Satoshi Kon, l'illusionniste (2021) : le test complet du Blu-ray

Édition Prestige limitée - Blu-ray + DVD + goodies

Réalisé par Pascal-Alex Vincent
Avec Darren Aronofsky, Marc Caro et Jérémy Clapin

Édité par Carlotta Films

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Critique

Un regard profond et passionnant sur la carrière trop brève du génial réalisateur de films d’animation, feu Satoshi Kon.

Satoshi Kon, l'illusionniste

Le mangaka et cinéaste Satoshi Kon, considéré comme le Stanley Kubrick de l’animation, est mort brutalement en 2010, à l’âge de 46 ans. Il laisse une oeuvre courte et inachevée, qui est pourtant parmi les plus diffusées et les plus influentes de l’histoire de la culture japonaise contemporaine. Dix ans après sa disparition, ses proches et ses collaborateurs s’expriment enfin sur son travail, tandis que ses héritiers, au Japon, en France et à Hollywood, reviennent sur son legs artistique. Réalisé par le spécialiste du cinéma nippon Pascal-Alex Vincent, Satoshi Kon, l’illusionniste est une plongée dans le milieu de l’animation des années 2000, mais aussi dans l’oeuvre d’un cinéaste au destin tragique, devenu réalisateur culte dans le monde entier.

Satoshi Kon, l'illusionniste

Il n’y a en réalité que peu de choses à ajouter à ce descriptif du documentaire de Pascal-Alex Vincent (Donne-moi la main, Miwa : A la recherche du lézard noir). Visiblement passionné par son sujet, le réalisateur part à la rencontre des plus proches collaborateurs et admirateurs de Satoshi Kon, récolte anecdotes et analyses pertinentes, et articule le tout autour des seules 5 oeuvres laissées par ce génie visionnaire : Perfect Blue (1997), Millennium Actress (2001), Tokyo Godfathers (2003) et Paprika (2006) pour les longs métrages et Paranoia Agent (2006, 13 épisodes) côté série. Traités dans l’ordre chronologique par Satoshi Kon, l’illusionniste, ces points d’orgues de l’animation japonaise et mondiale, prennent une nouvelle dimension aux travers des regards et témoignages.

Ce qui frappe le plus, c’est cette capacité qu’avait Satoshi Kon à se saisir du média de l’animation pour y déposer et y faire fleurir son imagination et sa vision, elles-mêmes déjà alimentées par le cinéma mondial et la littérature fantastique, pour proposer des oeuvres qui brouillent instantanément les sens et rend imperceptible la frontière entre rêve et réalité, entre animation et prise de vue réelle.

Satoshi Kon, l'illusionniste

Des superlatifs, Satoshi Kon, l’illusionniste n’en manque pas, mais certains participants font également état de leurs difficultés relationnelles importantes avec un personnage visiblement marqué lui-même par une double perception, entre douceur et respect d’un côté et exigence et dureté de l’autre.

Pascal-Alex Vincent a parcouru le monde pour récolter ses images et ces témoignages, de New York à Tokyo en passant par Paris, et habille cette enquête/hommage d’images d’ambiances urbaines pleines de sérénité, avant de terminer sur le projet inachevé de Satoshi Kon, Dreaming Machine, la machine qui rêve, que l’on pourrait espérer être repris par l’un des nombreux réalisateurs talentueux influencés par Kon.

L’oeuvre de Satoshi Kon, qui a définitivement sorti l’animation du giron enfantin, est aussi riche que courte, Pascal-Alex Vincent, lui rend hommage et justice de façon merveilleuse et permettra certainement à beaucoup de foncer (re)découvrir cette somme.

Satoshi Kon, l'illusionniste

Généralités - 5,0 / 5

Satoshi Kon, l’illusionniste est le 18ème film et le second documentaire (après De Palma) à intégrer la collection des Éditions Prestige Limitées signée Carlotta Films. Le principe n’a pas bougé depuis le premier numéro consacré à Cinq et la peau de Pierre Rissient : un coffret carton (20 x 14,5 x 3cm) accueille un Digipack exclusif contenant le Blu-ray et le DVD du film, une affiche du film et quelques goodies, ici 4 cartes/photos du film avec description de Pascal-Alex Vincent au dos et 5 reproductions recto/verso de eiga chirashi, sortes de programmes publicitaires des 5 oeuvres de Satoshi Kon. Le descriptif complet de l’édition est annoncé au dos du coffret sur un leaflet que l’on peut décoller et glisser dans le boîtier limité à 2000 exemplaires (non numéroté).

Satoshi Kon, l'illusionniste

Bonus - 4,0 / 5

Une section bonus assez complète avec en premier lieu, une interview inédite de Satoshi Kon filmé en juin 2008 à New York au cours de laquelle le réalisateur évoque sa carrière, ses méthodes et ses influences. Les réponses de Satoshi Kon y sont riches et seulement perturbées par une caméra qui a parfois la bougeotte.

Les 5 interviews qui suivent, bien que présentés comme des éléments distincts, sont manifestement des séquences non retenues dans le montage final du film. Quoiqu’il en soit, ce sont autant d’éléments supplémentaires pour mieux envisager la personnalité et la façon de travailler de Satoshi Kon, délivrés par le producteur Masao Maruyama (qui évoque l’ultime projet de Satoshi Kon après une introduction de Pascal-Alex Vincent), la doubleuse Megumi Hayashibara, les réalisateurs Masashi Ando et Jérémy Clapin, et enfin l’auteur de SF Yasutaka Tsutsui dont les romans ont inspiré Paprika de Satoshi Kon ou encore La Traversée du temps de Mamoru Hosoda, deux films produits en même temps au sein du même studio Mad House.

Cette section se termine sur la bande-annonce du film.

Satoshi Kon, l'illusionniste

Image - 4,5 / 5

Mis à part les extraits d’interviews de Satoshi Kon qui commencent forcément à dater, et certains extraits de films anciens, Satoshi Kon, l’illusionniste est composé d’interviews récentes aux images impeccables. Le tout est encodé en 1080i dont l’entrelacement se fait très discret et ne se manifeste vraiment qu’en présence de lignes très droites qui pourront vibrer un peu, notamment sur les planches de mangas parfois présentes à l’écran.

Satoshi Kon, l'illusionniste

Son - 4,5 / 5

Satoshi Kon, l’illusionniste profite d’une bande son très intimiste, rythmée par les différentes interventions en japonais, anglais (sous-titrées) et français toujours claires et nettes et par des ambiances urbaines et des extraits de films. Portée par un encodage DTS-HD Master Audio sans défaut, la piste 5.1 ne se réveille justement que lors des ambiances intercalées et de certains extraits des films de Satoshi Kon qui sont un immédiat rappel à l’attention portée par le réalisateur au design sonore de ses oeuvres. Pour les installations les plus simples, une version 2.0 est proposée, bien moins engageante évidemment.

Crédits images : © Allerton Films, Carlotta Films

Configuration de test
  • Vidéo projecteur Benq W2700
  • Panasonic DP-UB450
  • Ampli Onkyo TX-RZ730
  • Kit enceintes/caisson Morel Nova (configuration 7.1.2)
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Stéphane Leblanc
Le 18 janvier 2022
Un regard profond et passionnant sur la carrière trop brève du génial réalisateur de films d’animation, feu Satoshi Kon.

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Satoshi Kon, l'illusionniste
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