Meurtres sous contrôle (1976) : le test complet du Blu-ray

God Told Me To

Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret

Réalisé par Larry Cohen
Avec Tony Lo Bianco, Deborah Raffin et Sandy Dennis

Édité par Rimini Editions

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Le 30/04/2021
Critique

Film noir policier que le scénario transforme, avec une rigueur insidieuse, en film fantastique.

Meurtres sous contrôle

New York, USA 1975. L’inspecteur de police Peter Nicholas, fervent catholique mais incapable de procréer et dont la vie privée est étrangement partagée entre deux femmes très différentes, enquête sur une vague de meurtres perpétrés par des hommes d’âge et de milieux sociaux variés, devenus en apparence subitement fous. Tous disent avoir agi sur ordre de Dieu. Peter ne va pas tarder à découvrir que tous ont aussi été, quelques temps avant leur passage à l’acte, en relation avec le mystérieux Bernard Philips, un homme au visage curieusement indescriptible par les témoins. À mesure que l’enquête de Peter le rapproche de Philips, sa propre personnalité se modifie : au péril de sa vie (on a déjà tenté de le tuer à deux reprises) et de sa raison, alors que la vague de meurtres ne cesse d’augmenter, il finira par découvrir la terrible vérité.

Meurtres sous contrôle (God Told Me To, USA 1975) écrit, réalisé et co-produit par Larry Cohen (1936-2019), avait obtenu le Prix spécial du jury au Festival du film fantastique d’Avoriaz en 1977, présidé cette année-là par Steven Spielberg. Il relève autant de l’histoire du cinéma que, par certains aspects de son scénario, de l’histoire des religions et de la philosophie. Je l’avais étudié sous ce second angle, lors de son édition française DVD, dans un article écrit durant l’hiver 2007, publié et archivé sur Stalker-Dissection du cadavre de la littérature. Je considère cet angle d’attaque, après révision du film, toujours aussi pertinent mais cette nouvelle édition collector française de 2021 me fournit l’occasion de l’envisager sous le premier aspect : l’article de 2007 et celui de 2021 forment dorénavant un diptyque dont chaque volet est naturellement complémentaire de l’autre.

Meurtres sous contrôle

Meurtres sous contrôle fut longtemps un titre mystérieux et presque mythique : on en sait aujourd’hui, grâce à l’histoire du cinéma et à la vidéo numérique qui la nourrit constamment, nettement plus sur sa genèse, son tournage et son exploitation qu’au moment de sa première exclusivité cinéma française. Exclusivité d’ailleurs assez tardive puisque Meurtres sous contrôle ne sortit sur les écrans parisiens qu’en juillet 1979, en plein été alors considéré comme une saison creuse sur le plan du box-office. Sa réputation sulfureuse et son prix remporté à Avoriaz avaient néanmoins attiré les spectateurs au Drugstore Publicis du rond-point du bas de l’Avenue des Champs-Elysées où je l’avais découvert : autant que je me souvienne, la salle était, en plein après-midi d’un jour de semaine, presque pleine et très attentive. Cohen lui-même affirme qu’au moment d’entreprendre l’écriture d’un scénario, il se laisse porter par la logique interne de l’histoire et ne sait pas comment elle se terminera : c’est possible mais il me paraît loisible de ne pas le croire sur parole, en l’espèce.

Certains éléments classiques d’histoire et de phénoménologie des religions sont, en effet, régulièrement convoqués par le script de Cohen, remarquablement écrit et méticuleusement agencé : sacrifices offerts à la divinité, stérilités mystérieuses et naissances maléfiques, quête des origines, jumeaux maléfiques et antagonistes, sanctuaire secret, terrifiante hiérophanie nocturne, formation d’une communauté secrète de disciples. Le scénario de Cohen les incorpore à un sujet de film noir policier qui débouche bientôt sur la science-fiction et le fantastique. Cette structure était déjà à l’oeuvre dans la célèbre série TV Les Envahisseurs (USA 1967) de Larry Cohen mais elle est ici nourrie de références historiques et phénoménologiques d’une ampleur supérieure. Cohen s’était d’autre part intéressé au livre suisse de Erik von Däniken, en partie adapté dans le film Présence des extra-terrestres (Erinnerungen an die Zukunft, RFA 1970) de Harald Reinl avec Däniken. Et les dialogues comportent une savoureuse référence à la célèbre émission de radio d’Orson Welles sur la pseudo-invasion des martiens. Concernant les références sur la violence et le sacré, Cohen les trouve dans l’Ancien testament (plaies d’Égypte, sacrifices humains offerts à Dieu) et le Nouveau testament (le nouveau Dieu est servi par un cercle d’hommes d’affaires élus, lointains cousins des apôtres du Christ dont on évoque non moins explicitement la crucifixion). Il leur adjoint un procédé souvent utilisé dans la littérature et le cinéma fantastique, à savoir celui d’une chute finale modifiant la perception du héros, au terme d’une révélation mettant en jeu son identité.

