The Good Place - L'intégrale de la série - Saisons 1 à 4 (Saisons 3 & 4 inédites) (2016) : le test complet du Blu-ray

The Good Place

Réalisé par Drew Goddard
Avec Kristen Bell, Ted Danson et William Jackson Harper

Édité par Elephant Films

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Le 07/01/2021
Critique

Une série sur le bien et le mal, l’enfer et le paradis… loufoque en diable !

The Good Place - L'intégrale de la série

Eleanor Shellstrop ouvre les yeux. Elle est assise sur un canapé. Sur le mur d’en face, en grandes lettes vertes : « Welcome! Everything is fine ». Une porte s’ouvre. Un homme, la soixantaine, l’invite à entrer dans son bureau et à s’asseoir. « - Où suis-je ? Qui êtes-vous ? Et que se passe-t-il ? - Eleanor Shellstrop, vous êtes morte. Votre vie sur Terre a pris fin. » L’homme, Michael, la rassure : « There is a good place and a bad place. You are in the good place ». Eleanor est soulagée, mais pas pour longtemps : elle se rend vite compte qu’on l’a prise pour une autre Eleanor mais elle choisit de cacher la vérité, sauf à « l’âme-soeur » qu’on lui a désignée, Chidi Anagonye, un Nigérien, professeur d’éthique et auteur d’un volumineux traité de 3 600 pages, désespérément resté à l’état de manuscrit…

The Good Place est une création de Michael Schur, issu d’une pépinière pour scénaristes, l’émission Saturday Night Live, à laquelle il contribua, au long de 130 épisodes, de 1997 à 2004. Il a aussi écrit le scénario de 10 épisodes de The Office, cocréé Parks and Recreation (2010-2017, 125 épisodes), une satire de l’administration des collectivités locales, et Brooklyn Nine-Nine, une comédie policière farfelue.

The Good Place, une des séries les plus loufoques jamais réalisées, pousse le spectateur à abandonner tous ses repères logiques. Elle brouille les lieux de l’action : impossible de savoir où l’on est : au paradis (the good place) ou en enfer (the bad place). Elle fait perdre la notion du temps : l’action se déroule sur une longue, mais incertaine, période, mesurée en Jeremy Bearimy, une unité de mesure précisément définie comme « un point isolé dans l’échelle du temps contenant les mardis, les mois de juillet et, occasionnellement, les moments où il ne se passe rien ».

The Good Place - L'intégrale de la série

Difficile aussi de se fier à l’apparence physique des personnages principaux : amenés à vivre plusieurs expériences nouvelles, après que leur mémoire ait été effacée, leur personnalité est mouvante. La morphologie d’autres protagonistes peut changer radicalement. Par exemple, la mort apparente des démons, à forme humaine, les transforme en un gel visqueux, le premier stade d’une régénération qui les fera passer par plusieurs états : larve, monstre limace, fillette agaçante, adolescent, boule géante de langues et… PDG de réseaux sociaux !

The Good Place ouvre les portes d’un univers gouverné par le non-sens, pouvant rappeler celui des Monty Python : un personnage se désaltère avec une coupe remplie de lettres de Scrabble, un autre s’habille en un éclair d’un smoking sorti d’une petite boîte de conserve, un démon qui déplaît au patron de la bad place est aussitôt emprisonné dans un cocon, la technologie de pointe cohabite avec les locomotives à vapeur et le télégraphe à bande perforée…

Quelques moments peuvent inciter à réfléchir sur l’éternel débat opposant déterminisme et libre-arbitre, sur la distinction du bien et du mal, sur la capacité des humains à devenir meilleurs. Une question métaphysique est également posée : la félicité éternelle, au bout de milliards de milliards de Jeremy Bearimies, ne finira-t-elle pas par devenir insupportable ? Des questions sérieuses, vite évacuées par un nouveau gag inattendu, voire par un pet glorieusement tonitruant !

The Good Place - L'intégrale de la série

The Good Place bénéficie d’une excellente distribution avec Kristen Bell (lancée en 2004 par le rôle-titre de la remarquable série créée par Rob Thomas, Veronica Mars, dont une inattendue saison 4 est sortie en juillet 2020). Présente dans tous les plans, elle communique avec naturel toutes les facettes de la personnalité d’Eleanor, son insolence incurable, son égoïsme opportuniste, mais aussi une faiblesse naissante qui semble la pousser à essayer de devenir plus altruiste.

Lui donne la réplique Ted Danson. Célèbre aux USA depuis sa figuration en tête d’affiche de la sitcom Cheers (1982-1993, 271 épisodes) et connu en France des sériphiles pour ses rôles dans Veronica Mars, Bored to Death et Fargo, il forme avec Kristen Bell un étonnant duo. Le manque de confiance en lui de Michael, malgré son statut et sa taille imposante (1,89 m), tranche avec l’assurance de la petite Eleanor, culottée en diable du haut de son mètre 55 ! Un contraste qui constitue l’un des ressorts comiques la série. On découvre, dans les seconds rôles, le talent de William Jackson Harper (Chidi), de D’Arcy Carden (Janet), de Manny Jacinto (Jason/Jianyu) et de Jameela Jamil (Tahani).

