The Boxer (1997) : le test complet du Blu-ray

Édition Collector Blu-ray + DVD

Réalisé par Jim Sheridan
Avec Daniel Day-Lewis, Emily Watson et Brian Cox

Édité par L'Atelier d'Images

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Le 17/11/2021
Critique

Une saisissante immersion à Belfast au moment où des attentats ruinent les discussions avancées visant à l’instauration d’un cessez-le-feu.

The Boxer

À Belfast, Danny Flynn avait l’étoffe d’un champion de boxe et rêvait d’un avenir heureux avec sa fiancée, Maggie. Entré dans les rangs de l’IRA, il est accusé d’un attentat qu’il n’a pas commis et condamné à quatorze ans de prison. Danny garde le silence et ne dénonce aucun de ses compagnons de lutte, mais il prend des distances avec eux comme avec son passé, et rend sa liberté à Maggie en acceptant qu’elle épouse son meilleur ami, lui aussi emprisonné. Aujourd’hui, Danny est libre. Dans son ancien quartier, à nouveau troublé par des attentats, le boxeur remonte la pente…

The Boxer est le quatrième film de Jim Sheridan, après My Left Foot, un biopic sorti en 1989 qui révéla le talent de Daniel Day-Lewis, The Field, jamais édité en France, sur l’acharnement à conserver sa terre d’un patriarche, incarné par Richard Harris dans une de ses meilleures performances, et Au nom du père (In the Name of the Father, 1993).

The Boxer s’appuie sur un scénario original coécrit, comme celui d’Au nom du père, par le réalisateur et Terry George, inspiré par Barry McGuigan, un boxer irlandais qui fut champion du monde poids plume, un catholique marié à une protestante, entraîneur de Daniel Day-Lewis et consultant du film.

The Boxer, tourné à Dublin comme Au nom du père, s’il donne une place à la boxe, avec trois combats bien mis en scène, ainsi qu’à la romance entre Danny et Maggie, intouchable puisque son mari est prisonnier pour terrorisme, fait du conflit déchirant l’Irlande du Nord le sujet principal du film.

The Boxer

L’Irlande avait accédé à son indépendance en 1922 après une farouche rébellion brillamment illustrée au cinéma par Huit heures de sursis (Odd Man Out, Carol Reed, 1947) et Le Vent se lève (The Wind That Shakes the Barley, Ken Loach, 2006). La discrimination dont a souffert la minorité catholique dans l’Ulster, la partie nord de Irlande restée rattachée au Royaume Uni, suscitera, à partir de la fin des années 60, un violent conflit ponctué d’attentats terroristes en Angleterre, pudiquement appelé « The Troubles ». Il fut évoqué par plusieurs films, dont Hidden Agenda (Ken Loach, 1990) The Crying Game (Neil Jordan, 1992, récemment ressorti par ESC Éditions), et Hunger, l’inoubliable et insoutenable premier long métrage de Steve McQueen, sorti en 2008.

Au nom du père avait été assez mal reçu par une partie de la critique et du public britanniques qui l’avait jugé, à tort, complaisant envers l’IRA. The Boxer, situé à l’époque de négociations avancées en faveur d’un cessez-le feu, condamne sans appel la violence et prône le dialogue.

The Boxer donne à Daniel Day-Lewis une nouvelle occasion de s’investir à corps perdu dans son rôle : il s’est préparé au film en s’entraînant quatre heures par jour à boxer et à sauter à la corde, et donne une réelle épaisseur à son personnage, malgré la rareté des dialogues : « On perd l’habitude de parler après 14 ans en prison. ». Il est entouré d’une belle galerie d’acteurs britanniques, avec, dans le rôle de Maggie, Emily Watson, révélée un an plus tôt par Breaking the Waves (Lars von Trier, 1996), Ken Stott, le Balin de la saga Le Hobbit, émouvant dans le rôle de Ike Weir, l’entraîneur de Danny, mais aussi Brian Cox, Gerard McSorley et Kenneth Cranham, auxquels s’ajoutent une bonne dizaine d’acteurs dans des rôles secondaires et une armée de figurants.

Autre qualité majeure du film, la pertinence et la beauté de la photographie de Chris Menges, chef-opérateur de Kes (Ken Loach, 1969) et de deux films de Roland Joffé, La Déchirure (The Killing Fields, 1984) et Mission (The Mission, 1986) qui lui valurent chacun un Oscar. Dans une palette froide dominée par le gris-bleu, révélateur des ciels irlandais souvent couverts, avec des contrejours savamment éclairés qui renforcent l’aspect sombre du récit.

The Boxer, pour la première fois proposé en haute définition, n’était plus disponible depuis l’épuisement de l’édition Lancaster de 2008.

The Boxer

Généralités - 4,5 / 5

The Boxer (113 minutes) et ses généreux suppléments (87 minutes, sans compter les deux commentaires audio du film) tiennent, pour cette édition combo, sur un Blu-ray BD-50 et un DVD-9 logés dans un boîtier, non fourni pour le test, effectué sur check disc du seul Blu-ray.

Le menu fixe et musical propose le film dans sa version originale, en anglais, avec sous-titres optionnels, et dans un doublage en français, les deux au format audio DTS-HD Master Audio 5.1.