Meurtres sous contrôle

Cohen insiste sur l’aspect documentaire qu’il voulut donner à sa mise en scène (en dépit de certaines prouesses baroques faisant brusquement irruption et rompant évidemment ce réalisme : par exemple, la terrifiante tentative de meurtre dans un escalier filmé en grand angle démesuré, le rapt cosmique de la jeune vierge qui est filmé dans ce qu’on pourrait appeler un N&B coloré, la confrontation à l’hermaphrodite divin constamment baigné dans une lumière jaune). La scène du massacre qui ouvre le film en est un très bel exemple sur le plan technique : peut-être fut-elle inspirée (bien que Cohen ne le mentionne nulle part) par la fameuse séquence de la Tour Montparnasse dans Le Fantôme de la liberté (Fr.-Ital. 1974) de Luis Bunuel, exploité aux USA à partir d’octobre 1974 ? On répondra que Cohen n’avait pas besoin, concernant ce sujet, d’inspiration étrangère : les USA fournissait constamment la matière ! Qu’on se souvienne du La Cible (Targets, USA 1968) de Peter Bogdanovitch ! Autre exemple, encore plus ample et impressionnant, celui de la tuerie pendant le défilé policier de la saint Patrick à New York (filmé en temps réel puis reconstitué partiellement à Los Angeles pour y rajouter certains plans)  : elle fut imitée plusieurs fois par la suite dans l’histoire du cinéma américain. Autre curiosité structurelle : certaines séquences (notamment le meurtre d’un inspecteur de police tué par son indicateur proxénète et trafiquant de drogue, l’interrogatoire d’une prostituée noire en prison par Peter, le massacre dans la salle de billard) relèvent directement de la catégorie « blacksploitation » du film noir policier, catégorie alors popularisée par les films avec l’actrice Pam Grier. Cohen avait plusieurs fois servi la catégorie de ce genre comme réalisateur et il venait de signer Black Caesar - Le parrain de Harlem (Black Caesar, USA 1973) et Casse dans la ville (Hell Up in Harlem, USA 1973), tous les deux interprétés en vedette par Fred Williamson.

Le casting n’est pas moins original : Tony Lo Bianco était le premier choix de Cohen - à cause de sa géniale interprétation dans Les Tueurs de la lune de miel (USA 1970) de Leonard Kastle - pour le rôle principal, en dépit d’une certaine réticence initiale de l’acteur qui lui conseilla de tester d’autres acteurs y compris Robert Forster avec lequel Cohen ne s’entendit pas. Un rôle très important est dévolu à Sylvia Sidney, l’ancienne star des années 1930 et 1940. Ses scènes, déterminantes pour le restant de l’action, se déroulent dans la chambre d’une banale maison de retraite dans laquelle elle donne toute la mesure de son talent. Richard Lynch, dans le rôle de l’hermaphrodite divin, sera à partir des années 1980 une grande figure du cinéma de série B et du cinéma de la violence (films fantastiques, films noirs policiers, films d’aventures). Enfin, signalons l’intelligente opposition des personnages joués par les deux actrices Deborah Raffin (« guest star » ici au sommet de sa beauté) et Sandy Dennis.

Meurtres sous contrôle

Il faut savoir que le coproducteur Edgar Scherik demanda à Cohen de couper environ 5 minutes dans le métrage initial : Cohen les réintroduisit en 2017 dans une nouvelle copie où manqueraient en revanche certains passages de la copie originale de 1976. On peut donc s’en passer sans grand regret.

