The Game

The Game (1997) : le test complet du Blu-ray

Édition Prestige Numérotée

Réalisé par David Fincher
Avec Michael Douglas, Sean Penn et Carroll Baker

Édité par L'Atelier d'Images

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Le 07/01/2021
Critique

S’il avait su les risques encourus, Nicholas Van Orton aurait certainement refusé son cadeau d’anniversaire et nous aurait privés d’un suspense haletant.

The Game

Nicholas Van Orton, un riche banquier d’affaire de San Francisco, s’apprête à fêter seul son quarante-huitième anniversaire. Son jeune frère Conrad, qu’il n’a pas vu depuis longtemps, lui offre une invitation à participer à un jeu organisé « sur mesure » par la société Consumer Recreational Services, qui le soumet à divers examens. Alors que Nicholas avait bien dit à son frère qu’il détestait les surprises, une suite d’imprévus l’exposent à de sérieux dangers. Le jeu semble avoir commencé… Mais, est-ce vraiment un jeu ? Si oui, comment l’arrêter ?

The Game, sorti en 1997, est le troisième long métrage de David Fincher. Il s’était fait la main avec des clips vidéo, avant d’entreprendre, en 1992, la réalisation d’Alien 3, le troisième volet de la franchise inaugurée en 1979 par Ridley Scott. Le film suivant, Seven, sorti en 1995, assura sa renommée planétaire.

The Game frappe par son scénario retors, manipulateur, coécrit par John Brancato et Michael Ferris qui seront, quelques années plus tard, coresponsables de celui de Catwoman (Pitof, 2004), salué par deux Razzie awards de la Pire réalisation et du Pire scénario. Si l’on tolère une certaine dose d’invraisemblances, le script de The Game tient assez bien la route, au moins jusqu’au double twist final, trop tiré par les cheveux.

The Game

The Game, parfois déprécié dans les comparaisons avec les autres réalisations de David Fincher, en particulier Fight Club (1999) et Gone Girl (2014), mérite d’être réévalué, surtout pour l’efficacité de sa mise en scène. Une fois l’intrigue bien en place, au bout d’une vingtaine de minutes, la tension ne se relâche pas d’une péripétie à l’autre du jeu de piste dans lequel s’est aventuré Nicholas Van Orton.

Michael Douglas est crédible dans l’interprétation du banquier misanthrope et blasé, à l’image du Gordon Gekko qu’il incarnait dix ans plus tôt dans Wall Street (Oliver Stone, 1987). Dans la solide distribution des rôles secondaires, on remarque Sean Penn et, surtout, Deborah Kara Unger qui sortait du tournage de Crash (David Cronenberg, 1996).

The Game vaut aussi, dans le cadre pittoresque de San Francisco, pour la photo de Harris Savides, savamment éclairée dans les nombreuses scènes de nuit, et pour l’accompagnement musical de Howard Shore qui ne recevra pas moins de trois Oscars pour la partition originale de la trilogie Le Seigneur des Anneaux.

The Game, après une exemplaire restauration de l’image et du son opérée à partir du négatif original en 2015 pour Criterion, nous revient accompagné d’intéressants suppléments dans une des plus belles éditions de l’année, une Édition Prestige numérotée, tirée à 1997 exemplaires (comme l’année de la sortie du film), disponible sur le website de L’Atelier d’Images.

The Game

Généralités - 5,0 / 5

The Game (84 minutes) et ses suppléments (68 minutes) tiennent sur un Blu-ray BD-50 logé, en compagnie d’un DVD-9 avec le film et ses propres suppléments (44 minutes, sans compter le commentaire audio), à l’intérieur d’un élégant digipack noir décoré avec la tête du clown, disposé dans un boîtier fait d’un épais cartonnage noir avec une reproduction de deux affiches sur un A3 recto-verso, une carte de remerciements pour avoir participé à l’anniversaire de Nicholas Van Orton, une clé avec le logo de CRS, un puzzle de l’affiche en 24 pièces et un livret à l’épaisse couverture noire.

Le livret de 56 pages, intitulé The Game, un monde de simulacres, écrit par David Mikanowski, journaliste sur le site Point Pop, s’ouvre sur la genèse du film, commencée en 1991 par l’écriture d’une première version du scénario, puis le choix de Michael Douglas, oscarisé dans un autre rôle d’homme d’affaires dans Wall Street en 1988. Les chapitres suivants évoquent le pitch, le tournage éprouvant à San Francisco, les choix scénaristiques, l’évolution du personnage principal face aux épreuves auxquelles il est confronté, ses difficultés à démêler le vrai du faux « dans un monde d’illusions ». Le livret se referme sur les 16 pages du dossier de presse.

Le menu animé et musical propose le film dans sa version originale, en anglais, avec sous-titres optionnels, et dans un doublage en français, les deux avec le choix entre les formats audio Auro 3D 7.1 et DTS-HD Master audio 5.1.

Sur le DVD, édité par Universal Pictures en 2006, le film, en anglais, avec sous-titres optionnels, ou doublé en français, au format Dolby Digital 5.1.

