The Bride With White Hair - Part 1 & 2

The Bride With White Hair - Part 1 & 2 (1993) : le test complet du Blu-ray

Bai fa mo nu zhuan + Bak fat moh lui zyun II

Édition Collector

Réalisé par Ronny Yu
Avec Brigitte Lin, Leslie Cheung et Francis Ng

Édité par Spectrum Films

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Le 22/07/2020
Critique

Bonne idée d’avoir réuni ces trois films, dont deux inédits, adaptés d’un roman de Liang Yusheng, reconnu comme un des fondateurs du genre wuxiá.

The Bride With White Hair - Part 1 & 2

The Bride with White Hair. Cho Yi Hang fut à la tête du clan Wu-Tang. Il attend depuis dix ans, sur le Mont des Neiges, l’éclosion, qui ne se produit que tous les vingt ans, d’une fleur magique qui peut guérir tous les maux et même ressusciter les morts. Il refuse la fleur aux trois émissaires venus la chercher pour sauver le dernier empereur de la dynastie des Tsing, à l’article de la mort. Vingt ans avant, Cho n’était qu’un enfant dans une école de kung-fu, quand il fut sauvé des loups par une fillette, Lien Ni-Chang. Cette rencontre changera sa destinée…

The Bride with White Hair 2. Persuadée d’avoir été trahie par Cho Yi Hang, Lien Ni-Chang, pour se venger, enlève Lyre, la jeune épouse de son neveu, Kit. Ce dernier, accompagné par quelques amis et par Moon, une jeune fille rompue à l’art du kung-fu, part délivrer Lyre…

The White Haired Witch of Lunar Kingdom : Cho Yi Hang et Lien Ni-Chang se sont réconciliés pour lutter contre la tyrannie du dernier empereur Ming et s’opposer à une invasion de leur pays par les Mandchous.

The Bride with White Hair (Bai fa mo nu zhuan ; titre international : Jiang-Hu: Between Love and Glory), sorti en 1993, est l’adaptation par Ronny Yu, coécrite avec David Wu et Kee-To Lam, de Baifa Monü Zhuan, un roman publié en 1957 par Yusheng Liang (1924-2009), considéré comme un des pionniers du renouveau du wuxiá, un genre contant les exploits fantastiques des maîtres des arts martiaux de la Chine ancienne. Il fut l’auteur d’une bonne trentaine de romans, répartis sur quatre dynasties.

The Bride with White Hair, salué dans plusieurs festivals, notamment par le Grand prix à Gérardmer, permit à Ronny Yu de réaliser quelques films à Hollywood, dont La Fiancée de Chucky (Chucky’s Bride, 1998) et Freddy contre Jason (Freddy vs. Jason, 2003), avant un retour à Hong Kong pour réaliser son chef-d’oeuvre, Le Maître d’armes (Huo Yuan Jia, 2006).

The Bride With White Hair - Part 1 & 2

Ressorti dans nos salles en 2019 pour Noël, en dépit de l’amateurisme de certains effets spéciaux, notamment dans les scènes de combat (parfois assez fatigantes pour l’oeil), le film continue de séduire par sa beauté formelle qui doit beaucoup au talent du chef opérateur Peter Pau, oscarisé pour Tigre & Dragon (Wo hu zang long, Ang Lee, 2000), par l’érotisme poétique des scènes d’amour entre Cho Yi Hang et Lien Ni-Chang et par son inventivité, notamment avec les inquiétants jumeaux siamois attachés par le dos, un frère et une soeur en perpétuelle opposition. Le rôle-titre est tenu par Brigitte Lin, l’actrice iconique du genre depuis la Trilogie Swordsman (1990-1992). Cho Yi Hang est interprété par Leslie Cheung, en tête d’affiche de Le Syndicat du crime (Ying hung boon sik, John Woo, 1986), Histoires de fantômes chinois (Sien lui yau wan, Ching Siu-Tung, 1987), Adieu, ma concubine (Ba wang bie ji, Chen Kaige, 1993)… qui mit brutalement fin à une brillante carrière en se suicidant en 2003, à l’âge de 46 ans.

