche des couleurs parfaitement étalonnées, dans une palette assez chaude et assure une parfaite lisibilité de tous les plans, intérieurs comme extérieurs, et dans toutes les conditions d’éclairage, y compris dans les nombreux contre-jours.

Le réalisateur, dans le supplément sur le tournage du film, souligne la souplesse du numérique, lui qui, jusque-là, était resté fidèle à la pellicule. Peut-être est-ce son goût pour l’argentique qui l’a poussé à ajouter un léger grain en postproduction qui adoucit la texture de l’image, plutôt agréablement, sans affecter sérieusement sa résolution ?

Son - 5,0 / 5

Le son Dolby Atmos, testé sous le format Dolby TrueHD 7.1, assure une parfaite restitution des dialogues, essentielle pour un film qui leur accorde tant de place et d’importance et diffuse avec finesse la riche composition originale de Nathan Johnson. Si la répartition sur 11 canaux (7 dans le format testé) est un luxe en raison de l’absence d’effets spéciaux spectaculaires (limités à trois coups sourds au plafond ou aux voix venant d’une bouche d’aération élevée), elle permet toutefois de donner à l’image sonore une exceptionnelle profondeur.

Le doublage en français DTS-HD Master Audio 5.1 fait techniquement le job. Il place toutefois trop en avant les dialogues, qui manquent aussi de naturel.

Crédits images : © 2018 MRC II Distribution Company L.P. All rights reserved.

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

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Philippe Gautreau
Le 19 juin 2020
Cet agréable divertissement a plus d’un atout dans sa main : un scénario malin, une belle photographie, une distribution hors pair, des décors foisonnants et une remarquable performance de Daniel Craig dans le rôle du détective privé Benoît Blanc. Un personnage qu’on retrouvera avec plaisir dans la suite annoncée.

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