L’Atelier d’Images a sorti simultanément avec The Boxer une édition Blu-ray + DVD de Au nom du père, le deuxième film que tourna Jim Sheridan avec Daniel Day-Lewis, et, en exclusivité FNAC, un coffret rassemblant les deux films : Deux films de Jim Sheridan : Au nom du père + The Boxer.

Bonus - 4,5 / 5

Commentaire audio du réalisateur (Dolby Digital 2.0, en anglais, sans sous-titres). Un commentaire passionnant, sur les options scénaristiques, les erreurs qu’il estime avoir commises, sur les « troubles » de l’Ulster, les souvenirs douloureux que lui rappelle le film… Dommage que ce bonus, le plus intéressant du lot, n’ait pas été sous-titré !

Commentaire audio du producteur Arthur Lappin (en anglais, sans sous-titres). Très informatif, il complète utilement le commentaire de Jim Sheridan, avec peu de redites.

Entretien exclusif avec Jim Sheridan (14’, L’Atelier d’Images, 2021). L’idée du film lui est venue de l’expérience vécue par Barry McGuigan. Consultant du film pour la boxe et entraîneur de Daniel Day-Lewis, il répondit à l’obsession de l’acteur de relever un nouveau défi : « être un boxeur ». Sa gestuelle convaincante dans les combats a été saisie par une caméra Arriflex 535, utilisée pour la première fois. Le réalisateur s’est refusé à corriger les petites imperfections du jeu : la caméra doit « capter l’invisible, l’émotion » que la recherche d’une perfection artistique pourrait compromettre. La photo créant « l’aura d’un film », il rend hommage à la contribution de Chris Menges, plus expert que lui.

Amour, boxe et politique (27’, L’Atelier d’Images, 2021). Philippe Guedj, journaliste à Le Point Pop, rappelle que Jim Sheridan avait décidé de réaliser The Boxer, en réadaptant le scénario plusieurs fois à l’actualité, pour marquer sa désapprobation de l’attentat de Canary Wharf en 1996 qui mit fin au cessez-le-feu signé par l’IRA en 1994. L’hélicoptère qui survole Belfast donne, sans discours, une saisissante idée de l’étendue du conflit. Après avoir mis en parallèle The Boxer avec d’autres films sur la boxe, notamment Raging Bull (Martin Scorsese, 1980), Philippe Guedj souligne l’apport de Chris Menges qui fait de ce film « le plus esthétisant de l’oeuvre de Sheridan ». Daniel Day-Lewis s’est investi pour devenir le personnage qu’il incarne, un des « héros accessibles contraints de lutter contre une adversité qu’ils n’ont pas provoquée » du cinéma de Sheridan.

Analyse d’une séquence (4’), celle du combat de boxe à Londres, par Philippe Guedj.

Combat pour la paix, documentaire (23’). Charles Kiselyak a réalisé en 1998 pour Universal cet excellent documentaire avec des extraits du film et des interviews du réalisateur, des acteurs et de Barry McGuigan sur le tournage, sur les personnages, sur la situation en Irlande du Nord pendant les « troubles ».

Scènes coupées (16’), en anglais, sous-titré.

Fin alternative (1’).

Bande-annonce (2’), recadrée à 1.33:1.

Espace découverte, avec les bandes-annonces de : Au nom du père (In the Name of the Father, Jim Sheridan, 1993), Les Evadés de Maze (Maze, Stephen Burke, 1977), L’Anglais (The Limey, Steven Soderbergh, 1999) et A la rencontre de Forrester (Finding Forrester, Gus Van Sant, 2007).

The Boxer

Image - 5,0 / 5

L’image (1.85:1, 1080p, AVC), finement résolue, lumineuse et agréablement contrastée, avec des noirs denses, déploie des couleurs soigneusement étalonnées, dans une palette froide, dominée par le gris-bleu, qui devient chaude dans certaines scènes, notamment celle du combat de boxe à Londres. Elle est d’une remarquable propreté, probablement après une restauration qui a respecté le grain du 35 mm.

Son - 4,5 / 5

Le son DTS-HD Master Audio 5.1, très propre lui aussi, assure une parfaite intelligibilité des dialogues, dans un bon équilibre avec l’accompagnement musical et l’ambiance, rendue avec réalisme par une forte dynamique et une généreuse ouverture du spectre sollicitant à bon escient le caisson de basses. La sensation d’immersion est cohérente, mais un peu trop discrète.

Ces remarques valent pour le doublage en français au même format avec, au détriment de l’ambiance, des dialogues au timbre étouffé placés un peu trop en avant. Il n’a pas été pris en compte pour l’attribution de la note.

Crédits images : © Universal Pictures, Hell’s Kitchen

Configuration de test
  • Vidéo projecteur SONY VPL-VW790ES
  • Sony UBP-X800M2
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • Diagonale image 275 cm
Note du disque
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Moyenne

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Philippe Gautreau
Le 18 novembre 2021
Après Au nom du père, récemment réédité, Jim Sheridan propose, avec The Boxer, un autre point de vue sur les "troubles" en Irlande du Nord... et une autre remarquable performance de Daniel Day-Lewis ! Indisponible depuis longtemps, ce film nous revient, après restauration, pour la première fois en haute définition, dans une édition définitive complétée par une utile suite de bonus, certains exclusifs.

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