La publicité de New World Pictures (la société de production et de distribution fondée en 1971 par le cinéaste Roger Corman) fit croire aux spectateurs américains qu’il s’agissait d’une provocation religieuse au lieu de le présenter comme ce qu’il était réellement : un film noir policier violent virant progressivement au fantastique et à la science-fiction. C’est à la suite des médiocres recettes engrangées que Corman demanda à Cohen de modifier le titre, passant de God Told Me To (traduisible par « Dieu me l’a ordonné » ou bien par « Dieu m’a dit de le faire ») à Demon ! (sans le The dont on le fait parfois précéder dans certains livres et articles français d’histoire du cinéma mais avec un point d’exclamation souvent oublié). Cela ne modifia évidemment pas la donne et on peut dire que c’est en France que Meurtres sous contrôle fut d’abord admiré et primé. Par la suite, cette admiration retraversa l’Atlantique  : c’est peut-être bien, aujourd’hui, le titre le plus populaire et célèbre à la fois de la filmographie de Cohen, avec Le Monstre est vivant (It’s Alive, USA 1974). Un curieux lien historique rattache en outre ces deux titres dans l’histoire du cinéma fantastique : la musique de celui de 1974 avait été composée par Bernard Herrmann qui avait visionné Meurtres sous contrôle la veille de sa mort, alors qu’il venait d’accepter formellement d’en composer aussi la partition : raison pour laquelle le titre lui est dédié par Cohen au générique de fin.

Meurtres sous contrôle

Généralités - 5,0 / 5

1 édition collector Rimini, édité le 18 mars 2021, contenant 1 DVD-9 PAL zone 2 + 1 Blu-ray 50 1080p + 1 livret illustré de 24 pages. Durée du film : 89 min. 35 sec. environ (sur Blu-ray), 86 min. (sur DVD) : attention, les durées indiquées au verso de l’étui sont erronées : elles amputent de 10 minutes la durée réelle, tant sur Blu-ray que sur DVD. Format 1.85 original respecté, couleurs, compatible 16/9. Son DTS-HD Master Audio VOSTF 2.0 stéréo + VF d’époque stéréo sur Blu-ray, Dolby Digital stéréo sur DVD. Suppléments communs au DVD et au Blu-ray : présentation par Alexandre Jousse + entretien 2015 avec le cinéaste Larry Cohen + bande-annonce originale 1975. Suppléments exclusifs au Blu-ray : entretien 2002 avec le cinéaste Larry Cohen + entretien 2015 avec l’acteur Tony Lo Bianco + entretien 2015 avec Steve Neil, responsable des effets spéciaux + 5 spots TV.

Le slogan du verso de l’étui (« Épouvante sur New York ! ») est le titre français d’exploitation (mis à part son point final d’exclamation) d’un autre film fantastique de Larry Cohen, Épouvante sur New YorkQ, USA 1982). A noter aussi que, toujours au verso de l’étui, la petite photo située la plus à droite (on peut également l’observer en bas de la page 18 du livret) est celle qui avait servi au pavé-presse français d’exploitation : elle était bien plus impressionnante que les médiocres affiches américaines de la New World Pictures de Roger Corman (l’une d’elles est reproduite sur le boîtier) qui avait distribué le film mais qui s’avéra, pour une fois, assez mal inspiré. Le copyright mentionné au générique d’ouverture est bien 1975 et non pas 1976 comme mentionné au verso du surétui. La tranche du boîtier reçu mentionne non pas la présence d’un DVD et d’un Blu-ray mais celle de deux DVD, ce qui est heureusement faux.

Livret Rencontre du quatrième type (24 pages illustrées couleurs + N&B) rédigé et supervisé par Marc Toullec.

Comme d’habitude nourri aux sources anglo-saxonnes bibliographiques les plus précises, on apprend beaucoup de choses et d’une manière plus précise que dans les suppléments vidéo, concernant un certain nombre d’entre elles. Genèse du film, casting (anecdote hallucinante sur le comédien Richard Lynch et la manière dont Cohen eut l’idée de filmer son torse nu, anecdote peu connue sur le différent financier entre Cohen et Lo Bianco), le tournage, la post-production (effets spéciaux et musique : Bernard Hermann meurt pratiquement le soir où il venait d’accepter de la composer et c’est Frank Cordell qui le remplacera), distribution, réception critique et financière. L’ensemble est bien illustré (belles photos de tournage sans oublier l’image reprise pour le pavé presse français dont je ne me lasse pas. Image visible au verso de l’étui et au bas de la page 18 de ce livret : j’aurais franchement préféré la voir reproduite pleine page à cause de sa grande beauté plastique. Je regrette cependant l’absence d’un jeu de photos françaises d’exploitation intégrales (non détourées) ou bien celle du jeu des 8 lobby cards US originales (non détourées).