The Good Place fait de nombreux clins d’oeil aux séries télévisées. Timothy Olyphant, coiffé de son stetson, quitte Justified pour arbitrer un débat, une pétition circule pour la reprise d’Ally McBeal, et l’on trouve dans un bocal des guimauves « pour tout comprendre » dans Twin Peaks !

The Good Place, un conte moral sur la frontière incertaine entre le bien et le mal, pour sa fantaisie et son humour insolites, pour son scénario qui s’affranchit de toute contrainte, a brillamment réussi à tenir la distance au long de ses quatre saisons pour prendre une place unique dans le vaste univers des séries.

The Good Place - L'intégrale de la série

Généralités - 3,0 / 5

The Good Place (4 saisons, 50 épisodes d’une durée cumulée de 1 231 minutes pour la version courte et de 1 289 minutes pour la version longue) et ses suppléments (47 minutes) tiennent sur dix Blu-ray BD-50 logés dans quatre boîtiers glissés dans un étui épais de 62 mm.

Le menu fixe et musical propose la série au format audio DTS-HD Master Audio 5.1, dans sa version originale, en anglais, avec sous-titres optionnels, et, pour les saisons 1 et 2 seulement, dans un doublage en français.

Une édition DVD est sortie simultanément… sur huit disques, curieusement.

Bonus - 4,0 / 5

Avec la saison 1 :

Entretien avec Olivier Joyard (22’). Le journaliste (Les Inrockuptibles) résume la carrière de Michael Schur, signale qu’il a requis l’assistance de Damon Lindelof, cocréateur de Lost, pour donner à The Good Place son « ADN dramatique », retrace les grandes lignes des performances de Kristen Bell et Ted Danson qui forment un duo efficace et souligne l’originalité, risquée, de la fin de la première saison. The Good Place lui rappelle Community, une autre série dont les personnages « doivent apprendre à vivre ensemble » (seules les trois premières des six saisons de cette excellente série ont été éditées en France, mais une intégrale doublée en français est sortie en Belgique).

Avec la saison 2 :

Entretien avec Renan Cros (25’). Critique spécialiste des séries, il rapproche le fonctionnement de The Good Place de celui de la série Lost, où des personnages, prisonniers d’un lieu, essaient de savoir où ils sont, avec une narration qui remet en cause les certitudes acquises par le spectateur. En prenant l’ascendant sur ceux supposés les contrôler, d’objets du récit, ils en deviennent les auteurs. En égratignant la pop-culture, la série soulève une question de morale : les gens sont-ils bons par essence, ou parce qu’ils sont au bon endroit, ou en bonne compagnie ? Elle évoque des sujets sérieux, le libre-arbitre, l’influence du milieu social sur la moralité… mais toujours avec légèreté. Elle devient « un terrain de jeu (…) où tout peut arriver (…) un spectacle de magie dont on voit les tours ».

Deux intéressants compléments produits par Elephant Films, exclusifs à cette édition française, un plus sur l’édition américaine.

On trouve aussi les bandes-annonces d’autres séries récemment éditées par Elephant Films : Channel Zero, Killjoys, Happy!, Blood Drive, Midnight, Texas et Aftermath.

The Good Place - L'intégrale de la série

Image - 5,0 / 5

L’image (1.78:1, 1080p, AVC), lumineuse, agréablement contrastée, propose des couleurs joliment saturées et soigneusement étalonnées. Une image en tous points… paradisiaque !

Son - 4,0 / 5

Le son DTS-HD Master Audio 5.1 tient son rôle primordial, restituer avec une parfaite clarté l’avalanche des dialogues dans un bon équilibre avec un accompagnement musical discret et aéré. L’image sonore reste néanmoins concentrée sur le plan frontal, dans lequel tout se passe dans ce genre de série.

Ces observations valent pour le doublage en français des deux premières saisons qui, en dépit de son niveau très acceptable, ne rend pas tout le sel des dialogues.

Crédits images : © Fremulon, 3 Arts Entertainment, Universal Television

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

Moyenne

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Philippe Gautreau
Le 7 janvier 2021
The Good Place, une fable sur le thème du bien et du mal, s’est affranchie de toute règle logique, s’est débarrassée de tout souci de vraisemblance pour nous ouvrir les portes d’un univers gouverné par le non-sens, avec un humour pouvant rappeler celui des Monty Python.

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Multimédia
The Good Place - L'intégrale de la série - Saisons 1 à 4 (Saisons 3 & 4 inédites)
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