The Bride with White Hair 2 (Bai fa mo nu zhuan II), réalisé par David Wu sur un scénario coécrit avec Ronny Yu, est sorti à Hong Kong quatre mois après The Bride with White Hair, dont il est la suite, ce que soulignent quelques flashbacks extraits du premier film et la distribution des mêmes acteurs dans les rôles de Cho Yi Hang et de Lien Ni-Chang. S’invitent, dans un récit inventif, l’humour, avec une grand-mère coriace, et l’insolite, avec le gynécée sur lequel règne sans partage la sorcière aux cheveux blancs qui incite ses disciples à ne pas faire de quartier à la gent masculine. Malgré une réalisation soignée, cette suite ne diffuse pas la poésie du film précédent. On y retrouve cependant avec plaisir, dans le rôle de Moon, Christy Chung, en tête d’affiche du magnifique Samsara (Pan Nalin, 2001) qui mériterait bien une réédition.

The White Haired Witch of Lunar Kingdom (Bai fa mo nu zhuan zhi ming yue tian guo), le troisième volet de la trilogie, fut réalisé par Chi Leung ‘Jacob’ Cheung en 2014. Jamais sorti dans nos salles, il a été distribué en 3D, ce que trahissent certains plans. Le film s’ouvre sur une originale séquence de combat opposant deux groupes d’élèves de kung-fu sur une table rocheuse en équilibre instable sur un piton, planté au milieu d’un lac.

Sorti en salles au ratio 2.35:1 (1.85 pour certaines scènes en IMAX) avec son Dolby Atmos, c’est une production à grand spectacle, dotée de moyens manifestement plus généreux que ceux alloués à la production des deux autres films, avec des cascades spectaculaires, des décors fantastiques et des effets spéciaux convaincants. Soigneusement réalisé, The White Haired Witch of Lunar Kingdom souffre de relâchements dans la tension dramatique et finit par laisser de glace, comme la beauté froide des deux acteurs principaux.

The Bride With White Hair - Part 1 & 2

Généralités - 4,0 / 5

The Bride with White Hair (89 minutes), avec le commentaire audio du réalisateur, et sa suite, The Bride with White Hair 2 (81 minutes) tiennent sur un Blu-ray BD-50.

The White Haired Witch of Lunar Kingdom (97 minutes) et une généreuse collection de suppléments (175 minutes) tiennent sur un deuxième Blu-ray BD-50.

Un menu fixe et musical propose The Bride with White Hair et The Bride with White Hair 2 dans leur version originale (en cantonnais avec sous-titres optionnels), au format audio DTS-HD Master Audio 5.1, et, pour le premier film, dans un doublage en français au format DTS-HD MA 2.0 stéréo. The White Haired Witch of Lunar Kingdom est proposé, dans sa version originale et dans un doublage en français, les deux au format DTS-HD MA 2.0 stéréo.

Les deux disques sont logés, comme toutes les autres éditions Spectrum Films, dans un boîtier de 11 mm, glissé dans un étui. L’éditeur, spécialisé dans le cinéma asiatique, avait suspendu un temps ses sorties pour créer un site de vente en ligne de son catalogue.

Bonus - 3,0 / 5

Sur le premier disque :

Commentaire de The Bride with White Hair par Ronny Yu (en anglais, sous-titré). Dans une suite d’interventions espacées par de longues pauses, le réalisateur indique ses choix de cadrage, avec des gros plans pour communiquer les émotions, et ses options de couleurs… Les décors et les costumes sont résolument disparates, le conte de fées autorisant toutes les fantaisies. Sans recours aux images de synthèse, au coût trop élevé pour le budget alloué, les scènes de combat ont été filmées à 10 ou 12 images par seconde, avant d’être tirées en 24 ou 36 images par seconde, et jusqu’à six acteurs ont été employés pour n’incarner qu’un seul personnage. Il n’y avait que quatre cavaliers pour simuler une armée dans la scène du massacre d’un village… Un commentaire intéressant d’une discrétion qui tranche avec le saoulant bavardage qui gâche trop souvent cet exercice.

Présentation du film par Ronny Yu (1’, en anglais, sous-titré). Dans ce court bonus exclusif, le réalisateur se limite à annoncer que nous allons voir la première version restaurée en 4K du film qui lui « ouvrit les portes de Hollywood ».

The Bride With White Hair - Part 1 & 2

Sur le deuxième disque :

Présentation The Bride with White Hair par Arnaud Lanuque (11’, Spectrum Films, 2019). Le présentateur d’autres éditions de Spectrum Films rappelle que l’oeuvre volumineuse de Liang Yusheng n’a été adaptée qu’une dizaine de fois au cinéma en dépit de l’intérêt porté par Hong Kong et toute l’Asie au wuxiá pian qu’avait fait renaître sur les écrans Tsui Hark, au début des années 90. The Bride with White Hair, avec Brigitte Lin, actrice emblématique du wuxiá, reprend les nouveaux canons du genre : un montage plus serré, l’usage de câbles dans les scènes de combat et un « récit en entonnoir » se resserrant progressivement sur deux ou trois personnages et un seul enjeu dramatique. Le film, dans lequel on perçoit l’influence du Dracula de Francis Ford Coppola, sorti quelques mois avant, concentre une intrigue touffue sur les amours des deux personnages principaux. Par son originalité, il est un des meilleurs exemples du néo-wuxiá.