Meurtres sous contrôle

Bonus - 4,0 / 5

Bonus communs au DVD et au Blu-ray  :

Présentation par Alexandre Jousse (2021, VF, durée 25 min. environ) : la première partie est consacrée à la biographie et à la filmographie de Larry Cohen, la seconde partie est consacrée au film de 1975. Ensemble vivant, sans temps mort mais dit sur un ton ironique parfois un peu trop prononcé, constamment illustré de photos et d’extraits de films. On a même droit à une reconstitution technique de la manière dont l’effet optique du rapt cosmique de la vierge fut réalisé dans les studios Pinewood… ou comment retirer tout mystère à l’un des plus beaux plans de l’histoire du cinéma fantastique ! Cette curiosité relative aux trucages, aux maquillages et aux effets spéciaux avait bâti le succès du magazine français Mad Movies dans les années 1980. Je ne suis pas certain qu’il faille dévoiler systématiquement de tels secrets techniques de fabrication bien que les lecteurs en soient devenus friands et bien que l’histoire du cinéma soit aussi composée de cette science relative à sa technique : la magie du cinéma y perd peut-être inévitablement ce que sa connaissance technique y gagne assurément. Sur le film de 1975, les informations délivrées sont en général redondantes avec celles lues dans le livret mais je crois cependant qu’Alexandre Jousse signale un point intéressant d’histoire du cinéma qui n’est pas dans le livret, à savoir le réemploi par Cohen d’un gros plan de l’oeil (filmé en équidensités) provenant du 2001 : l’odyssée de l’espace (USA 1968) de Stanley Kubrick.

Entretien avec le cinéaste Larry Cohen (2015, VOSTF, durée 21 min. environ) : anecdotes de tournage, parfois très savoureuses (comment on trouva au dernier moment un fusil à lunette; comment fut filmée la séquence du défilé de la saint Patrick; pourquoi Tony Lo Bianco filmé de dos est toujours une doublure, etc.) et quelques remarques plus profondes et plus intéressantes sur la manière dont Cohen écrivait ses scénarios sans oublier sa critique, assez amère mais justifiée, de la manière dont Roger Corman avait raté la distribution du film aux USA.

Bande-annonce originale (VO, durée 1 min. 02 sec.) : en état argentique assez bon, assez bien montée et rapportant divers plans impressionnants du film, sans toutefois trop dévoiler son intrigue.

Meurtres sous contrôle

Bonus exclusifs au Blu-ray

Entretien avec l’acteur Tony Lo Bianco (2015, VOSTF, durée 11 min. 30 sec. environ) : Lo Bianco évoque le rapport qui existait entre son casting et le rôle qu’il avait tenu pour Leonard Kastle en 1970. Souvenirs précis du tournage, par exemple concernant la séquence tournée à Little Italy. Tony Lo Bianco ne mentionne absolument pas le problème financier qui l’opposa à Cohen concernant sa part des bénéfices, mentionné en détails dans le livret.

Entretien avec le cinéaste Larry Cohen (19 octobre 2002, VOSTF, durée 8 min. environ) : image techniquement médiocre et durée plus brève que l’autre entretien mais presque plus intéressant que lui car Cohen y établit un lien, scénaristique et filmique, entre ses deux films fantastiques les plus célèbre : celui de 1974 et celui de 1975. Il y confirme en outre la grande influence de sa série TV de science-fiction Les Envahisseurs (USA 1967) sur l’histoire des séries TV ultérieures.

Entretien avec Steve Neil, responsable des effets spéciaux (2015, VOSTF, durée 9 min. environ) : il faut tout de suite préciser « effets spéciaux de maquillage » car Neil ne s’est pas occupé des effets spéciaux optiques du film. Cohen avait fait appel à lui pour la réalisation de quelques plans du torse de l’hermaphrodite divin, à l’époque où Neil débutait. Les effets spéciaux optiques furent, pour leur part, réalisés à Londres (voir pages 16 et 18 du livret) où Cohen acheta les droits de quelques images du vaisseau spatial de la série TV Cosmos 1999 (Space 1999, USA 1975) de Gerry Anderson : la célèbre photographie du pavé presse français de 1979 provient de cette séquence.

5 spots TV (VO, durée 2 min. 40 sec. environ) : en état argentique assez bien conservé et d’une durée progressivement réduite, ils sont montés d’une manière assez variée. Les plus brefs ne sont pas forcément les moins bons, du point de vue publicitaire. L’un d’eux a été monté par le cinéaste Joe Dante (qui travaillait pour la New World Pictures de Roger Corman à cette époque) : c’était le seul spot que Cohen trouvait bien conçu.

