Billie Holiday, une affaire d'état (2021) : le test complet du Blu-ray

The United States vs. Billie Holiday

Réalisé par Lee Daniels
Avec Andra Day, Leslie Jordan et Lawrence Washington

Édité par Metropolitan Vidéo

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Le 17/11/2021
Critique

Une évocation du prix que dut payer Billie Holiday à vouloir profiter de sa renommée de chanteuse pour s’obstiner à dénoncer le racisme.

Billie Holiday, une affaire d'état

Billie Holiday, née en 1915, était, après une enfance malheureuse, devenue une chanteuse de blues reconnue. En 1939, elle décide d’ajouter à son répertoire la chanson Strange Fruit qui allait déclencher l’hostilité du gouvernement des USA.

Billie Holiday, une affaire d’état (The United States vs. Billie Holiday), sorti dans nos salles le 2 juin 2021, adapté de l’ouvrage Chasing the Scream: The First and Last Days of the War on Drugs, de Johann Hari (2015), est le cinquième long métrage du réalisateur Lee Daniels. Révélé, en 2009, par Precious, son second film (Oscar du meilleur scénario), il confirmera son talent en 2013 avec Le Majordome (The Butler).

Southern trees bear a strange fruit

La perspective d’une tournée dans le Sud incitera Billie Holiday à ajouter à son répertoire la chanson Strange Fruit, extraite d’un poème publié par Abel Meeropol en 1937 :
Southern trees bear a strange fruit,
Blood on the leaves and blood at the root,
Black bodies swingin’ in the southern breeze,
Strange fruit hangin’ from the poplar trees.

L’image effrayante de ces étranges fruits, les corps de Noirs que la brise du sud fait se balancer aux branches des peupliers, hérissa le poil des autorités tant il faisait prendre conscience de l’abomination du lynchage des Noirs dans le Sud des USA.

Billie Holiday, une affaire d'état

Cette chanson sera la marque de Billie Holiday mais lui vaudra aussi une surveillance constante par le Bureau des narcotiques, deux arrestations et un séjour de douze mois en prison pour usage de drogue. L’abus d’alcool, d’héroïne et de cocaïne l’a amenée à un hôpital de Manhattan où elle mourut, le 17 juillet 1959, à l’âge de 44 ans.

Ce n’est qu’en 2020 que le Congrès des USA a reconnu le lynchage comme une offense fédérale, alors qu’il était soumis jusque-là à la loi propre à chaque état.

Billie Holiday, une affaire d’état a des atouts, une réalisation soignée, la photographie d’Andrew Dunn (La Folie du Roi George / The Madness of King George, Nicholas Hytner, 1994), une reconstitution réussie des années 50 sous la supervision du directeur artistique Daniel T. Dorrance (Braveheart, Mel Gibson, 1995) et une généreuse distribution en tête de laquelle s’impose la chanteuse Andra Day, récompensée pour sa prestation par le Golden Globe de la meilleure actrice dans un film dramatique.

Billie Holiday, une affaire d’état, comme le suggère le choix de son titre, devait viser à mettre au premier plan l’engagement politique de la chanteuse, largement estompé par un récit accordant une place trop importante à des faits mineurs : à ses débats (et ébats) avec les hommes, à son addiction à l’alcool et aux stupéfiants et, surtout, à sa supposée romance avec Jimmy Fletcher, l’agent du Federal Bureau of Narcotics chargé d’infiltrer son entourage pour rassembler les preuves de son addiction aux stupéfiants.

Le documentaire Billie, réalisé par James Erskine en 2020, porte un regard nettement plus réaliste et plus complet sur la vie de la chanteuse et donne une plus juste mesure de son impact dans la lutte pour les droits civiques. Il a, en outre, quels que soient les talents de chanteuse Andra Day, un avantage indiscutable, celui de nous faire entendre les chansons interprétées par Billie Holiday elle-même.