Est sortie simultanément une édition Blu-ray single.

The Game

Bonus - 5,0 / 5

Sur le Blu-ray :

The Game : l’art de la manipulation (30’, L’Atelier d’Images, 2020). Philippe Guedj, journaliste sur Point Pop, relève dans The Game une série de références à d’autres films. Un de ses atouts est de laisser le spectateur dans la même ignorance de la situation réelle que le héros. En dépit de la beauté de sa photo où le noir prédomine, The Game va cependant relativement décevoir le public après les attentes suscitées par Seven. Il reste pourtant, aujourd’hui un bel exemple de la manipulation au cinéma, avec une mise en scène efficace, « malgré sa fin peu crédible ».

Une semaine de fou (15’, 1997, en anglais, sous-titré). Le scénariste John Brancato a eu, dans un moment de déprime, l’idée du film avec un personnage rappelant le Scrooge de Charles Dickens dans A Christmas Carol. Le scénario, réécrit plusieurs fois depuis 1991, fut finalement accepté et retouché par David Fincher.

Les hommes sur l’échiquier (21’, 2020, Arrow Films) ou Les plaisirs cachés de The Game, est centré, avec des extraits de scènes, sur les personnages secondaires : Jim Feingold, le directeur de CRS (joué par James Rebhorn, disparu en 2014), Daniel Schorr, dans son vrai rôle de présentateur télé…

Bande-annonce.

Espace découverte, avec les bandes-annonces de L’Anglais (The Limey, Steven Soderbergh, 1999), dont la réédition en 4K UHD est annoncée pour le 21 janvier 2021, Le Mystère von Bülow (Reversal of Fortune, Barbet Schroeder, 1990) et La Nuit des juges (The Star Chamber, Peter Hyams, 1983).

The Game

Sur le DVD :

Commentaire audio du film par David Fincher (en anglais, avec sous-titres français ou anglais). Le réalisateur, accompagné de Michael Douglas, des scénaristes John Brancato, Michael Ferris, du chef-opérateur Harris Savides, du directeur artistique Jeffrey Beecroft et de Kevin Haug, superviseur des effets spéciaux. Bien organisé, chacun parlant à son tour, le commentaire est un utile complément. On aurait pourtant aimé qu’il accorde moins de place à une description de l’action et plus à l’écriture filmique, aux cadrages, mouvements de caméra, éclairages, montage, etc.

Dans les coulisses (29’, avec ou sans commentaires, sous-titrés en français ou en anglais) pour trois scènes : la poursuite par les chiens, l’appartement de Christine et la chute.

Scènes de tournage (9’, avec ou sans commentaires, sous-titrés en français ou en anglais). Cinq scènes : la chute filmée sur fond bleu, la mort du père dans le manoir, les bureaux de CRS, l’intérieur du manoir vandalisé, le cimetière mexicain.

Deux bandes-annonces (5’, avec ou sans commentaires, sous-titrés en français ou en anglais), l’une, faite d’extraits du film, l’autre, composée d’images de synthèse figurant une marionnette en bois.

Fin alternative (1’) : Nicholas van Orton sort dans la rue seul, sans y retrouver Christine.

Storyboard : 266 cadres dessinés et quelques photos.

Esquisses des décors : une quinzaine, par Jeffrey Beecroft et ses collaborateurs.

The Game

Image - 5,0 / 5

L’image (2.35:1, 1080p, AVC), après une restauration exemplaire qui a éliminé toute trace de vieillissement de la pellicule, ravivé les couleurs et contrôlé le grain en respectant la texture du 35 mm, offre des contrastes fermes, avec des noirs denses, garantissant une parfaite lisibilité des nombreuses scènes de nuit.

Son - 5,0 / 5

Le son Auro 3D 7.1, testé sous le format compatible DTS-HD Master Audio 7.1, très propre, avec une bande passante et un forte dynamique, restitue clairement les dialogues, délivre l’accompagnement musical avec finesse et, par une répartition équilibrée du signal sur les sept canaux, crée une convaincante sensation d’immersion dans l’action.

Le format alternatif DTS-HD Master Audio 5.1 est, lui aussi, très immersif.

Ces observations valent pour le doublage en français dans les deux mêmes formats qui tend, comme souvent, à placer les dialogues un peu trop en avant.

Crédits images : © Polygram, Propaganda Films, A&B Prod

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

Moyenne

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Philippe Gautreau
Le 7 janvier 2021
The Game, avec son scénario retors, manipulateur, ses rebondissements inattendus, nous revient après une exemplaire restauration de l’image et du son et accompagné d’intéressants suppléments, dans une des plus belles éditions de l’année 2020.
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ouioui
Le 29 mai 2018
Pas de commentaire.
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kedkille
Le 4 avril 2009
Dommage que le film ne cole pas parfaitement au livre, mais un adaptation plutot réussit. Un film ou le suspense y est présent du début à la fin. Quelques incohérence tout de même !!

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