Ronny Yu par Julien Sévéon (40’, Spectrum Films, 2019). « Un touche-à-tout brillant », difficile à cataloguer. Atteint par la poliomyélite enfant, il se réfugie dans le cinéma, puis part étudier en Angleterre et aux USA. Sans aucune formation ni expérience, il écrit son premier scénario et réalise son premier film en 1979, conjointement avec l’acteur Philip Chan (The Servant / Cheung laap cheing ngoi), dont le succès inespéré lui permit de poursuivre sa carrière avec un autre polar, puis un film d’arts martiaux, tourné en Corée du Sud en 1982 (Xun cheng ma / The Postman Strikes Back) avec Chow Yun-Fat. Suivra le très violent L’Héritier de la violence (Long zai jiang hu, 1986), avec Brandon Lee et S.O.S. maison hantée (Meng gui fo tiao qiang, 1988), un surprenant film d’horreur présenté au Festival du film fantastique de Paris, avant que The Bride with White Hair ne lui assure une réputation internationale. Vient ensuite Phantom Lover (Ye ban ge sheng, 1995), une variation sur le thème du Fantôme de l’opéra. Commence alors sa carrière américaine, marquée par La Fiancée de Chucky et un film tout à fait inclassable, Le 51ème Etat (The 51st State, 2001) et l’affrontement de deux tueurs psychopathes, Freddy contre Jason, en 2003. Il revient à Hong Kong pour Le Maître d’armes en 2006. Son abord du cinéma en autodidacte est, avec son inventivité, une des explications de l’originalité de sa filmographie.

Interview de Ronny Yu (23’, 4/3, Fenêtre sur Prod., repris de l’édition StudioCanal de 2005). Après avoir vu les deux adaptations précédentes du roman de Yusheng Liang, il a décidé d’en renouveler l’approche en mettant l’accent sur l’amour à la Roméo et Juliette des deux personnages, souvent cadrés en plans serrés, et en faisant appel à Emi Wada, la créatrice des costumes de films d’Akira Kurosawa. Il évoque les difficultés du tournage, dans un studio qu’il a fallu construire pour le film et les astuces qui ont permis de compenser les limitations du budget. S’étant assuré un contrôle total de la réalisation, il a tenu à souligner la force de la femme dans le couple, mise en évidence par la personnalité de Brigitte Lin, génératrice d’une ambiguïté dans la relation entre les sexes, également illustrée par la présence des jumeaux siamois.

The Bride With White Hair - Part 1 & 2

Le cinéma de fantaisie à Hong Kong, par Julien Sévéon (24’, Spectrum Films, 2020). Le producteur Shaw Brothers, avec The Weird Man (Shen tong shu yu xiao ba wang, Chang Cheh, 1983), opéra un renouvellement du genre, illustré par Buddha’s Palm (Ru lai shen zhang, Taylor Wong, 1982). Le relais sera pris par Tsui Hark, qui réalise en 1983 Zu - Les guerriers de la montagne magique (Shu Shan - Xin Shu shan jian ke), produit et coréalise Histoires de fantômes chinois (Sien nui yau wan, Ching Siu-Tung, 1987). Salué par le Grand prix à Fantasporto et le Prix spécial du jury à Avoriaz, il sera suivi de Histoires de fantômes chinois 2 et Histoires de fantômes chinois 3, réalisés par Ching Siu-Tung sur un scénario de Tui Hark et de Terracotta Warrior (Qin yong, Ching Siu-Tung, 1989), avec Zhang Yimou et Gong Li… Dans les années 2000, on note le retour de la mythologie, avec le retour du Roi-Singe, dans des films à gros budget avec une bonne maîtrise des effets spéciaux, pas tous distribués en Europe.