Billie Holiday, une affaire d'état

Généralités - 3,5 / 5

Billie Holiday, une affaire d’état (130 minutes) et ses suppléments (20 minutes) tiennent sur un Blu-ray BD-50 logé dans un boîtier avec fourreau, non fourni pour le test, effectué sur check disc.

Le menu animé et musical propose le film dans sa version originale, en anglais, avec sous-titres optionnels, et dans un doublage en français, les deux au format audio DTS-HD Master Audio 5.1.

Piste d’audiodescription DTS 2.0.

Sous-titres pour malentendants.

Une édition DVD est sortie simultanément, avec le même contenu.

Bonus - 2,5 / 5

Interview d’Andra Day (10’, en anglais, sous-titré). Elle n’avait pas l’intention de devenir actrice quand on lui a proposé le rôle de Billie Holiday dont elle était une grande admiratrice. Elle avait peur de n’être pas capable d’incarner un personnage aussi complexe. Elle s’est longtemps préparée au rôle par des lectures, par le visionnage ou l’audition d’interviews de Billie Holiday. Assistée par deux coaches pour l’interprétation et les dialogues, elle a fait de son mieux pour ressembler à son modèle et faire ressortir toute la vérité sur son héroïsme dans la défense des droits civiques.

Interview de Lee Daniels (8’, en anglais, sous-titré). Le réalisateur dit que l’envie de faire le film lui vint de ce que l’histoire, non enseignée à l’école, était assez méconnue. La lecture du livre de Johann Hari l’a immédiatement décidé à réaliser le film montrant un moment de la vie de Billie Holiday, du jour où elle a commencé à chanter Strange Fruit, jusqu’à sa mort. Il s’est inspiré de l’autobiographie de Billie Holiday et de Lady Sings the Blues, l’adaptation cinématographique qu’en fit Sidney J. Furie en 1972. Après qu’on l’ait obligé à rencontrer Andra Day, il a été convaincu qu’elle communiquerait l’esprit de Billie après une préparation pendant la recherche du financement du film qui prit plus d’un an.

La marraine des droits civiques (2’, en anglais, sous-titré). Réalisateur et acteurs principaux rappellent la résistance de Bille Holiday au gouvernement des USA qui voulait lui interdire de chanter Strange Fruit.

Bandes-annonces de Falling (Viggo Mortensen, 2020), Collection Feel Good Movie : Green Book : Sur les routes du Sud + Le Majordome + The Upside (Green Book, Peter Farrelly, 2018) et de deux autres films de Lee Daniels, Le Majordome (The Butler, 2013) et Paperboy (The Paperboy, 2012).

Billie Holiday, une affaire d'état

Image - 4,5 / 5

L’image (2.39:1, 1080p, AVC), bien définie, lumineuse, agréablement contrastée, avec des noirs denses, assure une parfaite lisibilité de tous les plans, y compris dans les scènes de nuit, avec une gestion du grain qui préserve la texture du 35 mm (et du 16 mm pour certains plans au ratio 1.85:1).

Son - 4,0 / 5

Le DTS-HD Master Audio 5.1 de la version originale garantit la clarté des dialogues et délivre avec une bonne dynamique et la finesse requise les chansons interprétées par Andra Day et la partition originale de Kris Bowers, compositeur de l’accompagnement musical de Green Book. L’utilisation trop discrète des canaux latéraux limite la sensation d’immersion dans l’ambiance.

Le doublage en français, au même format audio, place trop en avant des dialogues au timbre trop mat et peu naturels.

Crédits images : © 2021 Hulu

Configuration de test
  • Vidéo projecteur SONY VPL-VW790ES
  • Sony UBP-X800M2
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

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Philippe Gautreau
Le 18 novembre 2021
Une émouvante reconstitution de la carrière et de la lutte pour les droits civiques de Billie Holiday, incarnée par la chanteuse Andra Day, nommée aux Oscars pour ce rôle. À voir en complément de Billie, le documentaire de James Erskine, récemment édité.

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Billie Holiday, une affaire d'état
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