Mise à part la présentation française d’Alexandre Jousse, les bonus sont une sélection de ceux offerts sur l’édition américaine collector Blue Underground (la société d’édition cinéphile fondée par le grand cinéaste William Lustig) sortie aux USA en 2015. Il sont ici munis de STF. Il manque malheureusement le plat de résistance, à savoir le commentaire audio enregistré en 2003 par le cinéaste Larry Cohen pour l’édition DVD américaine Blue Underground : le cinéphile, si et seulement si il est anglophone, pourra l’écouter sur l’édition Blu-ray américaine Blue Underground de 2015. Aucune galerie affiches et photos (alors qu’il y en a une très complète sur le Blu-ray américain de 2015) mais le livret de Marc Toullec présente quelques documents intéressants qui compensent - relativement - cette lacune.

Meurtres sous contrôle

Image - 5,0 / 5

Format original 1.85 respecté en couleurs, compatible 16/9 (Full HD sur Blu-ray). Copie argentique en très bon état (sauf un plan fugitivement voilé ou mal encodé dans la séquence de la tentative de meurtre dans l’escalier) et transfert vidéo provenant d’une restauration 4K effectuée aux USA, privilégiant le lissage par rapport au grain mais cependant impeccable. Colorimétrie parfaitement respectée, vive et nuancée autant en intérieurs qu’en extérieurs. Le générique d’ouverture, un des plus beaux de l’histoire du cinéma fantastique (aux éléments empruntés à un plan de la série TV Cosmos 1999 mais remis en scène d’une manière originale) fut un peu imité par celui de L’Invasion des profanateurs (Invasion of the Body Snatchers, USA 1978) de Philip Kaufman, le remake du film (supérieur) de 1955 signé Don Siegel. La célèbre lumière jaune enveloppant l’hermaphrodite divin fut réalisée d’une manière artisanale mais efficace par le directeur photo Paul Glickman. Notez aussi, vers la fin du film, l’insertion d’un plan (l’oeil filmé en macro-cinéma et en équidensités) provenant de la dernière partie de 2001 : l’odyssée de l’espace (USA 1968) de Stanley Kubrick. Désormais assurément l’édition de référence en Full HD.

Meurtres sous contrôle

Son - 5,0 / 5

VOSTF en DTS-HD Master Audio 5.1. et 2.0 mono (sur le Blu-ray) et Dolby Digital mono (sur le DVD)+ VF d’époque en DTS-HD Master Audio 2.0 mono (sur le Blu-ray) et Dolby Digital mono (sur le DVD) : offre complète pour le cinéphile francophone. Concernant la VOSTF, qui propose deux pistes, c’est la version stéréo qui est la version originale et donc celle que le cinéphile doit privilégier en priorité s’il veut entendre ce que les spectateurs entendaient au cinéma, quitte à profiter de l’autre ensuite lors d’une révision ultérieure. Il existait sur le Blu-ray américain de 2015 une piste 7.1. qui n’est pas ici reprise. Musique symphonique ample, enregistrée par le London Philharmonic Orchestra, dont la partition signée Frank Cordell est influencée par le style du compositeur Bernard Herrmann, y compris au niveau technique de l’enregistrement dans un église afin d’augmenter le niveau acoustique par la réverbération sonore. L’agente de Herrmann avait (à la suite du décès de ce dernier la nuit suivant sa première journée de travail avec Cohen sur Meurtres sous contrôle qu’il venait de visionner en sa compagnie et dont il avait accepté de composer la musique) recommandé Cordell à Cohen. Le film est dédié à la mémoire de Herrmann qui avait également signé la partition du Le Monstre est vivant (It’s Alive, USA 1974) de Larry Cohen. Elle est dotée d’une dynamique bien reproduite. La VF d’époque est dramaturgiquement soignée, munie d’un rapport généralement correct entre musique/effets sonores/dialogues : un peu de souffle et certains chuintements subsistent inévitablement sur de rares plans, mais sans incidence gênante sur l’ensemble.

Crédits images : © Larco Productions

Configuration de test
  • Téléviseur 4K LG Oled C7T 65" Dolby Vision
  • Panasonic BD60
  • Ampli Sony
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francis moury
Le 2 mai 2021
Film noir policier — à la mise en scène d'une constante virtuosité plastique, émaillée de scènes-chocs inoubliables — que son scénario, d'une rigueur insidieuse et magistralement construit, métamorphose en film fantastique.

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