Du roman à l’écran, par Brigitte Duzan (16’, Spectrum Films, 2019). The Bride with White Hair est sorti au moment où Hong Kong enregistrait une nette baisse des entrées dans les salles de cinéma. Pour attirer le public, Ronny Yu a choisi de recruter deux grandes stars, Brigitte Lin et Leslie Cheung, et d’adapter le roman populaire de Liang Yusheng. Venu de Chine continentale à Hong Kong en 1945, il avait fait renaître dans les années 50, avec Jin Yong, le wuxiá, un genre né sous la dynastie Tang au VIIème siècle qui avait largement inspiré le cinéma chinois des années 20. The Bride with White Hair se situe à la fin de la dynastie Ming, marqué par la décadence de l’empire et la menace des invasions mandchoues. Assez fidèle au roman, Ronny Yu a ajouté le double personnage des siamois. En dépit de leur extraordinaire popularité en Asie, aucun des romans de Liang Yusheng n’a encore été traduit en français.

Interview de Lam Kee-to, coscénariste (47’, Spectrum Films, 2019). Interrogé par Arnaud Lanuque, il cite les effets spéciaux auxquels il a participé dans plusieurs films et les scénarios qu’il a écrits, notamment pour Tsui Hark qui poussait les scénaristes, regroupés dans un atelier, Idea Workshop, à trouver des idées nouvelles. Il a bénéficié d’une grande liberté pour l’écriture du scénario de The Bride with White Hair, Ronny Yu, élevé à l’étranger, ignorant tout du wuxiá. Il souhaitait seulement que le film puisse aussi toucher le public occidental en mettant l’accent sur l’histoire d’amour. Lam Kee-to affirme être le créateur des siamois, absents du roman et avoir trouvé en partie son inspiration dans le Roméo et Juliette de Shakespeare. Un complément utile mais qui aurait gagné à être élagué de quelques digressions.

Interview de Jackie Yeung (14’, Spectrum Films, 2019), coordinateur-assistant des cascades, lui aussi interrogé par Arnaud Lanuque. Après avoir appris les arts martiaux avec Philip Kwok, il a été recruté par Shaw Brothers. Ronny Yu a d’emblée indiqué qu’il voulait des idées nouvelles dans les combats qui ont mobilisé une trentaine de cascadeurs. Leslie Cheung et Brigitte Lin ont demandé à ne pas être doublés dans certaines scènes. Il évoque la menace des triades qui souhaitaient percevoir des « frais de protection ».

Bande-annonce de The Bride with White Hair 2.

The Bride With White Hair - Part 1 & 2

Image - 4,0 / 5

L’image de The Bride with White Hair (2.35:1, 1080p, AVC) a été parfaitement nettoyée par une restauration 4K qui a su préserver la texture argentique. Un peu douce, elle propose différentes ambiances, plus chaudes, avec une dominante orangée dans les intérieurs, plus froides dans les extérieurs, avec des contrastes occasionnellement estompés.

Celle de The Bride with White Hair 2 (1.78:1, 1080p, AVC), correctement restaurée, elle aussi, est plus fermement contrastée.

Celle de The White Haired Witch of Lunar Kingdom (2.35:1, 1080p, AVC), à la résolution plus pointue, propose des couleurs agréablement saturées, avec une reprise des ambiances jaunes et bleues du premier film.

Son - 4,0 / 5

Le son original Dolby Surround de The Bride with White Hair, remixé au format DTS-HD Master Audio 5.1, crée une réelle sensation d’immersion dans l’action, tout en restituant clairement les dialogues dans un bon équilibre avec un accompagnement musical pas très inspiré, aux sonorités occidentales, occasionnellement affecté par de désagréables saturations dans les passages forte. Ce constat vaut pour l’acceptable doublage en français en stéréo, nettement moins immersif.

Le son DTS-HD MA 5.1 de The Bride with White Hair 2, lui aussi remixé au format DTS-HD Master Audio 5.1, est assez comparable à celui du film précédent, avec une répartition cohérente du signal sur les cinq canaux. On relève également quelques saturations dans l’accompagnement musical. Le film n’a pas été distribué dans nos salles : pas de doublage en français.

Le son de The White Haired Witch of Lunar Kingdom est au format DTS-HD MA 2.0 stéréo. Une bonne dynamique et une efficace séparation des deux canaux font néanmoins regretter l’encodage multicanal 5.1 de l’édition américaine, sortie en 2015.

Crédits images : © Spectrum Films

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
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Philippe Gautreau
Le 29 juillet 2020
The Bride with White Hair, cocktail de romance, de fantastique et d’action, œuvre emblématique de la renaissance du wuxiá sur les écrans, ouvrit les portes de Hollywood à Ronny Yu. Épuisé depuis une quinzaine d’années, grâce à Spectrum Films, spécialiste du cinéma asiatique, le film nous revient, pour la première fois en haute définition, accompagné de ses deux suites et complété par un passionnant commentaire du réalisateur et par trois heures de bonus, exclusifs pour la plupart. Une édition de référence !

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